Auteur : Kepler Lars

Fil des billets - Fil des commentaires

lundi, 23 avril 2012

Le pacte, de Lars Kepler.

Le pacte

L'ouvrage:
Pénélope Fernandez et son petit ami, Bjorn, vont passer la nuit sur leur bateau. La soeur de Pénélope, Viola, les rejoint à l'improviste. La soirée tourne au cauchemar lorsque Viola est assassinée. Pénélope et Bjorn doivent fuir un tueur rusé et véloce.

Critique:
Peut-être attendais-je trop de ce roman, après avoir beaucoup aimé «L'hypnotiseur». En tout cas, «Le pacte» ne m'a pas convaincue. D'abord, je m'étais attachée aux personnages de «L'hypnotiseur». Je savais qu'on ne les retrouverait pas (excepté Joona Linna), et je me doutais que j'en serais déçue. Néanmoins, une bonne intrigue et d'autres personnages épais auraient gommé ce désagrément. En ce qui concerne l'intrigue, le livre est inégal. Il y a certains bons rebondissements, l'auteur a su détourner des ficelles classiques. Par exemple, j'ai eu peur qu'il fasse du remplissage avec les scènes où Pénélope et Bjorn sont traqués, or il n'en est rien.
J'ai aimé le rebondissement du chapitre 49.
J'ai également apprécié l'histoire d'Axel.
L'auteur a su créer du suspense pour certaines parties.

Cependant, certaines choses sont très grosses. Il est assez agaçant que Joona sache tout, voie tout, devine tout... C'était amusant et sympathique dans le tome 1, c'est lourd dans le tome 2. À côté de lui, les autres policiers passent pour des fantoches. Et puis, Joona m'agace à ne vivre que pour son travail. C'est ordinairement une attitude louable, mais chez Joona, on dirait que c'est plutôt du mépris pour tout ce qui n'est pas son travail.

Ensuite, je pense que l'auteur se moque de son lecteur. En effet, Joona demande si quelque chose est possible afin de dater une photo. Tout le monde lui dit que non. Là, le lecteur est d'accord. Mais Joona insiste. Et il finit par trouver quelqu'un qui parvient à faire ce qu'il souhaite. Or, cette chose est absolument impossible, car trop de paramètres entrent en jeu. L'auteur met l'intrigue et la vraisemblance au service des caprices de Joona. À partir de ce moment, je me suis détachée du roman, car j'ai eu le sentiment d'être prise pour une imbécile.
De plus, il y a certaines lenteurs. À un moment, les choses stagnent, et cela devient un peu indigeste.
En outre, l'auteur en fait beaucoup trop. Les découvertes ne m'ont pas semblé à la hauteur de l'attnte. Bien sûr, on comprend pourquoi tout cela est fait, mais c'est trop spectaculaire.

D'autre part, dans «L'hypnotiseur», je trouvais que l'auteur avait créé des personnages creusés. Ici, il me semble que ce n'est pas le cas, sauf en ce qui concerne Axel et Beverly. Les protagonistes m'ont paru plats. Peut-être sont-ils trop nombreux pour que l'auteur ait vraiment pu creuser leur psychologie... Même Joona, qu'on côtoie pour la deuxième fois, n'est pas très épais. Il a même l'air un peu caricatural: bourreau de travail, résolvant tout ou presque...

Quant à la fin, elle m'a laissée perplexe. J'ai aimé que l'auteur prenne le temps de la détailler. Mais que faut-il penser de ce qui est dit à Joona? Délire sans importance, ou...? Nous verrons cela au tome 3, si je redonne une chance à Lars Kepler après cette déception.

Remarque annexe:
L'anecdote de celui qui avale un morceau de mouchoir en papier au moment où il répond au téléphone m'a bien fait rire.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Thierry Janssen. Ce livre m'a été offert par les éditions Audiolib.
Comme d'habitude, le lecteur a interprété ce roman avec talent. J'ai été un peu agacée par sa propension à faire des voix différentes pour tel ou tel personnage, mais comme il est coutumier du fait, et qu'habituellement, il s'en sort bien, je me demande si mon exaspération quant à l'intrigue n'aurait pas rejailli sur son interprétation. Je pense don qu'elle n'est pas à mettre en cause.

Acheter « Le pacte » en audio sur Amazon

Acheter « Le pacte » sur Amazon

mardi, 19 avril 2011

L'hypnotiseur, de Lars Kepler.

L'hypnotiseur

L'ouvrage:
Stockholm.
Une famille est sauvagement massacrée. Joseph, l'un des enfants, est retrouvé. Ce n'est plus qu'une plaie vivante. L'inspecteur Joona Linna souhaite l'interroger au plus tôt, car il a peut-être vu l'assassin. Celui-ci va peut-être tenter de retrouver la soeur aînée de Joseph, qui n'était pas à la maison. L'enfant restant inconscient, Joona fait appel à Erik Maria Bark, un hypnotiseur. Celui-ci refuse: voilà dix ans, il a juré de ne plus pratiquer l'hypnose. Cependant, il sera obligé d'obtempérer.

