L'été de cristal

L'ouvrage:
Berlin, 1936.
Alors que le nazisme prend de l'essor, Bernie Gunther, détective privé, est engagé par Hermann Six, riche et influent. La fille de Six, Grette, a été assassinée, il y a peu. Son mari, Paul, et elle, ont d'abord été tués à coups de fusil, puis brûlés. Les bijoux de Grette ont été volés. Or, Six veut les récupérer. Paul, qui en aurait été l'héritier s'il n'était pas mort en même temps que sa femme, les aurait légués au Reich, ce que refuse Six.

Critique:
J'ai lu que ce roman était très prisé, ainsi que sa suite. J'avoue que je me demande pourquoi. Pour moi, rien ne le démarque vraiment d'un polar classique, sauf son contexte politique... et encore.

La structure est classique. Quelqu'un enquête après un meurtre et un vol. Parfois, certains auteurs font du classique, mais le renouvellent en y introduisant une originalité. Ici, je n'en ai pas trouvé. Il y a de petits rebondissements, mais ils étaient prévisibles. L'affaire se complique, mais cela aussi était attendu.
Et puis, pendant un moment, il semble que la route de Bernie soit semée de cadavres et de bagarres. C'est trop spectaculaire.

Quant aux personnages, ils ne m'ont pas paru particulièrement creusés. Bernie est sympathique, certains de ses accolytes le sont également. Mais cette sympathie est quelque peu convenue: c'est le personnage principal, alors il est gentil. Et bien sûr, il comprend que la montée du nazisme est une chose dangereuse.
L'histoire d'amour n'a rien d'exceptionnel. Elle est un peu clichée.

Il y a une piste intéressante: l'auteur se sert du climat politique, du contexte pour construire son intrigue. Certaines choses ne seraient pas allées aussi loin si les circonstances n'avaient pas été telles.
ces circonstances sont utilisées lorsque Bernie tente de retrouver le collier, et se rend chez un bijoutier. Ce qui nous est raconté montre une exploitation habile du contexte.
Philippe Kerr force un peu le trait, et essaie de plonger son lecteur dans la vie quotidienne d'hommes comme Goering, par exemple. C'est intéressant, mais ici, cela m'a semblé artificiel. On voit Goering, il a l'air illuminé et suffisant, mais j'ai la sensation que cela n'apporte pas grand-chose.

L'auteur parsème son roman de petites notes humoristiques, des répliques, des situations... Par exemple, Bernie admire Ilse, et en fait trop. Il s'en rend compte et se moque un peu de lui-même.

Les deux derniers chapitres sont intéressants, car ils décrivent une certaine réalité de manière plus approfondie. Comme cela paraît décroché du reste, cela exprime bien que la vie n'est justement pas quelque chose de figé. Après l'enquête, elle ne s'arrête pas.
Bien sûr, le thème de la seconde guerre mondiale m'agace un peu, parce que beaucoup d'auteurs exploitent cette ficelle, et pas toujours à bon escient. Cependant, ici, cela passe.

Je ne pense pas que je lirai la suite, étant donné mon avis tiède sur le tome 1.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Julien Chatelet.
Ce livre m'a été offert par les éditions Audiolib.
Le lecteur a une voix agréable et dynamique. Il met le ton approprié. Je le réentendrai avec plaisir.
La musique n'est pas trop présente, ce qui me convient.

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