Auteur : Kinsella Sophie

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lundi, 2 mars 2015

Nuit de noces à Ikonos, de Sophie Kinsella.

Nuit de noces à Ikonos

L'ouvrage:
Lottie est persuadée que Richard va la demander en mariage. pourtant, les choses ne se passent pas comme elle l'avait prévu.
Fliss, la soeur de lottie, est en instance de divorce. Elle ne parvient pas à digérer tous les coups bas portés par Daniel, celui qui est en passe de devenir son ex-mari.
Quand Lottie va se lancer dans une aventure insensée, Fliss fera tout ce qu'elle pourra pour l'en détourner.

Critique:
Comme souvent, Sophie Kinsella parvient à écrire une histoire assez légère sans tomber dans la mièvrerie. Certaines situations sont franchement amusantes. Par exemple, chaque fois qu'on voit Noah (le fils de Fliss), on peut être sûr de rire.
La scène où Richard tente de faire entrer sa valise dans la soute à bagages, puis de s'en débarrasser, est également cocasse. Bien sûr, il y a d'autres passages drôles, mais je ne vais pas en faire un catalogue. J'achèverai mon énumération par ce que l'avocat de Fliss appelle le fantasme du divorce. Même si j'ai compris la rage de Fliss, son fantasme du divorce m'a bien fait rire.

Pendant une grande partie du roman, Fliss se débrouille pour qu'un certain événement n'arrive pas. Au début, j'ai pensé que cela risquait d'être un peu lourd. Cela l'est peut-être un peu, mais cela engendre également des situations loufoques, comme la scène où Ben tente de louer la chambre d'un couple.

Les histoires d'amour sont un peu faciles, mais il faut s'y attendre en lisant ce genre de romans. J'ai trouvé que ce qui arrive au début du dernier chapitre était peut-être un peu exagéré, car il aurait été plus intéressant que les deux personnages se disent qu'ils laisseraient venir les choses, mais c'est plausible.

Pendant plusieurs chapitres, je me suis demandé où irait l'auteur. Lorsque l'intrigue s'est dessinée, je me suis demandé comment elle ferait pour la terminer de manière satisfaisante. J'aime bien que tout ne soit pas balisé dès le départ. Bien sûr, l'amateur de Kinsella approuvera les choix de la romancière quant à ce qui arrive à tel ou tel personnage.

À travers une intrigue amusante (quoiqu'un peu lente à démarrer), Sophie Kinsella montre des personnages qui, au final, doivent se remettre en question, et le font parfois dans la douleur. Ces personnages, motivés par de bonnes intentions, seront forcés de se rendre compte qu'ils n'agissent pas forcément dans l'intérêt de ceux qu'ils veulent aider.

C'est le premier livre de cette romancière que je lis raconté à deux voix. Bien que j'apprécie les romans polyphoniques, au début, j'ai été un peu déçue, car j'aime bien suivre une héroïne lorsqu'il s'agit de Sophie Kinsella. pourtant, ma déception a été de courte durée, parce qu'il est intéressant de suivre chacune des deux soeurs, et parce que la polyphonie n'est pas source de temps morts, comme elle l'est lorsqu'elle est mal maîtrisée.

Remarque annexe:
Une partie du roman se passe dans un hôtel cinq étoiles. Cela m'a fait rêver un peu... ;-)

Éditeur: Belfond.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Clély Ladini pour la Bibliothèque Braille Romande.

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mercredi, 26 novembre 2014

Samantha, bonne à rien faire, de Sophie Kinsella.

Samantha, bonne à rien faire

L'ouvrage:
Samantha est une avocate surchargée de travail. Elle n'a jamais une minute à elle. Un jour, elle s'aperçoit qu'elle a fait une erreur qui a fait perdre une grosse somme d'argent à l'un des clients du cabinet pour lequel elle travaille. Étant confrontée à l'échec pour la première fois, elle panique et s'enfuit.
Par un concours de circonstances, elle devient bonne à tout faire d'un couple aisé. L'ennui, c'est qu'elle ne sait ni cuisiner, ni repasser, ni se servir d'une machine à laver...

