Auteur : King Stephen

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lundi, 31 octobre 2016

Sale gosse, de Stephen King.

Sale gosse

L'ouvrage:
George Halas est dans le couloir de la mort. Son crime? Il a tué un très jeune enfant de plusieurs balles dont une dans le dos et une dans la poitrine. Lors de son procès, il ne s'est pas défendu. Alors que l'heure de son exécution approche, il veut expliquer à son avocat ce qui l'a poussé au meurtre.

Critique:
J'ai passé un bon moment avec cette nouvelle, même si j'ai quelques reproches à lui adresser. Dès le départ, Stephen King intéresse son lecteur. Ensuite, le récit est fluide, sans temps morts. On se représente bien le «sale gosse» et le plaisir qu'il prend à accomplir ses méfaits.

J'ai apprécié que Stephen King utilise un vieux code du fantastique, à savoir celui qui dit que le lecteur (tout comme l'un des personnages) va tenter de trouver une explication rationnelle à tout cela, et que cette explication est presque possible. Seulement, elle est rendue bancale par de petits éléments inexplicables.

J'ai quand même trouvé que l'auteur louvoyait un peu. Normalement, une arme à feu n'aurait pas dû venir à bout, ne fût-ce que pour cinq minutes, du «sale gosse».
D'autre part, la toute fin m'a semblé convenue. Elle était prévisible. J'aurais aimé qu'elle ne soit qu'un tournant. Je ne peux pas dire ce que j'aurais aimé pour la suite, car j'en dirais trop.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Julien Chatelet pour les éditions Audiolib.
Rien que pour l'interprétation du comédien, je ne regrette pas d'avoir lu cette nouvelle. Il a parfaitement rendu l'ambiance, les sentiments de George, et surtout... le lecteur ressent très bien, grâce au jeu de Julien Chatelet, à quel point le «sale gosse» est une petite saleté maléfique. Par exemple, lors d'une scène, quand il dit «Sinon quoi?», il parvient à faire passer morgue, dédain, provocation...

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mercredi, 5 novembre 2014

Joyland, de Stephen King.

Joyland

L'ouvrage:
Devin Jones raconte l'été de ses vingt-et-un ans, en 1973. Il travailla pour Joyland, petit parc d'attraction. Il faisait un peu de tout, mais son occupation principale était d'endosser la fourrure d'Owie, le chien gentil.

Critique:
Voilà un roman qui n'était pas simple à réussir. En effet, il ne s'y passe pas grand-chose, et pourtant, on ne s'ennuie pas. Bien sûr, il y a des événements, mais c'est d'abord un livre d'ambiance. Devin connaît son premier chagrin d'amour, et découvre certains côtés de la vie à travers ce travail. Stephen King parvient à écrire un roman lent dans lequel on ne s'ennuie pas.

Devin est attachant. D'abord, au moment où il raconte l'histoire, il a vécu, a une soixantaine d'années, et adresse de gentilles petites piques amusées au Devin de vingt-et-un ans. Ensuite, on s'identifie à ce personnage dont le parcours initiatique nous est narré. Je me suis surprise à comprendre ses choix, ses motivations. J'ai apprécié, par exemple, qu'il fasse preuve d'empathie à l'égard des Standfield. J'ai également aimé qu'il se donne à fond dans ce travail, et ne le voie pas seulement comme un moyen alimentaire.

Comme on est chez Stephen King, il y a un mystère au parfum de fantastique. Je trouve qu'il s'insère très bien dans l'intrigue. Dans certains romans de Stephen King, j'ai trouvé que le fantastique était trop spectaculaire, et mal exploité. Ici, il n'en fait pas trop. Certains diront peut-être qu'il y en a trop peu, et que le tout est un peu facile. Peut-être, mais cette tranche de vie mâtinée de fantastique et d'une petite énigme m'a plu.

Dans ce roman, mous rencontrons un autre personnage particulier: Mike Ross. Lucide quant à lui-même, percevant certaines choses pour des raisons qu'on devine aisément, sachant saisir l'essentiel, ce personnage est également très attachant.

