Le piano absolu: l'éducation d'un prodige

L'ouvrage:
Le pianiste chinois Lang Lang raconte ici son enfance et comment il devint ce qu'il est aujourd'hui.

Critique:
J'avoue que j'ai entamé ce livre avec un a priori négatif. J'étais sûre que j'allais m'ennuyer. Je ne l'aurais même pas tenté s'il n'avait pas été lu par une lectrice que j'apprécie beaucoup.
Je suis très vite entrée dans ce récit bouleversant, mais jamais larmoyant. J'ai très vite respiré au rythme de la vie de Lang Lang qui commença à travailler le piano dès sa petite enfance. Je n'ai pas échappé aux sentiments qu'à mon avis, n'importe quel lecteur a ressenti. Il y a d'abord une grande admiration pour les facultés et la capacité d'adaptation du pianiste et de ses parents. S'il accède à son rêve, c'est au prix de nombreux sacrifices, l'un des plus douloureux étant l'absence prolongée de sa mère.

Lorsqu'on lit la façon dont son père le poussait à aller plus loin, on est partagé entre diverses émotions. C'est un père autoritaire, voire tyrannique, mais également plein d'abnégation, de courage, et de force tranquille que nous décrit Lang lang. Il est évident qu'il ne serait pas parvenu à accomplir ce qu'il a fait sans son père. Il est normal que leur relation engendre une grande tension très bien expliquée dans ces pages. Les duretés du père sont oubliées lorsque Lang Lang confie certaines choses: par exemple, son coeur d'enfant ne peut s'apaiser tout à fait, la veille d'un épisode stressant, que s'il passe la nuit dans les bras de son père.

J'ai aimé suivre l'évolution de l'enfant. Il passe par diverses étapes, toujours guidé par des professeurs dont plusieurs seront de bonnes étoiles. Il n'oublie pas d'évoquer les jaloux, ceux qui pensent tout acheter avec de l'argent, les professeurs fiers d'eux, sûrs de leur savoir.
Si Lang Lang est habité par un esprit de compétition inculqué par son père et son pays, il apprend à écouter les autres, à s'écouter, à ne pas seulement penser à la compétition. Il ne cache d'ailleurs pas à quel point il fut mauvais perdant à sa première défaite. Plus tard, il apprend aussi à concilier différentes approches du jeu: technique, émotion, façon d'appréhender certains morceaux, certains événements...

Le livre n'est pas pesant. Il évoque certains événements rudes, mais il n'est pas exempt de légèreté. J'aime beaucoup l'anecdote de «Tom et Jerry», par exemple. Il y a aussi de jolis passages, comme la rencontre providentielle de Lang Lang avec le marchand de fruits et légumes, celle avec le joueur japonais, ou même la communion finale entre le père et le fils. C'est loin d'être les seuls moments émouvants du livre.

Moi qui ne connaissais pas du tout Lang Lang (j'ai pu lire qu'il était très connu), après avoir lu son autobiographie, j'aimerais bien l'entendre jouer. J'ai passé un très bon moment à découvrir sa vie et son rêve.

Éditeur: Jean-Claude Lattès.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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