Critique:
Sophie Kinsella a eu une idée intéressante: elle a voulu montrer quelqu'un qui, par la force des choses, change radicalement de style de vie, et finit par apprécier les bons côtés d'une existence plus simple, moins tape-à-l'oeil. Bien sûr, Samantha ne change pas radicalement du jour au lendemain. Cela n'aurait pas été crédible. Cependant, l'auteur en fait trop dans plusieurs situations.

À un moment, Samantha veut se retirer la tête haute, et explique qu'elle doit partir, car le matériel n'est pas à la hauteur de celui qu'elle a l'habitude d'utiliser. Étant donné que ses patrons ne la connaissent que depuis deux jours, il serait logique qu'ils ne la retiennent pas, tout en pensant, de surcroît, qu'elle est très méprisante. Eh bien non: ils la retiennent, lui promettent une augmentation, vont très vite acheter du matériel supérieur...
Samantha prend des cours de cuisine. Sa tutrice lui interdit de prendre des notes, car il faut y aller à l'instinct. Il faut peut-être au moins se noter les ingrédients... De plus, on dirait que la jeune femme apprend très vite...
Je n'ai pas non plus aimé l'idée reçue comme quoi une personne qui devient bonne à tout faire est forcément inculte. On se doute bien qu'en général, ce métier n'est pas un choix, mais de là à dire que ceux qui le font ne savent rien...

Les derniers chapitres sont un peu pénibles, comme si l'auteur pataugeait dans son histoire, et ne parvenait pas à faire une fin acceptable. Samantha ne veut plus de son ancienne vie, mais elle se dit qu'elle ne pourra pas être bonne à tout faire toute sa vie. C'est une idée intéressante, mais pourquoi notre héroïne devrait-elle obligatoirement choisir l'une ou l'autre des solutions? Ne pourrait-elle pas, plutôt, se dire qu'elle a une grande capacité d'adaptation, et devrait tenter de se former pour un travail qui lui plairait, et qui lui prendrait moins de temps que l'ancien. Avec cette histoire, Sophie Kinsella veut montrer une femme obligée de faire preuve d'ouverture d'esprit. Donc, pourquoi n'envisage-t-elle pas ce genre de choses?

Pour moi, les éléments un peu gros des romans de Sophie Kinsella passent bien, car elle saupoudre le tout d'humour. Ici, il y en a trop peu, ou ils sont lourds. Bien sûr, on rit lorsque l'héroïne tente de faire son premier repas, et qu'elle va de catastrophes en catastrophes, mais à part ça, il y a peu de moments vraiment drôles.

À part Iris et Nathaniel, les personnages ne sont pas vraiment attachants. Trish est capricieuse et Eddie est un peu fade. Il est étrange que Samantha s'attache à eux, surtout à Trish. Quant à l'héroïne, on pourrait penser qu'elle a une grande force de caractère. Certes, mais elle n'a pas vraiment su me toucher.

Éditeur: Belfond.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Diane Caouette pour l'INCA

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vendredi, 29 août 2014

Poppy Wyatt est un sacré numéro, de Sophie Kinsella.

Poppy Wyatt est un sacré numéro

L'ouvrage:
Poppy Wyatt va épouser Magnus Tavish dans quelques jours. Tout serait parfait si elle n'avait pas perdu sa bague de fiançailles... et si elle ne s'était pas fait voler son téléphone portable. La chance semble lui sourire lorsqu'elle trouve un téléphone portable en parfait état de marche dans une corbeille à papier. Elle ne sait pas qu'elle s'embarque dans une aventure qui va changer sa vision de certaines choses.

