Auteur : Läckberg Camilla

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mercredi, 11 septembre 2013

Le gardien de phare, de Camilla Läckberg.

Le gardien de phare

Note: Ce livre fait partie d'une série. Voici l'ordre dans lequel il faut lire les tomes:
La princesse des glaces
Le prédicateur
Le tailleur de pierre
L'oiseau de mauvais augure
L'enfant allemand
La sirène
Le gardien de phare

Si vous n'avez pas lu «La sirène», ne lisez pas mon résumé.

L'ouvrage:
Erica et Patrik ont maintenant des jumeaux. Après trois mois d'arrêt maladie, Patrik va reprendre le travail. Il sait qu'il doit se ménager.
Un centre de thalassothérapie va ouvrir à Fjàllbacka. Viviane et son frère en font activement partie.
Annie arrive en catastrophe sur l'île de Grascar (non loin de Fjàllbacka) qui lui appartient. Elle y cherche la paix pour elle et Sam, son fils.

Critique:
J'ai été déçue par «La sirène», mais je voulais lire le tome 7 d'abord parce que le 6 laisse le lecteur sur sa faim, mais aussi parce que les personnages récurrents des romans de Camilla Läckberg sont très attachants. J'ai été ravie de les retrouver, de les voir vivre. À travers eux, la romancière exprime beaucoup de sentiments. Dans ce tome, il est particulièrement question (s'agissant de leur histoire personnelle), de leur manière de gérer une très grande douleur, douleur qui engendre des situations délicates.

Depuis deux tomes, je me plains que Camilla Läckberg s'essouffle. Ici, je pense qu'elle s'est renouvelée tout en gardant ce qui a fait son succès. Par exemple, elle fait s'entremêler personnages et intrigues. Elle fait également revenir un thème et l'exploite selon trois angles différents. Une partie du roman conte des événements passés. À ce sujet, la date étant lointaine (les événements du passé commencent en 1870), je me demandais comment raccrocher cela aux événements du présent. D'habitude, je trouve facilement, mais ici, non.
Nous retrouvons aussi le thème de l'enfance maltraitée exploitée, là aussi, sous différents angles.

Je n'ai pas non plus vraiment su comment rapprocher certaines intrigues ou bien trouver leur issue. Cela m'a fait plaisir, car j'ai souvent deviné les solutions chez Camilla Läckberg, d'autant que je repère sa façon de disperser des indices sans avoir l'air d'y toucher. Bien sûr, on devine certaines choses, mais pas tout. Du coup, même si elle utilise certaines grosses ficelles (notamment celle de faire mariner le lecteur), je lui en ai moins voulu que pour les deux précédents tomes. Il est quand même vrai que tout ce qu'on finit par découvrir a déjà été utilisé maintes fois et est donc facile à trouver.

J'ai été un peu agacée par l'espèce de mystère qui plane au-dessus de Johanna. Là, je trouve que l'auteur en a trop fait. Ce que Johanna ressent est tout à fait normal, mais n'aurait-il pas été plus simple d'en parler tout de suite? Ici, la romancière fait traîner les choses, et promène son lecteur pour rien.

D'autre part, il me semble qu'il y a davantage de personnages. De ce fait, on met un peu plus longtemps à avoir assez de pièces pour deviner certaines choses. C'est peut-être un peu déroutant, au début, mais c'est appréciable.

La plupart des personnages restent très bien analysés, très crédibles. En outre, il y a bien des «très méchants», mais il y a aussi certains personnages qu'on plaint et pour lesquels on éprouvera de la compassion.

Annie m'a beaucoup agacée. D'abord parce que je savais une partie de ce qu'il y avait à savoir la concernant, mais aussi parce que je trouvais qu'elle se lamentait beaucoup, et se cherchait beaucoup d'excuses pour avoir laissé les choses aller trop loin. Certains lui accorderont peut-être les circonstances atténuantes... pas moi.
À un moment, un personnage de Refuge explique que l'association est là pour aider, mais que parfois, eux-mêmes ne comprennent pas pourquoi une femme battue reste avec son mari. J'avoue ne pas vraiment comprendre non plus. La romancière illustre cela de plusieurs exemples, et il en est un que je comprends à peu près, mais je me dis que c'est dès le départ qu'il faut partir. Bien sûr, n'étant pas dans cette situation,il m'est facile de dire cela...

