Les grand-mères

L'ouvrage:
Lil et Rose se connaissent depuis leur tendre enfance. Elles sont inséparables. Elles ont élevé leurs enfants (Tom est celui de Rose, Yann est celui de Lil) ensemble.
Tom et Yann se sont mariés, ont eu des enfants... Les familles sont soudées, du moins, semble-t-il.

Critique:
Décidément, je n'accroche pas aux livres de Doris Lessing. Je n'ai pas pu finir «L'amour encore» parce que je m'ennuyais. Quant à «Les grand-mères», je l'ai fini parce qu'il est court.

Habituellement, je suis friande d'analyses bien menées, de nuances, de descriptions détaillées de la psychologie des personnages, surtout si tout cela finit par me faire accepter des choses qui ne se font pas. Lorsqu'un auteur arrive à cela, je le trouve très fort. Ici, ce n'est pas forcément les relations semi-incestueuses que je désapprouve, mais surtout le fait que Doris Lessing n'a pas créé de personnages assez creusés, ayant des motivations et des circonstances assez atténuantes pour que je finisse par trouver ça presque normal.
Bien sûr, Tom et Yann ont été élevés par les deux femmes, elles étaient très complices, et cela a rejailli sur les garçons. Bien sûr, la première relation a débuté parce que l'un des protagonistes était désespéré... Mais être désespéré ne veut pas forcément dire se soigner en faisant ce genre de choses. Et puis l'autre relation a commencé parce que Tom était jaloux! Ce sont des motifs bien minces.
Ensuite, il est un peu gros que de ces relations débutées un peu par hasard, soit né un amour si total. Dans ce cas, il fallait aller jusqu'au bout, et vivre cet amour jusqu'à la fin. C'est d'ailleurs ce qu'aurait voulu l'un des personnages. Ça aurait été plus sain et constructif que de passer son temps à pleurer sur son sort. Et au moins, personne n'aurait souffert. Je ne vois pas trop pourquoi cet amour semblait si honteux et si mal venu à certains protagonistes. Du moment qu'on ne nuit à personne, on peut faire ce qu'on veut, même si ça paraît anormal. Voilà un bel exemple de gens qui créent de leurs mains le piège qui les engloutira.

L'ambiance est oppressante, justement à cause de ces honteux secrets. Là encore, je n'ai pas été ennuyée par cette ambiance, mais par le fait qu'à mes yeux, elle n'était pas justifiée. Les personnages passent leur temps à se lamenter, on dirait presque qu'ils ne savent faire que ça. On me rétorquera que le livre est court. Bien sûr, mais certains auteurs savent brosser des portraits fouillés en peu de pages. Ce n'est pas vraiment le cas ici.

La fin est sans surprises. Il ne pouvait pas vraiment y avoir d'autre fin... ou alors, Mary n'aurait jamais su, et il aurait fallu que l'auteur trouvât une autre fin.
En outre, on connaît la fin dès le début. L'auteur commence par la fin, puis il y a un retour en arrière. Certains auteurs font cela, et même si je n'aime pas trop cette façon de faire, cela peut être intéressant, car en général, il n'y a qu'une partie de la fin, puis un retour en arrière, puis enfin, la suite de la fin (si je puis m'exprimer ainsi). Ici, il y a bien la suite de la fin, mais on n'apprend pas grand-chose de plus. On apprend le contenu exact de ce qu'a trouvé Mary... D'ailleurs, comment se fait-il qu'elle l'ait trouvé? Si c'était si horrible, s'il fallait taire cela à jamais, les lettres auraient été jetées. Tom voulait donc qu'elle les trouve.

Je ne sais pas si je relirai du Doris lessing. Je sais qu'elle a eu un prix, mais les prix ne m'impressionnent guère, car je sais qu'ils ne sont que des prétextes aux éditeurs pour se renvoyer la balle. Les prix ont même tendance à me faire reculer, car j'ai trouvé certains livres primés ineptes.

Éditeur: Flammarion.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie Lourizi pour la Bibliothèque Sonore Romande.
Il est dommage que la lectrice ait prononcé certains prénoms en tentant de faire un accent anglophone.

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