Critique:
Comme dans ses autres romans, Sophie Kinsella décrit des situations qui, sous la plume d'un autre, seraient parfaitement niaises, ridicules, et invraisemblables. Pour moi, dans ce roman, elle s'en sort très bien. Certaines choses sont prévisibles, mais cela ne m'a pas gênée parce qu'on ne sait pas vraiment comment elles vont arriver.

De plus, j'ai beaucoup souri, voire ri, à la lecture de certaines scènes: par exemple, celle du télégramme chantant. J'évoque celle-là parce qu'elle est au début, et que je n'en dévoile pas trop, mais il y en a beaucoup d'autres.

J'ai également apprécié certaines surprises qu'a su créer la romancière. Comment ne pas se délecter à la lecture de l'histoire du père de Sam?
J'ai également apprécié la façon dont l'auteur se moque de ceux qui insèrent de nombreuses notes dans leurs ouvrages.
Si certaines choses m'ont agacée dans «Samantha bonne à rien faire» et dans «Lexi Smart a la mémoire qui flanche», ici, je n'ai rien trouvé de pénible.

Comme dans ses autres romans, Sophie Kinsella utilise la légèreté pour dire certaines choses un peu graves. Par exemple, Poppy se voit inférieure aux Tavish, explique pourquoi, interprète leur attitude, etc. Chaque personnage doit plus ou moins se remettre en question, et interprète les réactions des autres selon ses paramètres. J'ai trouvé la remise en question bien faite.

Les amours de Poppy sont peut-être un peu «rapides». On peut dire qu'elle a l'air un peu «facile», mais globalement, les éléments sont bien amenés, puis bien exploités.

À un moment, j'ai cherché quelque chose dans la version originale (donc en anglais) pour voir si la traductrice n'avait pas (par nécessité) ajouté quelque chose. De ce fait, j'ai entendu quelques passages de la VO. Je me suis alors rendue compte que la traduction avait été édulcorée quant aux «gros mots». Dans «bloody smiling faces», le «bloody» n'est pas traduit. Quand Poppy traite Sam de «fuck», c'est traduit par «salaud». Poppy appelle Willow «the bitch», c'est traduit par «mauvaise». Je savais que la France édulcorait, mais je pensais que c'était surtout à la télé. Je trouve cela dommage, car ce n'est pas ce que l'auteur a voulu dire, et c'est le trahir que d'édulcorer la traduction.

Éditeur: Belfond.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Clély Ladini pour la Bibliothèque Braille Romande.
Quel plaisir de retrouver cette lectrice sur un livre amusant! En effet, à mon avis, son dynamisme et sa voix souriante sont parfaits pour ce genre de lecture. Elle a su lire ce roman avec la dose de jeu nécessaire pour le rendre vivant.

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vendredi, 6 juin 2014

Lexi Smart a la mémoire qui flanche, de Sophie Kinsella.

Lexi Smart a la mémoire qui flanche

L'ouvrage:
2004. Ce soir-là, en voulant rattraper un taxi, Lexi Smart tombe. Lorsqu'elle s'éveille, on lui dit qu'elle a eu un accident de voiture, et qu'on est en 2007. Elle s'aperçoit qu'elle a oublié trois ans de sa vie.

Critique:
Sophie Kinsella s'attaque à un thème souvent abordé: la personne qui part à la recherche de ses souvenirs. Elle s'en sort bien, et parvient à ne pas être ennuyeuse.

Si ce livre m'a moins fait rire que les deux autres que j'ai lus, il y a quand même quelques passages amusants, comme lorsqu'Annie raconte n'importe quoi à Lexi au sujet de son mari. La mère de l'héroïne fait également sourire avec son élevage de chiens, mais parfois, c'est un peu lourd.

