Les filles du pasteur Muller

L'ouvrage:
Froeschwiller, petit village alsacien, années 1870.
Christian Muller est pasteur. Sa femme, Emily, et lui s'aiment tendrement. Leurs trois filles, Frédérique, Lisbeth, et Dorothée, évoluent dans un foyer heureux. Plusieurs événements vont les pousser à grandir plus vite, et à assumer certaines responsabilités.

Critique:
Si j'ai globalement apprécié ce roman, je l'ai trouvé inégal. Je me suis parfois ennuyée à partir du moment où la famille est face à la guerre. Il faut dire que je deviens difficile quant aux romans abordant ce sujet (quelle que soit la guerre évoquée).
Ici, j'ai bien conscience que la romancière s'est documentée, et je sais que son récit est intelligemment construit. Je pense que les lenteurs que j'ai trouvées ne sont dues qu'à ma subjectivité. En outre, le livre est bien écrit: le style est fluide.

Le point fort du roman est ses trois héroïnes. Elles sont très différentes les unes des autres, et très attachantes. Au départ, Frédérique peut paraître un peu agaçante, car elle semble n'avoir aucune utilité, aucune personnalité à part son espèce de confinement aux tâches ménagères et à la propension à faire la morale. Elle paraissait fade et sèche. Cependant, au cours du roman, elle évolue, se remet en question, Elle finit par trouver sa place.
La secrète Lisbeth m'a interpellée. Hypersensible, quelque peu désorientée (au début), fragile, mais forte aussi... Lisbeth m'a d'autant plus émue qu'elle est passionnée d'écriture.
Dorothée, le garçon manqué, m'a épatée, surtout au début. Elle ressent des choses contradictoires, se débat entre ce qui se fait, ce qu'elle souhaite être et veut faire, ceux qu'elle aime, celui qu'elle ne devrait pas aimer... Je n'aurais pas pensé que les choses tourneraient ainsi pour cette jeune fille solaire et pétulante.

Ces trois jeunes filles très attachantes vivront des événements qui feront que le caractère de chacune s'affirmera. Chacune mûrira, et prendra les décisions qui s'imposent. Chacune fera preuve d'un courage exemplaire. D'autre part, cette famille est un bel exemple de solidarité, de tolérance, d'amour. Les trois soeurs ont beau être très différentes, et se disputer, parfois, elles seront toujours sauvées et portées par l'amour qu'elles éprouvent les unes pour les autres. C'est aussi cet amour qui fera que leur père, malgré ses réticences et ses espoirs déçus, finira par les laisser être elles-mêmes.

Remarque annexe:
J'ai été déçue que les habitants du village finissent par rejeter l'une des leurs uniquement parce qu'elle avait choisi une orientation différente après la guerre. Malgré ce choix, elle reste elle-même...

Éditeur: Presses de la cité.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Françoise Clerc-Renaud pour l'association Valentin Haüy.

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