Critique:
Voilà un thriller comme je les aime! Il commence avec ce que nous croyons être une enquête banale. Mais le lecteur sera déboussolé tout au long du livre. L'auteur le promènera à sa guise. Il sera impossible de prévoir le prochain événement. Par exemple, nous savons très vite qui est l'assassin de la famille. Cela perturbe le lecteur qui s'attendait à être traîné d'une piste à l'autre. Cette façon de faire m'a fait penser aux meilleurs thrillers de Serge Brussolo. Le début n'est qu'un prétexte pour ouvrir tout un tas de tiroirs, et emporter le lecteur dans un tourbillon d'événements qui le dépassent.

D'autre part, dans tout roman policier, il y a des ficelles plus ou moins grosses, destinées à faire patienter le lecteur ou à l'égarer. Ici, les procédés sont utilisés très subtilement. Par exemple, on nous conduit bien sur une fausse piste, à un moment, mais elle peut s'expliquer. Bien sûr, quand le lecteur connaît la vérité, il se dira qu'il était évident qu'Erik s'est fourvoyé, alors qu'il n'aurait pas dû. Cette ficelle est un peu expliquée par le fait que l'hypnotiseur est soumis à une forte pression, et doit exhumer des souvenirs qu'il s'est efforcé d'enfouir au fond de sa mémoire. Il est tout de même invraisemblable que l'hôpital n'ait pas enquêté sur chaque patient afin de mieux prévoir leurs actes, avant de les accepter dans un groupe expérimental.
Il y a une autre chose que j'ai trouvée un peu grosse sur le moment, mais l'auteur finit par l'expliquer de manière satisfaisante.
Seule, une chose reste floue, mais on peut trouver une explication. En bonne maniaque, j'aurais préféré que l'auteur l'explicite clairement.

Par ailleurs, Lars Kepler explore un thème aussi étrange et mystérieux que l'hypnose. Je ne sais pas si les théories d'Erik ont été émises un jour, ou si le romancier les a inventées, mais tout est très intéressant. On se rend compte qu'on ne connaît pas grand-chose à l'hypnose. En outre, une personne hypnotisée peut-elle garder son libre arbitre? Erik faisait cela pour aider ses patients, mais qu'en serait-il si cette arme était maniée par une personne mal intentionnée? Jusqu'où peut-on violer l'intimité d'une personne grâce à l'hypnose? L'auteur pose toutes ces questions de manière assez délicate.

Lars Kepler laisse entrevoir à son lecteur une espèce de société souterraine, composée d'enfants caïds qui édictent leurs lois aux autres enfants. Et personne ne voit rien... C'est assez effrayant, et malheureusement, cela semble réaliste.

Comme dans certains romans de Lisa Gardner, on s'attache davantage aux personnages qui ne font que passer plutôt qu'à celui de l'inspecteur. (C'est ce qui m'arrive avec DD Warren chez Lisa Gardner.) Si Joona fait bonne impression sur le lecteur, il n'est pas très épais, comparé à Erik et à Simonne.
On peut admirer la pugnacité de Joona, mais elle est la même que celle d'autres policiers rencontrés dans d'autres romans. On peut déplorer le fait qu'il soit complètement pris par son métier, et n'ait pas le temps d'avoir une vie. Mais on retrouve également ce thème dans beaucoup de romans policiers. Le lecteur peut peut-être mieux comprendre cela grâce à l'anecdote ayant trait à l'enfance de Joona.
Il se distingue tout de même par sa propension à avoir toujours raison, et à bien le faire remarquer. ;-)

Erik a un certain charisme. J'ai aimé sa capacité à s'analyser, notamment lorsqu'il se rend compte qu'il a été poussé à une certaine chose par la vanité. Il navigue entre deux eaux: il veut sauver son mariage, mais fait tout pour laisser les malentendus s'installer. Il se sait accro aux analgésiques, mais ne veut pas l'admettre. Et pourtant, lorsqu'une vie est en jeu, il se soumet à un sevrage draconien. Il a une conscience professionnelle, il tente d'oublier sa prétendue erreur, et pourtant, on la retrouve dans tous ses gestes: sa promesse, l'oubli facile procuré par les cachets, etc. Bref, un personnage très intéressant dont il est assez difficile de parler davantage sans évoquer des points clés du roman.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Thierry Janssen. Ce livre m'a été offert par les éditions Audiolib. Il sort en audio le 20 avril.

Je n'ai pas entendu Thierry Janssen depuis «Sukkwan island». Comme je n'avais pas aimé le roman, je n'avais pas réussi à m'attacher au lecteur, tout en reconnaissant quand même qu'il était talentueux. Dans «L'hypnotiseur», il a eu une plus grande opportunité de montrer ce talent. Outre une voix claire et agréable, une intonation toujours juste, il sait prendre des voix différentes sans que cela fasse surjeu. J'aime bien le type de voix qu'il a pris pour Joona: un peu frêle. J'imagine Joona plutôt petit et fluet. Une voix grave m'aurait paru anachronique.

Acheter « L'hypnotiseur» sur Amazon

Acheter « L'hypnotiseur » en audio sur Amazon