Un bon moment de détente, quelques réflexions avisées sur la vie, un héros attachant par sa gentillesse.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Aurélien Ringelheim.
Ce livre m'a été envoyé par les éditions Audiolib.
J'ai peu entendu Aurélien Ringelheim. Je trouve que sa voix et son jeu sont très bien adaptés à ce roman. On me dira que sa voix est adéquate parce que c'est celle d'un jeune homme, tout comme l'est Devin à la période racontée. Certes, mais pas uniquement. Par un jeu sobre, mais jamais monotone, Aurélien Ringelheim parvient à retranscrire le caractère (de l'enthousiasme, un peu de candeur, et de gentillesse qui ne tourne jamais à la bêtise) du narrateur. J'entendrai à nouveau ce comédien avec grand plaisir.

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vendredi, 24 janvier 2014

Docteur Sleep, de Stephen King.

Docteur Sleep

L'ouvrage:
Danny Torrance (Dan, maintenant qu'il est adulte), travaille dans un hospice pour personne âgées. Son don lui permet d'apaiser et d'accompagner les personnes qui vont mourir. Il souffre du même mal que son père (l'alcoolisme), mais le combat.
C'est alors qu'une enfant le contacte télépathiquement.

À l'ancien emplacement de l'Overlook, vit une communauté, le Noeud Vrai. Elle se nourrit de la va peur que dégagent les humains. Certains en dégagent davantage que d'autres...

Critique:
Il n'est pas nécessaire d'avoir lu «Shining» pour comprendre «Docteur Sleep», mais cela vaut bien mieux, car il en est la continuité directe. C'est normal, puisque nous en retrouvons le héros. En outre, après avoir lu «Docteur Sleep», on connaît les grandes lignes de «Shining». Il est, je pense, préférable de découvrir «Shining» en le lisant plutôt qu'au travers de sa suite.

Stephen King met un peu de temps à planter le décor, à présenter ses personnages. Habituellement, cela ne me gêne pas trop. Ici, cela m'a un peu agacée. D'abord, au début, comme on retrouve beaucoup d'éléments de «Shining», j'ai eu peur que cela en soit une sorte de rediffusion. Il est vrai qu'il est logique de retrouver, en même temps que Danny, ses rêves, ses hantises de corps dans une baignoire, etc.
Ensuite, certaines choses semblaient évidentes. Bien sûr, elles ne l'étaient que pour le lecteur (notamment tout ce qui entoure le don d'Abra), et il aurait été impossible que les personnages s'y fassent rapidement, mais cela aurait peut-être pu être résumé.
Si les errances de Dan avant qu'il trouve un travail stable et des amis sont nécessaires à la compréhension du personnage, je les ai trouvées un peu trop présentes. Idem pour tout ce qui est dit concernant ce qui arrive dans «Shining»: c'est logique que cela soit récapitulé, mais c'est peut-être un peu trop.
D'autre part, on se doute très vite que le Noeud Vrai aura quelque chose à voir avec Dan et Abra. La présentation de la communauté m'a semblé longue.

Une fois les choses lancées, j'ai aimé l'idée développée par l'auteur. D'abord, cette manière d'exploiter le fantastique m'a toujours fascinée. En effet, ici, l'auteur ne met pas trop de scènes macabres, il s'intéresse plutôt à ce qui peut arriver dans la tête. Bien sûr, certains mécanismes sont un peu gros, par exemple, on a les gentils d'un côté et les méchants de l'autre. Cependant, les méchants ont une psychologie assez intéressante. L'auteur développe surtout celle de Rose, la chef. Outre sa fâcheuse propension à détruire des êtres humains, la chère Rose ne semble pas vraiment évoluée. En effet, il lui suffit de tomber sur un peu de résistance pour commettre bourde sur bourde. Cela fait qu'elle est assez facile à mépriser. À noter que je n'avais pas imaginer comment chaque camp piégerait le camp adverse. J'ai aimé ne pas pouvoir prévoir cela et être surprise par les trouvailles de l'auteur.
J'ai apprécié de retrouver quelque chose déjà exploité (mais différemment) dans «La ligne verte». Je n'y avais même pas pensé, alors que c'est logique.