J'ai apprécié que l'auteur tente de donner davantage d'épaisseur à Melberg. Je ne sais pas trop quoi penser de lui. Le lecteur ne pourra s'empêcher de rire de lui, d'être exaspéré de sa fainéantise et de son assurance, mais aussi d'être attendri par l'amour inconditionnel qu'il voue à Léo et par la remise en question qu'il est bien obligé d'opérer à un moment...

J'ai aimé l'ambiance qui plane sur l'île de Grascar: les croyances attachée à l'endroit à cause de son histoire.

Remarques annexes:
Les personnages n'arrêtent pas de manger! Dans les autres tomes aussi, je pense, mais je l'ai vraiment remarqué dans celui-ci.
Camilla Läckberg aime bien les personnages loufoques qu'on voit peu. Ici, c'est l'homme aux chats qui a ce rôle. Il m'a bien fait rire.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jean-Christophe Lebert. Ce livre m'a été offert par les éditions Audiolib. Il sort en audio aujourd'hui, le 11 septembre.
Comme d'habitude, le comédien joue sans en faire trop. Il modifie parfois sa voix pour certains personnages. D'habitude, je n'aime pas ça, mais il le fait à bon escient. Il caractérise Melberg par une voix forte, assurée, fanfaronne, comme il l'a fait dans le tome 6. Je trouve qu'il a raison, car cela a renforcé l'impression que j'avais du personnage. J'ai également aimé la voix qu'il a choisi de donner à Conrad, voix qui, là encore, fait ressortir ce qui caractérise le personnage.

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mercredi, 12 septembre 2012

La sirène, de Camilla Läckberg.

La sirène

Note: Ce livre fait partie d'une série. Voici l'ordre dans lequel il faut lire les tomes:
La princesse des glaces
Le prédicateur
Le tailleur de pierre
L'oiseau de mauvais augure
L'enfant allemand
La sirène

L'ouvrage:
Christian Thydell a écrit «La sirène». Erica, qui accompagne la publication du roman, découvre bientôt qu'il reçoit des lettres de menace depuis qu'il a commencé à écrire. Elle décide de mener son enquête.

Patrik se débat avec un mystère insondable: Magnus, un habitant de Fjàllbacka, a disparu depuis plusieurs semaines. Il semble s'être volatilisé.

Critique:
Les amateurs de Camilla Läckberg seront ravis de ce tome 6: elle y glisse les ficelles qui lui sont chères. Pour ma part, je pense qu'elle commence à s'essouffler, car certaines de ses «astuces» sont vraiment trop utilisées. Par exemple, on retrouve, comme une fatalité, sa manière de retarder une révélation: un personnage a une idée, mais ne la fait pas partager au lecteur. Puis, il l'expose à un autre personnage, mais le lecteur n'est toujours pas mis dans la confidence... ainsi de suite. L'auteur s'étale sur l'extravagance de l'idée émise par le personnage, mais pourtant, il ne pourrait en être autrement, pense ledit protagoniste. Ensuite, il est expliqué que le personnage n'a pas toutes les pièces du puzzle, et que donc, c'est encore flou, etc.
Cette ficelle est exaspérante à la longue. Elle est là pour engendrer de la frustration, certes, mais le procédé est si abondamment utilisé, du moins par Camilla Läckberg, que j'ai plutôt ressenti de l'ennui.
D'autre part, vers la moitié, les choses s'enlisent un peu. La romancière crée des événements que je qualifierais de secondaires afin de donner un os à ronger au lecteur, mais pendant quelques temps, on piétine...

L'écrivain croise deux époques, comme à son habitude. Cette organisation de la trame n'est pas vraiment lassante, parce que l'histoire n'est jamais la même.

J'avais deviné beaucoup de choses avant qu'elles ne soient dévoilées. Je savais qui était le petit garçon «du passé», ce qui était arrivé à Alice. J'ai même su qui était coupable avant que l'auteur ne se décide à le dire. À ce propos, je trouve cette résolution très grosse. La romancière la prépare en faisant une très bonne étude de ses personnages, en les analysant de manière précise et convaincante. Cependant, je ne peux m'empêcher de penser qu'elle est tombée dans la facilité. Cette solution a déjà été imaginée dans plusieurs autres romans (que je ne citerai pas, car si vous les avez lus, vous saurez ce qui se passe dans «La sirène»), et outre son peu de crédibilité, elle fait partie de celles qu'il faut employer avec parcimonie. Je veux bien croire que ce genre de choses est possible, mais à ce point...
J'avais d'ailleurs envisagé une solution de rechange qui, avec quelques ajustements, aurait pu être recevable. Elle était un peu clichée, mais je l'aurais peut-être mieux acceptée.
En général, je résous les énigmes de Camilla Läckberg avant la fin des romans, et cela ne me gêne en rien, car je prends plaisir à la lire. Ici, j'en ai été quelque peu dérangée. Peut-être parce que la résolution ne m'a pas plu...

