Le fugitif de la Havane

L'ouvrage:
Elliott Steil (de père américain et de mère cubaine), est professeur d'anglais à Cuba. Un soir, un inconnu se présente à lui, lui apprend qu'il était ami avec son père, Bob, que celui-ci est mort, et qu'il l'a chargé d'aider Elliott à quitter Cuba pour les États-Unis. Bob ayant abandonné Elliott et sa mère à Cuba, plus de trente ans plus tôt, le professeur comprend qu'il veut se racheter. Après quelques hésitations, il accepte de tenter de fuir le pays.

Critique:
Voilà un livre sympathique, qui fait passer un bon moment. On assiste d'abord à l'évolution d'un personnage. Il sera facile de s'identifier à Elliott qui est un peu monsieur tout le monde. On comprend que ce qu'il vit et ses sentiments le guident. C'est un personnage à l'allure assez neutre, plutôt gentil. Les circonstances le pousseront à faire certains choix qu'il assumera totalement.
Seuls deux personnages ne sont pas intéressants. Ils n'ont pas gâché ma lecture, car malgré (ou peut-être à cause de) leur extrême simplicité, ils sont réalistes.

Je n'ai pas trouvé de lenteurs. Au début, j'étais tellement prise par l'histoire, que je n'ai pas deviné quelque chose qui était à prévoir. Ensuite, Elliott a un certain but. J'ai eu peur qu'il ne l'atteigne qu'à la fin, et que l'auteur fasse du remplissage jusqu'à ce moment. Or, ce n'est pas le cas. De ce fait, après un certain événement, je me suis demandé comment l'auteur pourrait faire une suite intéressante. J'ai aimé ne pas trop savoir où j'allais à ce moment. Par la suite, à cause de la chose que je n'avais pas devinée, j'ai imaginé tout un scénario... et je me suis trompée. Tout cela m'a plu. Enfin, certaines choses peuvent paraître terriblement banales, mais tout est vraisemblable.
L'histoire d'amour est peut-être un peu incongrue, mais cela ne m'a pas tellement gênée.

À travers un mélange d'énigme et d'aventures, José Latour évoque une période de l'histoire de Cuba. C'est Fidelia et Elliott qui font le lien, qui comparent. J'ai apprécié cette façon pertinente de faire.

La structure du roman m'a semblé un peu désordonnée, au début. On dirait que les premiers chapitres sont découpés de manière aléatoire. Il y a une bonne trouvaille: le premier extrait du journal de Fidelia arrive à un moment où on ne sait pas trop ce qui va se passer, et commence par épaissir le mystère, mais l'éclaircit rapidement. Cependant, il est un peu étrange que ce qui est écrit avant, dans le journal, ne soit pas chronologique.

Éditeur: Plon.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Aline Dreze pour la Ligue Braille.
La lectrice a une voix très douce et agréable. La plupart du temps, son intonation est appropriée. Cependant, parfois, il semble qu'elle ne parvienne pas à lire assez vite, ce qui donne un rythme saccadé et un ton plus mécanique. De plus, il est regrettable qu'elle ait laissé ses erreurs de lecture.

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