Les «gentils» ne sont pas parfaits. Par exemple, Abra manque parfois d'humilité. Ce n'est pas la seule chose qui la rend humaine, mais je préfère ne pas donner trop d'exemples. Cela fait qu'ils sont davantage appréciables que s'ils étaient des caricatures de «gentils».

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Julien Chatelet.
Ce livre m'a été offert par les éditions Audiolib.
J'ai été ravie de retrouver Julien Chatelet qui, en plus d'interpréter les livres avec talent, est quelqu'un de très sympathique. Il n'a pas démérité, jouant avec naturel, ne modifiant pas trop sa voix, et le faisant toujours à bon escient. Je regrette seulement qu'il ait prononcé les noms propres contenant des «r» en faisant le «r» anglophone, car pour moi, cela n'est pas naturel.

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mercredi, 22 janvier 2014

Shining, de Stephen King.

Shining

L'ouvrage:
Danny Torrance a cinq ans. Parfois, il fait de drôles de rêves. Parfois, il sait à quoi pensent ses parents.
Son père, Jack, a perdu son emploi à cause d'un incident, et va maintenant travailler dans un hôtel de luxe l'Overlook. Il en sera le gardien pendant l'hiver.

Critique:
Au long de ma lecture, j'ai sans cesse dû me remémorer que ce livre avait été écrit en 1977. En effet, je retrouvais certaines choses que Stephen King utilisa dans d'autres romans. Cela veut dire que «Shining» est, en quelque sorte, l'un des précurseurs de tout le fantastique de l'auteur. Le connaissant un peu, je savais que certaines choses seraient à surveiller. Par exemple, dès que j'ai entendu parler de guêpes, je me suis dit qu'elles allaient jouer un rôle important. À ce sujet, Stephen King parvient très bien à effrayer le lecteur rien que par sa narration de piqûres d'insectes. Je les entendais bourdonner à mes oreilles...!

D'autres choses concernant le fantastique m'ont paru prévisibles. Par exemple, lorsque l'auteur présente ses personnages, puis que d'étranges phénomènes commencent à apparaître, on se doute de qui sera touché, et de qui va basculer du côté sombre. Il y a aussi des mots ou des phrases récurrents: «redrum» («tromal» en français). À ce sujet, je n'avais pas décrypté la signification du mot avant que l'auteur ne la révèle.
Je me suis amusée à chercher des variantes de certains de ces codes dans mes souvenirs d'autres livres de Stephen King. Par exemple, on retrouve les insectes (pas seulement les moustiques) dans «La petite fille qui aimait Tom Gordon», et le personnage dont le fantastique happe la personnalité et y mélange des éléments désagréables du passé dans «Rose Madder». Je ne vais pas faire un catalogue, mais il est sympathique de jouer au jeu de pistes avec ces codes.

Les personnages sont bien campés. On comprendra très bien pourquoi Jack et Wendy sont ainsi. Entre leur passé et ce à quoi ils sont confrontés dans l'Overlook, tout s'explique.

En général, je n'aime pas trop le spectaculaire ou bien le fantastique qui me semble trop prévisible, mais je ne regrette pas ma lecture. D'abord parce qu'à mon avis, ce roman est un classique de l'auteur, mais aussi parce que les éléments fantastiques sont bien décrits, bien ancrés dans la réalité qu'ils perturbent. La preuve est que je suis plusieurs fois entrée dedans, et que j'ai été effrayée (pas seulement par les guêpes). Je compte d'ailleurs lire la suite.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Campbell Scott pour les éditions Recorded Books.
J'aime beaucoup Campbell Scott. Ici, il ne démérite pas. Il sait prendre un ton effrayant, modifier quelque peu sa voix pour certains personnages... Il adopte également le ton approprié lors des chansonnettes qui jalonnent le roman (encore un code affectionné par Stephen King): à la fois joyeux et effrayant. Bref, il interprète ce roman en retranscrivant parfaitement l'ambiance voulue par l'auteur, et sans jamais en faire trop.

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jeudi, 16 mai 2013

22/11/63, de Stephen King.

