Parler ne fait pas cuire le riz

L'ouvrage:
Jeanne n'est pas bien dans sa peau, dans sa vie. Sa sœur, Justine, lui propose de lui payer un séjour dans un coin retiré du monde où elle pourra se retrouver, se ressourcer... en jeûnant. Jeanne n'est pas enthousiaste, mais finit par se laisser convaincre.

Critique:
À la lecture du résumé, j'ai pensé qu'un livre drôle et léger était exactement ce qu'il me fallait en cette période de fin d'année scolaire. Apparemment, je deviens difficile concernant les livres légers, car celui-là ne m'a pas conquise. Certaines choses se voulaient drôles: je les ai trouvées lourdes. Par exemple, lorsque Jeanne est cachée dans une chambre et reçoit des chaussettes sales sur la figure et tout ce qui arrive avant.
Lorsque la narratrice et Gustave sont en conflit, on est censé rire (de leurs joutes verbales, par exemple)... J'ai aussi trouvé que Jeanne avait des remarques très superficielles, comme si elle avait douze ans, notamment toute la partie sur ses poils épilés au laser.
Peut-être Cécile Krüg a-t-elle moins l'art de la mise en scène que (par exemple) Cassandra O'Donnell...
Je ne terminerai pas cette liste d'exemples sans indiquer ce qui m'a choquée. C'est la scène où Jeanne jette le chat en pâture au chien de la voisine. J'ai bien conscience qu'il se veut cocasse, et en plus, l'auteur fait en sorte que le chat en réchappe, mais cette scène-là n'est pas passée.

Je comprends que Jeanne soit dans l'auto-dénigrement, et que, de ce fait, elle choisisse le pire pour elle-même, mais j'ai eu du mal à comprendre comment elle pouvait être aux pieds de Maxime... Le roman nous montre l'évolution de l'héroïne: elle découvre certaines choses quant à sa manière de fonctionner. Je sais que lorsqu'on s'obstine à être dans l'erreur à propos de soi-même, il faut une véritable remise en question pour voir les failles. L'attitude de Jeanne est donc bien expliquée. J'ai beau le savoir, je trouve que Maxime était trop caricatural. On me dira que des salauds pareils et des femmes assez désespérées pour être accro à eux, ça existe... Soit, mais alors, il aurait peut-être fallu que la sœur de Jeanne (soi-disant de son côté) la soutienne davantage au lieu de gober tout rond les âneries débitées par leur mère (qui, en plus, fait exprès de ne rien comprendre). L'auteur n'est pas dans l'erreur quant à ces comportements, mais peut-être a-t-elle trop mêlé le très sérieux au très léger...

J'ai trouvé d'autres choses caricaturales, comme ce que disent Myriam et Jean-Pierre sur le jeûne... Je sais que cela fait partie d'une philosophie de vie, mais ils ont l'air d'être illuminés. Je ne donne pas d'autres exemples, mais d'autres choses m'ont paru clichées. D'une manière générale, il m'a semblé que l'auteur en faisait trop.

Certaines choses m'ont quand même fait rire. Par exemple, avant de jeûner, Jeanne doit se préparer. Pour ce faire, elle ne mange que des yaourts et de la soupe. Avant même que ce régime-là ne soit fini, elle a tellement faim qu'elle bave devant des publicités pour croquettes pour chiens. J'ai aussi ri lors du Scrabble de mots inventés, et en quelques autres occasions.

Service presse des éditions Audible Studio, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Élodie Huber.
Avec cette lecture, Élodie Huber confirme qu'elle peut lire de tout. Je la connaissais surtout dans le policier, le roman psychologique. J'ai beaucoup aimé son interprétation vivante (mais sans surjeu) de ce roman. Je pense que cela n'a pas dû être facile pour elle, et que beaucoup de comédiennes auraient surjoué.
Je regrette que la comédienne (ou le studio, au montage) ait fait certains blancs assez importants (malvenus, à mon avis), par exemple pendant des dialogues...

Pour information: la structure du livre n'a pas pu être respectée.

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