Trois hommes, deux chiens, et une langouste

L'ouvrage:
Mitch travaille dans l'unique centre commercial de la petite ville de Wallstone, au rayon des désodorisants. Il partage un appartement avec Doug.
Kevin vient de sortir de prison où il avait été enfermé pour culture de Marie Juana. Il est maintenant promeneur de chiens. Il vit avec sa femme, Linda, et leur fille. Il fréquente Doug et Mitch.

Les trois compères vont détourner une télé à l'usage du propriétaire de Doug et Mitch, qui leur a promis deux mois de loyer gratuits en échange. Voyant qu'ils y parviennent sans problèmes, ils décident de se lancer dans des coups bien plus juteux.

Critique:
Voilà un livre sympathique: déjanté, désespéré, avec un soupçon de tendresse.
L'intrigue recèle à la fois des surprises et des clichés. D'abord, on ne peut s'empêcher d'être surpris et de rire lorsqu'on lit les aventures de ces trois voyous à la manque. Ils élaborent des plans sophistiqués, et ne prévoient pas certains détails, ce qui fait qu'ils se plantent lamentablement.

Certaines situation sont amusantes, par exemple, ce que vit Mitch au centre commercial, les tourments de Doug après sa «trahison», Kevin s'énervant (parce qu'il se rend compte de l'absurdité de la situation, et peut-être aussi, de sa propre stupidité), lorsqu'il trouve le chien dans sa voiture.
La scène où Doug montre à quel point il est fou des comprimés est à la fois drôle, pathétique, et un peu effrayante.
Et que dire des scènes rocambolesques et hilarantes qui ont trait à la ferrari?

Mais il y a aussi des situations agaçantes parce que téléphonées, voire invraisemblables. Par exemple, la pseudo histoire d'amour. C'est l'aspect du roman qui m'a le moins plu. Elle n'est pas crédible, et on la prévoit très vite, ce qui fait qu'on s'ennuie un peu à lire son développement.

Les personnages sont à la fois attachants et exaspérants.
On plaint Linda dont le mariage bat de l'aile, et on la blâme de s'en consoler ainsi. Elle n'a qu'à quitter Kevin.
On plaint Mitch qui végète dans son centre commercial, mais on le blâme de s'en consoler en faisant ce qu'il fait. Il semble qu'un personnage de ce genre ne peut que mal tourner... c'est un peu dommage.
On plaint Kevin qui cherche sa place, mais on le blâme de la façon dont il la cherche. Et puis, parfois, on se dit qu'il n'a pas inventé la poudre.
Quant à Doug, il fait rire, fait pitié, agace un peu...
Ces personnages marginaux et loufoques sont à la fois complexes et simplistes.

La fin va bien avec le reste du roman. Elle ne m'a pas déplu, même si j'aurais préféré que certaines choses se passent autrement. Seulement, si elles s'étaient passées autrement, la fin ne serait pas autant en accord avec le reste du livre. La toute fin rachète les choses qui ne m'ont pas plu.
Bref, je conseille ce livre.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Lionel Épaillard pour les éditions de la Croix des Landes.
J'aime beaucoup Lionel Épaillard. Je trouve qu'il interprète de manière juste, sans trop en faire, et en mettant le ton approprié. Son interprétation de ce livre n'échappe pas à la règle.

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