Plus mort que vif

L'ouvrage:
Vincent Montescour, la quarantaine, possède plusieurs hôtels. Il a une femme qui l'adore, et deux enfants. Il a la belle vie.

Un soir, en rentrant chez lui, il se fait tirer dessus dans son garage. Il est rapidement transporté à l'hôpital, car sa femme, Christine, a eu la présence d'esprit d'appeler les secours.
La police enquête sur le passé de Vincent afin de découvrir qui lui en voulait au point de le tuer. Cette enquête aboutit à un résultat étrange: tous ceux qui côtoyèrent Vincent, dans le passé, n'ont rien à lui reprocher, à l'instar de son beau-père. Les policiers n'y croient pas.

Critique:
Au premier abord, c'est un polar comme je ne les aime pas. C'est-à-dire que l'histoire révèle plusieurs suspects possibles, et que bien sûr, on ne connaît le nom du coupable qu'à la fin.
Mais l'auteur agit comme Frances Fyfield dans «Les profondeurs du mal»: il prend une ficelle plus qu'éculée, et l'enrichit.

Le livre est divisé en chapitres. Les chapitres impairs nous montrent le présent, l'enquête des policiers, et les chapitres pairs dévoilent au lecteur le passé de Vincent. Les chapitres évoquant ledit passé commencent par les circonstances de son mariage, puis reviennent en arrière, puis encore, jusqu'aux dix-huit ans du jeune homme. Cette construction est habile, car le lecteur découvre d'abord le caractère de Vincent, puis, finalement, il comprend la cause de sa façon d'être. Il finit par le plaindre tout en ne pouvant s'empêcher de le mépriser pour certains de ses actes. Soit, il a agi après avoir été blessé, après avoir perdu son innocence trop tôt, mais les gens qu'il piétina ne méritaient pas un tel traitement de sa part, même si certains étaient des crapules.
D'autre part, cette construction permet au lecteur de découvrir le passé de la victime d'une manière plus originale que de multiples interrogatoires poussifs.
Je ne m'attarderai pas sur la psychologie des personnages, comme je le fais souvent, car elle est assez simple. Simple ne veut pas dire simpliste. On comprend leurs motivations, mais il n'y a pas grand-chose à dire.

Outre cela, les chapitres relatant l'enquête sont agrémentés de touches d'humour: le régime du commissaire, l'attente fébrile de l'inspecteur dont la femme est sur le point d'accoucher...
La fin a réussi à me surprendre. J'aurais peut-être pu deviner l'identité du coupable, mais l'auteur ne nous laisse pas le temps de chercher: il enchaîne les faits sans traîner, et on préfère continuer de lire plutôt que de se demander qui pourrait être le coupable.
Vous l'aurez compris, je recommande ce livre trop court pour traîner, et dont l'auteur, (malgré le fait que le roman ne soit plus de la première jeunesse) sait renouveler les ficelles du genre.

Éditeur: Librairie des Champs-Élysées.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Arlette Bratschi pour la Bibliothèque Braille Romande.

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