Même si Melberg s'est quelque peu humanisé, on retrouve sa bêtise, et sa prétention à être sur le devant de la scène, alors qu'il ne sait que brasser du vent. Je sais que tout cela existe, et que Melberg ne va pas changer en un claquement de doigts, mais la récurrence de la situation m'a agacée.
En revanche, l'auteur a insidieusement amorcé une espèce de rivalité entre deux personnages tout aussi appréciables. De plus, le petit ressentiment qu'éprouve l'un d'eux n'est pas directement causé par l'autre. J'ai trouvé cela habilement amené. Il faut voir comment les choses tourneront à ce sujet.

Comme à son habitude, Camilla Läckberg décrit à merveille personnages, situations, psychologie... Que le lecteur approuve ou non les protagonistes, il parviendra très bien à entrer dans leur tête grâce à l'analyse qu'en fait l'auteur. Je suis toujours très impressionnée de la justesse avec laquelle elle les crée. Un jour, j'ai lu une chronique disant que les personnages récurrents de cette romancière étaient superficiels, ne pensant qu'à la manière d'éviter de grossir tout en continuant de faire bonne chair. Il est vrai que ce type de «soucis» revient fréquemment, mais n'est-ce pas le cas chez beaucoup d'entre nous?
J'ai également aimé la description des relations de chacun avec son entourage, sa manière d'être dans la vie, etc.
Il y a même un personnage que j'ai apprécié, alors qu'on le voit très peu: Yannos Kovacs.

J'ai également retrouvé avec grand plaisir l'humour de Camilla Läckberg: de vraies moment de détente, du rire simple, des situations sympathiques.

Habituellement, l'auteur achève ses romans de manière à ce que le lecteur soit impatient de connaître la suite de ce qui arrivera à Patrik et Erica. Je conseille à ceux qui, d'habitude, sont très frustrés, d'attendre la sortie du tome 7, car la fin du tome 6 est encore plus frustrante que la fin des autres tomes. L'un des événements finaux est d'ailleurs préparé tout au long du roman par de multiples remarques. Je le voyais venir de très loin.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jean-Christophe Lebert. Ce livre m'a été offert par les éditions Audiolib. Il sort en audio aujourd'hui, le 12 septembre.

Je suis déçue qu'Éric Herson-Macarel n'ait pas enregistré ce tome. Cependant, Jean-Christophe Lebert a une voix et une lecture agréables. Il parvient à jouer sans surjouer. Par exemple, le ton feutré qu'il prend pour lire les souvenirs du petit garçon est adéquat, car il renforce l'ambiance dans laquelle l'auteur plonge son lecteur. On sent que le garçonnet doit rester sur ses gardes, et qu'il éprouve un profond mal-être.
Le lecteur adopte également un ton approprié lorsqu'il s'agit de Melberg: quand on brasse du vent, on le fait en s'étalant et en se montrant au maximum, d'où la voix forte, le ton du commandant sûr de lui.

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lundi, 6 juin 2011

L'enfant allemand, de Camilla Läckberg.

l'enfant allemand

Note: Ce livre fait partie d'une série. Voici l'ordre dans lequel il faut lire les tomes:
La princesse des glaces
Le prédicateur
Le tailleur de pierre
L'oiseau de mauvais augure
L'enfant allemand

L'ouvrage:
Septembre.
Patrik est en congé paternité pendant quatre mois. C'est lui qui s'occupera de Maya pendant qu'Erica travaillera à son nouveau livre. La jeune femme reste préoccupée par ce qu'elle a trouvé dans le coffre, au grenier, peu après son mariage.

C'est alors que deux adolescents (Mathias et Adam), se mettent en tête de cambrioler la maison des frères Frankel. L'un d'eux, Eric, possède toute une collection d'objets datant de la seconde guerre mondiale. Quant à l'autre, Axel, il n'est pas là. Les deux jeunes gens auront la très mauvaise surprise de trouver le cadavre d'Eric.

