Cauchemar nippon

L'ouvrage:
Daniel Thayne est anglais. Il est à présent à Tokyo en touriste. Il compte bientôt repartir. Mais sa petite amie, Keiko Harada, ne l'entend pas de cette oreille. Lorsque son père et ses frères entrent dans la danse, Daniel se sent coincé.

Critique:
Il paraît que ce livre est hilarant... Je n'ai pas trouvé. D'habitude, quand une forme d'humour ne me fait pas rire, je reconnais quand même que l'auteur a souhaité amuser son lecteur. Ici, je me pose des questions. Qu'est-ce qui se veut drôle? La farouche obstination de madame Chiba (l'employeur de Daniel) à ne pas le payer? Le fait que Keiko soit un pot de colle, et que sa famille s'en mêle? La conduite de Samuel Echtbein, le voisin de Daniel? Les errances dudit Daniel, et sa course pour fuir les Harada? La personnalité de Keiko? J'ai plutôt trouvé tout cela poussif et invraisemblable.

L'insistance de la famille de Keiko est crédible, mais pas amusante. Quant à en être effrayé... ce qu'ils font est tellement cliché que je n'en ai même pas eu peur...
Le fait que madame Chiba trompe Daniel quant à son salaire pourrait être du comique de répétition, mais ce n'est pas très drôle au départ.
Le fait que Daniel soit perdu, ne comprenne pas ce qui lui arrive n'est pas très drôle. Au début, c'est vaguement effrayant, mais c'est beaucoup trop long. À force, il n'est plus à plaindre. Je l'ai plutôt vu comme un benêt. Il se pose des questions, veut ceci et cela, mais fait tout ce qu'il ne faut pas. Il est exaspérant!

L'attitude de son voisin est fantaisiste. On ne comprend pas trop pourquoi il prend fait et cause pour les Harada, pourquoi il en fait presque une affaire d'honneur... il les connaît à peine, sa réaction est disproportionnée. Bien sûr, l'auteur utilise Echtbein pour créer un élément effrayant, pour compliquer les choses au moment où Daniel pourrait s'en sortir, pour faire monter la tension. Mais ce n'est pas très adroit.

Keiko est sûrement le personnage le plus cohérent, malgré son étrangeté. Au début, elle n'est pas très crédible. Son amour des peluches ne me dérange pas, mais elle en a tellement qu'elle en devient invraisemblable. Ensuite, sa personnalité extrême n'est ni drôle ni effrayante. Cela m'a plutôt fait soupirer d'ennui. Son dernier geste renforce sa cohérence. Ça va avec son caractère emporté, et son désir forcené de réparer le mal qu'elle a fait. Cependant, son acte est stupide. Je n'ai même pas réussi à la prendre en pitié, tant elle se montre inconséquente.

Il y a quelques découvertes qui pourraient être intéressantes, comme ce qu'on apprend quant à monsieur Chiba, ou ce que fait croire sa femme aux élèves de Daniel, mais ce n'est ni très surprenant ni très palpitant.

Bref, je ne conseille pas ce roman. Pour moi, les aspects comiques et énigmatiques sont ratés.

Éditeur: Belfond.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour Sésame.

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