Certaines choses semblent un peu grosses. Par exemple, je n'ai pas trop compris pourquoi Lexi croit davantage certaines personnes que d'autres. Ensuite, on sait rapidement comment cela se terminera quant aux amours et au travail de l'héroïne. Il est aussi un peu gros qu'elle ait à ce point changé entre 2004 et 2007. Bien sûr, tout est expliqué, et certaines explications sont convaincantes, mais c'est un peu léger. Peut-être la romancière aurait-elle dû nuancer et creuser davantage. Eric, par exemple, n'est pas absolument détestable, mais on sent vite qu'il est fade. Il n'est pas très difficile de ne pas trop l'apprécier, ne serait-ce qu'à cause de son intégrisme quant à la nourriture et de son air coincé.

Un livre sympathique, mais qui ne sera pas mon préféré de Sophie Kinsella.

Éditeur: Belfond.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Lynn Langlois pour l'INCA

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lundi, 4 novembre 2013

Très chère Sadie, de Sophie Kinsella.

Très chère Sadie

L'ouvrage:
Lara Linton a vingt-sept ans. Son petit ami l'a plaquée par mail. En outre, ses affaires ne marchent pas très fort, d'autant que son associée est partie en vacances en Inde pour une durée indéterminée.
C'est alors qu'elle doit assister à l'incinération de sa grand-tante, Sadie Lancaster, qu'elle connaît à peine. C'est lors de cet événement que Lara est victime d'une hallucination.

Critique:
L'idée est originale, et il fallait la faire tenir sans que le tout ne devienne grotesque. L'auteur y parvient assez bien, même si j'ai quelques petits reproches. D'abord, j'ai trouvé la mise en place un peu longue. Il me semble que, malgré certaines répliques drôles et certaines situations bien campées, le livre met un petit temps à décoller.
Ensuite, il y a de petites choses un peu convenues: la soeur de Lara n'est pas aimable, et semble la tenir pour une fieffée idiote, un peu comme la cousine d'Emma dans «Les petits secrets d'Emma».

Une fois la mise en place faite, le lecteur a droit à certaines situations cocasses principalement dues au fait que Lara est la seule à voir et à entendre (consciemment, du moins) la jeune Sadie. La scène où les deux femmes se disputent devant les parents de l'héroïne, la demande de rendez-vous à Ed, ou encore l'épisode de la Grande Lara en sont des exemples, mais ils sont loin d'être les seuls. À plusieurs reprises, j'ai pensé que Sophie Kinsella allait s'enferrer, tomber dans la démesure, le grotesque... mais non! Elle parvient à mettre en scène des choses très grosses sans que cela ne devienne n'importe quoi.

Si certaines choses sont prévisibles, j'ai trouvé que le tout était bien amené. D'ailleurs, je n'avais pas tout deviné. J'ai mis un moment à comprendre le rôle du collier. Quant aux choses que j'avais devinées, je me demandais quand même comment l'auteur y parviendrait.
J'ai quand même trouvé le temps un peu long lorsque Lara cherche Sadie.

Je me demande si les années 20 étaient à ce point caractérisées par un type de vêtements, de maquillage, et de danse ou si l'auteur exagère. Malgré l'aspect visuel des passages décrivant cela, j'ai réussi à m'imaginer pourquoi cela pouvait être vu comme ridicule de nos jours. Les détails que donne l'auteur m'ont montré l'anachronisme de la chose.

Il y a des moments un peu plus graves, comme la découverte progressive de l'histoire d'amour de Sadie ou bien le fait que Lara se rende compte de l'inconséquence dont elle a fait preuve en n'allant jamais voir sa grand-tante.

Éditeur: Belfond.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour l'association Valentin Haüy.
Cette lectrice est celle qui a enregistré «Le reste est silence». J'ai retrouvé sa voix douce, claire et dynamique ainsi que sa diction soignée avec plaisir. Je pense que ce genre de romans ne fait pas partie de son registre de prédilection, car il m'a semblé qu'au début, elle n'était pas vraiment dans le ton. Mais elle a rapidement trouvé ses marques, et a interprété le roman avec le brin de verve approprié, mais sans jamais en faire trop. Mon seul regret est qu'elle ait tenté de prononcer certains noms propres à l'anglophone.

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