Critique:
Si ce cinquième tome reste intéressant, il me semble qu'il est temps pour l'auteur de se renouveler un peu. Si je ne lui en veux pas, lorsque je trouve les solutions de ses énigmes, ici, j'ai été un peu agacée. D'abord, j'ai très vite trouvé quel était le secret que cachait l'ancienne bande d'amis. Cela ne m'aurait pas gênée si certains ingrédients n'étaient pas trop récurrents, à mon goût. D'abord, on retrouve (comme dans «La princesse des glaces»), des personnes minées par quelque chose qui est arrivé dans leur adolescence. Ensuite, l'auteur emploie une ficelle dont elle s'est abondamment servie, et qui, à mon avis, n'est valable qu'une seule fois. Elle nous raconte que l'un des personnages a trouvé quelque chose, et ne dit pas ce que c'est. Puis, elle passe à quelqu'un d'autre, qui finit par découvrir quelque chose, et ne nous dit pas quoi, etc. Ensuite, certains racontent leurs découvertes à d'autres, et c'est encore le lecteur qui est floué, car il ne sait toujours rien... Si on peut excuser cette façon de retarder les choses une fois, elle agace et lasse très vite! En outre, c'est un procédé très simpliste.
Ajoutons à ça une autre ficelle très éculée: celle du faux coupable. L'auteur lance son lecteur sur une piste, et ce n'est pas là qu'il faut chercher. Elle le fait finement, et la personne n'est pas toute blanche, mais c'est quand même exaspérant.

Camilla Läckberg sait raconter les histoires. Dans ce volume, elle m'a semblé bien plus à l'aise dans l'analyse des personnages que dans la création et la restitution d'une énigme. Comme dans les autres romans, j'ai trouvé très pertinente la façon dont elle aborde certains thèmes, parle de ses personnages. Il est passionnant de découvrir des personnages nuancés, guidés par ce qu'ils croient être juste, ou aveuglés par une rage et une souffrance qu'ils ont besoin d'exprimer. Si l'auteur explique leurs actes par leur passé, elle montre bien que quelqu'un se construit à partir de son environnement familial, mais aussi de sa personnalité.
Il est très ironique de voir comment la personne qui a tué Eric s'est comportée... sa psychologie est très intéressante, car cette personne ne voit pas qu'elle n'applique pas les mêmes paramètres à tous. Bien sûr, elle croit que soixante ans auparavant, elle a sacrifié un coupable. Elle n'a pas voulu chercher à savoir. En ne voulant pas écouter sa victime, ce protagoniste a agi exactement comme les barbares qu'il déteste.
Là encore, l'auteur aborde la famille sous de multiples formes. La famille, l'histoire, les caractères, les moeurs de l'époque... tout cela fait que l'intrigue se tient.
J'aime beaucoup la petite leçon que Karine donne à Patrik concernant la répartition des rôles pour s'occuper de Maya. Quand Patrik se défend en disant qu'avant, c'était pire, que les hommes ne s'occupaient pas du tout des enfants, on ne peut s'empêcher de penser à Hermann, qui le faisait par amour, et non parce que ça se faisait ou pas.
Des personnages se retrouvent enceinte sans l'avoir prévu. J'ai trouvé cela un peu gros, avec tous les moyens contraceptifs qui existent...
Un thème évoqué dans «L'oiseau de mauvais augure» est repris ici, et davantage exploité, celui de l'homosexualité.

J'ai trouvé lourd que l'auteur décrive deux accouchements à peu de temps d'intervalle. C'était peut-être voulu, afin de créer une espèce d'effet miroir, de montrer que certaines choses sont immuables. Cependant, cela m'a paru inutilement redondant.

Il est assez déconcertant de se dire que l'auteur n'exagère pas, lorsqu'elle décrit le groupe des Amis de la Suède. Je ne sais pas si ce groupe existe sous ce nom, mais il est évident que le racisme et le révisionnisme existent. C'est quelque chose que j'ai beaucoup de mal à admettre, car il semble que ces fléaux ne soient pas possibles à combattre. Malgré tout, certains s'obstinent à les répandre.