22/11/63

L'ouvrage:
2011, Lisbon Fals, Maine.
Jake Epping est professeur. Un soir, Al Templeton, le patron du Fatburger où Jake aime bien aller, lui apprend qu'en empruntant un «terrier» au fond de son restaurant, on peut se retrouver en 1958. Al, atteint d'un cancer au poumon, a besoin que quelqu'un accomplisse la mission qu'il ne peut mener à bien: sauver John Fitzgerald Kennedy. Al est persuadé qu'il ne pourra découler que de bonnes choses de cela. Peut-être, pense-t-il, que la guerre du Vietnam sera évitée.

Critique:
Il n'était pas facile d'écrire un roman de ce genre. C'était un pari risqué. D'abord, l'idée du voyage dans le temps a été maintes fois utilisée. Comment ne pas écrire des choses qui auraient l'air terriblement connues? D'autre part, s'attaquer à l'affaire Kennedy n'était pas aisé non plus. D'abord parce que d'autres s'y sont essayés. En suite, si l'auteur voulait que son héros parvienne à empêcher l'assassinat, il devait choisir le coupable de l'assassinat, afin que Jake sache qui arrêter. Il devait, par la suite, construire quelque chose de crédible.
Pour moi, il s'en sort bien, mais pas sur tous les fronts.

J'ai aimé que le voyage dans le temps soit régi par des règles. Certains, à mon avis, ont employé cette idée à la légère. Ici, tout trouve une explication, rien n'est laissé au hasard.
J'ai apprécié les petites correspondances (les échos) qui jalonnent le parcours de Jake. Au début, on peut penser que l'écrivain va s'amuser à disperser des indices, des choses que le lecteur devra reconnecter seul. mais non, le narrateur se charge de montrer les connexions. De ce fait, au bout d'un moment, on les voit sans qu'il ait besoin de les pointer du doigt.

Certains ont aimé ce roman, mais disent être restés sur leur faim. Du coup, je m'attendais à quelque chose de bâclé, de hasardeux. J'imaginais des pirouettes que l'auteur aurait faites afin d'esquiver certaines choses. Pour moi, il n'en est rien. Il n'était pas facile de faire une fin qui s'accorderait avec l'ensemble, et je pense que ce pari est réussi.
Cependant, autre chose m'a gênée, et je me dis que c'est peut-être ce qui a dérangé ceux qui sont restés sur leur faim. À l'instar de beaucoup de ses congénères, l'auteur en arrive à une certaine conclusion. J'ai trouvé cela trop convenu. Je crois que j'attendais autre chose de Stephen King, même si je me doutais que lui aussi en arriverait à cette conclusion.

Je ne sais pas trop à quoi je m'attendais, mais Stephen King ayant acquis une certaine notoriété, j'ai trouvé qu'il aurait pu se passer de certains procédés. Je dois avouer que je les aurais pardonnés à d'autres écrivains qui n'ont pas la renommée de ce romancier. Par exemple, l'histoire d'amour me paraît être un élément convenu que King a jeté dans les pieds de son narrateur afin de le faire trébucher.
J'ai trouvé étrange que l'auteur (ou du moins le narrateur) néglige un élément crucial. À un moment, Jake prend la décision de rester dans les années 60. Soit, mais il ne se dit pas une seule seconde que s'il fait cela, il ne naîtra jamais en 1976, et que s'il ne naît pas, il ne pourra pas revenir dans les années 60, et que s'il ne revient pas pour y rester, il finira par naître, etc. C'est une espèce de répétition du paradoxe du grand-père décrit par Barjavel, et auquel King fait d'ailleurs allusion. Ensuite, les choses tournent de manière à ce que l'auteur n'ait pas besoin d'approfondir cette idée, mais je me demande comment il se serait débrouillé si Jake l'avait maintenue.

Malgré mes petits reproches, j'ai passé un très bon moment avec ce roman. Il y a fatalement des parties moins haletantes que d'autres... Par exemple, il m'a été dur de m'intéresser à la troisième partie, tant la deuxième m'avait captivée. Cependant, l'auteur ne traîne pas, ce qui est un tour de force, étant donné la longueur de l'ouvrage (937 pages, 36h en audio). L'auteur prend le temps de planter le décor des années 60. J'ai aimé le cheminement de Jake à ce sujet. Au début, il se dit qu'il fait peut-être meilleur vivre dans ces années qu'en 2011. Et puis, certaines choses se passent, et il est obligé de nuancer quelque peu son jugement. J'ai apprécié cette absence de manichéisme. J'ai également aimé être plongée dans un décor et une époque que je n'ai pas connus.

