Petite Plume

L'ouvrage:
Le peuple de Petite Plume vit dans une vallée. Il se composait, au départ, de colons écossais et d'indiens. Petite Plume est donc un sangs mêlés.

Par un malheureux concours de circonstances, une bombe explose dans la vallée. Petite Plume, dix ans, et son chat, Tigre, sont les seuls survivants. Des soldats les emmènent à Petsville, la petite ville la plus proche. L'enfant est recueilli par George Douglas, le shérif. Pour lui, tout est nouveau, et il voit le monde avec la sagesse apprise de son peuple.

Critique:
C'est sûrement un humour empreint de sagesse qui domine dans ce livre frais. Situations cocasses et quelque peu étranges s'enchaînent. L'auteur les résout toujours en mêlant rire et gravité. En effet, il nous fait rire, mais nous invite à nous pencher plus attentivement sur notre monde, à l'observer, à être heureux des petites choses que nous accordent la vie, les circonstances... Dans une note, il explique qu'il ne faut pas chercher à tout rationaliser, et accepter les petits miracles. C'est un peu ce que fait Petite Plume, lorsqu'il énonce simplement d'incontestables vérités. Certains voient en lui le nouveau messie alors qu'il prend juste le temps d'observer les choses. Son peuple lui a appris le bon sens.
Si le concept de nouveau messie m'a agacée, j'ai apprécié que Petite Plume fasse réfléchir les gens sur eux-mêmes. Certains hommes pervertissent tout en y mêlant la religion, ce qui montre qu'ils ont besoin de béquilles pour vivre.

Les personnages, excepté le héros, ne sont pas très creusés, mais cela ne m'a pas dérangée.
Certains reprocheront peut-être à l'auteur son manichéisme à la Rousseau: Petite Plume n'a pas été corrompu par la ville et la civilisation, il a donc certaines valeurs que les hommes trop pris par la civilisation perdent. L'idée n'est pas fausse, mais peut-être un peu trop pointée du doigt ici.
En quatrième de couverture, le garçonnet est désigné comme un Candide moderne.

Le peuple de Petite Plume était peu nombreux. Ils ont réussi à créer une ville paradisiaque puisqu'on n'y craignait rien. Les gens y étaient respectueux de l'autre et de la nature. L'auteur rend cela vraisemblable grâce au petit nombre de gens. Apparemment, cette communauté vivait en harmonie avec les autres et l'environnement parce qu'aucune personne égoïste ne perturbait ni ne contestait le déroulement des choses. En effet, il suffit d'une personne pour pervertir les meilleures intentions. C'est sûrement pour cela que les hommes ne peuvent vivre en bonne entente.

Ne lisez pas ce paragraphe si vous n'avez pas lu le livre.
Je m'interroge quant à la fin. Deux interprétations sont possibles... Comme le chapitre 70 reprend le début du chapitre 1, on peut penser que l'avion a atterri dans une vallée, et que les survivants y resteront et recréeront un Lonelyville. Si c'était le cas, cette fin me plairait.
Mais on peut aussi penser que l'avion s'est écrasé, et que personne n'a survécu. Cela signifierait qu'un enfant comme Petite Plume et des hommes qui se remettent en question (comme ses amis), n'ont pas leur place dans notre monde actuel. C'est une fin décevante parce qu'on s'est attaché aux personnages, mais aussi parce qu'elle est très pessimiste. Quels sont vos avis sur l'interprétation de la fin?

Un livre drôle et grave, à lire absolument!

Éditeur: Robert Laffont.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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