On retrouve les policiers avec plaisir. Comme dans le tome 4, l'auteur s'emploie à creuser le personnage de Gösta. Je trouve cela très bien fait. Même Melberg paraît un peu plus sympathique... Ces personnages nous montrent quelque peu leur passé, et commencent à réfléchir, à se bonifier un peu.
Il est un peu gros que personne n'ait pensé à certains éléments, et que seul, Patrik en ait l'idée... comme s'il était le sauveur du commissariat.

Je ne peux terminer cette chronique sans parler de l'humour omniprésent. C'est un des ingrédients récurrents dont je ne me lasse pas. Ici, on profitera de diverses situations, répliques, événements cocasses. Par exemple, l'anniversaire de Maya, ou encore ce que dit Erica lorsqu'elle découvre que Patrik a fait le ménage... Mais ce ne sont que deux petits exemples parmi tant d'autres dont le livre regorge. C'est le genre d'humour que je prise et dont je redemande!

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Éric Herson-Macarel. Ce livre m'a été offert par les éditions Audiolib. Il sort en audio le 8 juin.

Vous savez qu'en général, je n'aime pas la musique dans les livres. Ici, elle n'est pas agaçante, car chaque pause musicale est très courte. En outre, selon les morceaux, le lecteur sait s'il va lire un moment présent ou passé. J'ai trouvé cela bien pensé.

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mardi, 7 septembre 2010

L'oiseau de mauvais augure, de Camilla Läckberg.

L'oiseau de mauvais augure

Note: Pour ceux qui ne connaissent pas la série, je vous rappelle l'ordre dans lequel il vaut mieux la lire:
1: La princesse des glaces
2: Le prédicateur
3: Le tailleur de pierre

L'ouvrage:
La police est alertée pour une affaire à l'apparence banale: une femme a trouvé la mort dans un accident de voiture. Elle est la seule victime. Il s'avère qu'elle était ivre. Ses proches s'en montrent extrêmement surpris, étant donné qu'elle ne buvait pas d'alcool depuis très longtemps.
L'enquête sera mise en sommeil lorsque l'une des participantes de l'émission de télé réalité qui a lieu dans la ville, sera, à son tour, retrouvée assassinée.
Tout ça à six semaines du mariage de Patrik et d'Erica. Il va sans dire que le policier ne pourra pas se consacrer à de tendres préparatifs.

Critique:
Encore une fois, Camilla Läckberg explore des blessures d'enfance et leurs conséquences. Elle nous présente des personnages dont elle analyse très bien la psychologie. Que ce soit les participants à l'émission ou les autres protagonistes, tout ce qui est exposé est vraisemblable, et observé avec justesse. C'est ce qui démarque Camilla Läckberg d'autres auteurs de romans policiers: elle étudie les rapports sociaux et l'âme humaine avec pertinence.

Je commence à connaître la façon dont Camilla Läckberg construit ses romans, donc j'ai trouvé la plupart des éléments de l'énigme. Il y a un personnage que j'ai très vite soupçonné, et j'avais vu juste. Cependant, tout n'est pas aussi évident que dans «Le tailleur de pierre».
Les seules longueurs que je déplorerai sont celles que je reproche habituellement à l'auteur: un personnage trouve un élément, et il n'est révélé au lecteur que longtemps après. C'est très agaçant en plus d'être éculé.

Attention! Passez au paragraphe suivant si vous n'avez pas lu le livre.
L'auteur soulève une question intéressante et complexe. Les deux enfants étaient malheureux avec leur mère, et heureux avec celle qui les avait enlevés. La femme a-t-elle agi en pensant à eux? Était-elle en mal d'enfants? Était-ce les deux? Malgré cet acte, peut-on la blâmer, puisqu'elle offrait une meilleure vie aux enfants? Mais était-ce si bon pour eux, puisqu'ils devaient se cacher de peur des conséquences si on apprenait qu'elle les avait enlevés? Si Sigrid avait vécu, les enfants n'auraient-ils pas été détruits quand même, n'ayant connu qu'elle et ce qu'elle leur offrait pendant de nombreuses années? Auraient-ils pu continuer longtemps ainsi? Encore une fois, rien n'est manichéen.