Quant à l'affaire Kennedy, je ne m'y étais pas encore intéressée au point de faire des recherches et de lire ce qui peut l'être là-dessus. Pourtant, j'y ai souvent pensé. Dans la postface, l'auteur explique qu'après s'être documenté, son opinion quant à ce qui s'est passé est presque arrêtée, il est sûr à 98%. Il expose ses raisons. Cela donne envie de se faire sa propre opinion en recoupant les sources et en lisant ce qui fut écrit à ce sujet.

Dans la postface, Stephen King explique également que la fin a été trouvée par son fils, lui-même écrivain. Il l'a choisie car il la trouve meilleure que celle qu'il avait imaginée. Je trouve dommage qu'il n'ait pas dit quelle était la fin à laquelle il avait d'abord pensé.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par François Montagut. Ce livre m'a été offert par les éditions Audiolib.

Je pense qu'il n'était pas facile de lire son roman à voix haute. D'abord à cause de sa longueur, mais aussi à cause du jeu que cela demande. Le comédien a fait certains choix. Par exemple, lorsque certains personnages crient, il a pris le parti de dire leurs paroles en criant, et en mettant dans sa voix, l'émotion ressentie par le personnage à ce moment-là. Ici, je trouve cela pertinent, car cela contribue à faire ressentir la tension au lecteur.

Le comédien a également choisi de chantonner les chansons des fillettes à la corde à sauter. Là encore, je trouve le choix judicieux, car cette chansonnette est à la fois source de peur et de réconfort. La retrouver est comme un repère, et en plus, elle exprime la joie des fillettes insouciantes et pleines de vie qui jouent. Mais elle finit par être source d'angoisse à cause de sa récurrence, ce qui fait que le lecteur l'interprètera comme un signe pas forcément bon. Donc, entendre cette chanson gaie dans ce contexte angoissant accroît l'anxiété.

J'ai apprécié que François Montagut ne modifie pas exagérément sa voix pour les femmes. Il le fait beaucoup pour les personnages âgés, et je comprends que cela puisse être agaçant, mais cela ne m'a pas gênée. En effet, il n'a pas pris une voix exagérément chevrotante, ce qui aurait été caricatural. Au passage, il n'était pas aisé d'interpréter Al qui tousse souvent, et dont la maladie altère la voix. Là encore, le comédien s'en sort très bien, rendant le genre de voix qu'aurait Al sans exagérer.

Comme on s'en doutera si on me connaît, j'ai regretté qu'il prononce les noms propres avec un accent anglophone. J'ai aussi regretté qu'il tente de montrer l'accent du Sud de je ne sais plus quel personnage au moment où l'auteur dit que cet accent est très prononcé, en prenant un accent anglophone. Je comprends qu'il ait voulu montrer quelque chose que l'auteur avait souligné, cependant, en français, cela n'a pas de raison d'être. L'accent du Sud est celui du Sud des États-Unis, et pour que la chose soit pertinente, il aurait fallu que le livre soit enregistré dans sa version originale: là, l'accent aurait pu être imité, car il va avec les mots anglais. Je me vois mal parler français en tentant de prendre un accent du Sud des États-Unis! Je pense donc que lorsqu'un accent particulier est évoqué dans un roman anglophone, la personne qui enregistre ce roman en français ne doit pas essayer de le faire.

Comme d'habitude, la lecture est accompagnée de certains effets, par exemple, les appels téléphoniques sont entendus différemment selon l'interlocuteur, lorsqu'un personnage prend la parole dans un micro, il y a un effet de résonance. L'éditeur a poussé le souci du détail: lorsque Jake écoute les conversations d'Oswald par l'intermédiaire d'un magnétophone, on entend un léger souffle qui était caractéristique de ce qu'on obtenait avec ce genre d'appareil. Je trouve bien que l'éditeur ait pensé à ce genre de détail.

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