J'ai été ravie de retrouver les personnages rencontrés dans les autres tomes. Outre qu'on s'y attache, certains d'entre eux (Erica, Anna, Dan...), étaient synonymes de détente. L'auteur raconte avec bonne humeur comment les filles préparent le mariage, comment elles éconduisent Christina, comment elles s'occupent des enfants.
J'ai apprécié que Camilla läckberg prenne son temps, à la fin. Je ne voulais pas quitter ces personnages sympathiques sitôt l'affaire élucidée. Bien sûr, elle a fait cela pour placer une autre pièce du puzzle, mais elle en a profité pour raconter un autre moment de leur vie, ce qui m'a plu.
Certains diront que ce qui arrive à Anna est un peu gros, mais il m'a semblé que non. En outre, il y a une avancée dans l'histoire de la famille: les rapports entre les deux soeurs deviennent moins tendus à mesure qu'elles se redécouvrent, et Erica décide d'entreprendre certaines recherches qui en apprendront plus au lecteur sur sa famille dans les tomes suivants. À propos de cela, tout est préparé dans les tomes précédents. Je me demande donc si Camilla läckberg y pense depuis qu'elle a commencé la série ou si elle a décidé de trouver une logique à des faits exposés en début de série.

On prend également plaisir à retrouver les membres du commissariat. J'ai été agréablement surprise, car l'un des personnages (Gösta Flygare), se remet en question. Cela était un peu préparé par les autres tomes, et j'oscillais entre la sympathie et l'agacement à son égard. C'est la sympathie et la compassion qui l'emportent après la lecture de ce tome.
Les joutes verbales entre Patrik et Martin sont également un moment de détente.%%Et bien sûr, on retrouve l'incontournable Mellberg. Il est toujours amusant, confit dans sa bêtise, ses certitudes, et sa suffisance. Sa conférence de presse est un grand moment! Il va de soi que je savais ce qui allait lui arriver, à la fin du roman.

Je ne suis pas adepte de télé réalité, mais je ne me suis pas ennuyée pendant les passages dédiés à l'émission et à ses participants. J'ai l'intuition que l'auteur a bien cerné les comportements et les raisons qui poussent des gens à participer à ce genre d'émissions. Je ne veux pas dire qu'ils sont tous comme les participants du jeu qu'elle a inventé, mais il doit y en avoir plus qu'on ne le croit. Ces participants sont attendrissants, malgré, ou à cause de leurs révoltes maladroites, de leur aigreur, de leur façon d'appeler au secours. Seule, Tina ne trouve pas grâce à mes yeux.

J'ai aimé le personnage de Sophie: un peu révoltée, comme le veut son âge, mais également courageuse et clairvoyante, balayant l'hypocrisie et les tabous.

Remarques annexes:
J'ai trouvé sympathique de lire une séance de rédaction d'un rapport par deux policiers.
Je trouve dommage que l'auteur ait donné à plusieurs personnages des noms similaires ou approchants: la nouvelle recrue du commissariat et le père de Patrik ont des prénoms qui ressemblent à ceux d'autres personnages.
Je trouve dommage de ne pas rencontrer plus souvent des personnages qui ne boivent pas d'alcool tout simplement parce qu'ils n'aiment pas ça. Je ne l'ai trouvé qu'une fois, dans «Le cercle des loups», de Nicholas Evans.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Éric Herson-Macarel. Ce livre m'a été offert par les éditions Audiolib. Il sort en audio le 15 septembre.

C'est un vrai plaisir pour moi de retrouver Éric Herson-Macarel sur le tome 4 des aventures de Patrik et d'Erica. Il est toujours aussi naturel, sachant toujours aussi bien jouer sans une once de cabotinage. J'espère qu'il continuera la série.

En général, je soupire d'exaspération lorsqu'un livre audio est émaillé de musique. Ici, j'ai trouvé que c'était plutôt un point positif. En effet, il n'y avait pas trop de musique. Par ailleurs, elle était appropriée à l'atmosphère du livre. Enfin, elle annonçait, à chaque fois, une certaine partie de l'histoire que je retrouvais toujours en pensant: «Ah, là, je vais en apprendre plus, ou ça va confirmer ce que je pensais.»

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mardi, 18 mai 2010

La princesse des glaces, de Camilla Läckberg.

La princesse des glaces

L'ouvrage:
Erica Falck passe un bref séjour dans la petite ville portuaire de son enfance, Fjàllbacka. Elle doit mettre en ordre les affaires de ses parents, brutalement décédés.
Alors qu'elle passe près d'une maison, un homme en sort et la hèle. La maison renferme le cadavre de sa propriétaire: Alexandra, une ancienne amie d'Erica.

Critique:
C'est le tome 1 des aventures d'Erica et de Patrik. Il vaut mieux lire les tomes dans l'ordre (il paraît qu'il y en a déjà cinq en Suède, pour l'instant, il y en a quatre en France), mais je n'ai pas été trop gênée de lire comment la relation de Patrik et Erica a débuté, alors que je les ai vus installés ensemble dans les autres tomes.
Voici l'ordre des tomes:
1: La princesses des glaces
2: Le prédicateur
3: Le tailleur de pierre
4: L'oiseau de mauvais augure

On ne pourra pas nier que Camilla Läckberg sait raconter les histoires. J'avais presque tout deviné dans «Le tailleur de pierre», et pourtant, je n'ai pas pu lâcher le livre!
Ici, je n'ai pas deviné autant de choses, mais mon engouement était au rendez-vous. En quelques pages, l'auteur accroche son lecteur. Elle parvient même à rendre des faits secondaires intéressants.
L'intrigue est mieux ficelée que celle de «Le tailleur de pierre», à mon avis, puisque je n'ai pas pu la démanteler. J'avais deviné certaines choses, j'en soupçonnais d'autres, mais ce n'était pas aussi clair que pour «Le tailleur de pierre».
Il n'y a pas de longueurs, malgré l'épaisseur du roman.
Petit bémol: une ficelle revient trop souvent. À force de réfléchir, un personnage trouve une clé de l'énigme, l'auteur nous le dit, puis elle nous fait mariner avant de nous révéler ce qui a été trouvé. À force, c'est lourd.

Lorsque le lecteur sait tout, il ne peut penser qu'une seule chose: les parents impliqués ont été inexcusables. Seul Carl-Eric trouve un peu grâce à mes yeux, parce qu'il le reconnaît sans complaisance, sans chercher d'excuses.
On aura peut-être pitié de Véra, mais sûrement pas de Birgit.
À l'instar d'autres romans, ce livre est une mise en garde contre le non-dit. Il montre très bien comment cela peut ronger une personne.
Un autre problème se pose. Que penser de l'attitude de Yann? L'auteur en fait un personnage détestable, soit, mais c'est aussi un personnage que jamais personne n'a aidé...

L'un des thèmes abordés me révolte toujours, et je ressens l'impuissance des autorités à anéantir ces... pratiques. Je trouve quand même qu'il commence à être trop abordé dans les thrillers. Malheureusement, cette surabondance ne change rien à l'impossibilité de l'anéantir, et en plus, j'ai peur que ce thème soit galvaudé à trop être utilisé. J'ai également peur qu'il soit tant abordé pour de mauvaises raisons... c'est-à-dire pour attirer le lecteur voyeur, et pas forcément pour lui faire prendre conscience de certaines choses...

Patrik et Erica sont attachants. J'ai déjà parlé d'eux dans mes précédentes critiques, et dans ce tome 1, je les ai trouvés égaux à eux-mêmes.
J'aimais bien Anika aussi, mais dans ce roman, sa présence est réellement synonyme de détente, surtout lorsqu'elle cuisine Patrik.

Quelque chose m'a gênée: la syntaxe m'a paru maladroite à plusieurs reprises.

Remarque annexe:
J'ai beaucoup aimé le personnage de la pâtissière aux pères Noël. Elle peut paraître invraisemblable à force d'excentricité, mais elle m'a bien fait rire.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Christine Pâris.
Ce livre m'a été offert par les éditions Audiolib. Il sort en audio le 19 mai.

Décidément, je ne suis pas convaincue par Christine Pâris. Je trouve qu'elle fait trop de manières. Et puis, quand elle lit les rôles masculins, elle change légèrement sa voix. Elle tente de faire cela intelligemment, de faire en sorte que sa voix soit juste un peu plus grave, mais ça m'agace! Il y a des passages (surtout des dialogues) où elle parvient à se débarrasser de son ton un peu affecté (qui se rapproche un peu du ton qu'on prend pour raconter une histoire à un enfant), mais elle le retrouve très facilement. De plus, je ne sais pas pourquoi elle prononce «chapitre... 1», comme Isabelle Miller dans «Quitter le monde», de Douglas Kennedy.
Comme j'aime les romans de Camilla Läckberg, je lirai les suivants s'ils sortent en audio, mais je suis déçue que Christine Pâris soit apparemment la voix officielle de ces romans.

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