On enterre pas le dimanche L'auteur:
Fred Kassak est un pseudonyme. On remarque d'ailleurs une facétie dans ce pseudonyme, dont le nom est un palindrôme. Le véritable nom de l'auteur est Pierre Humblot. Il a écrit une série de romans policiers à l'humour noir. Il a également été le scénariste du premier épisode de "Les cinq dernières minutes". Certains de ses livres ont été adaptés pour les pièces policières "Les maîtres du mystère". Ce sont des pièces radiophoniques qui passaient à la radio dans les années 60-70. Chaque pièce durait environ une heure, et commençait et se terminait par une musique très caractéristique propre à effrayer. Ces pièces sont ressorties en cassettes, et plus tard en CD (du moins jusqu'au numéro 60), à la fin des années 90.

Fred Kassak est aujourd'hui méconnu, ce qui, à mon avis, est dommage, car ses livres sont assez bons. Il y a du suspense, et même si l'histoire a l'air simple, la chute est toujours brillante.

L'ouvrage:
Il y a eu un meurtre. Trois personnes ont été proches de la victime peu avant sa mort. L'une de ces personnes est actuellement au commissariat. On l'interroge. C'est Philippe Valance. Il nous raconte comment tout est arrivé. Il était étudiant en histoire, il travaillait comme guide au musée Grévin pour se faire un peu d'argent... C'est comme ça qu'il rencontra Margaretta Lundal, une suédoise en visite à Paris. Il tomba amoureux d'elle. Plus tard, elle revint à Paris, et demanda à Philippe de lui trouver un travail de jeune fille au pair. Il fit paraître une annonce, et parmi toutes les réponses, choisit celle des Courtalès. D'autre part, il écrivit un roman décrivant son mal de vivre avant sa rencontre avec Margaretta. Philippe est un être fragile, toujours prêt à se laisser tomber dans les ténèbres. Il était persuadé que rencontrer l'amour le sortirait du gouffre. Il fut donc heureux d'être aimé de Margaretta, et se débarrassa de ses idées morbides.
Plus tard, l'employeur de Margaretta, qui était agent littéraire, lut son manuscrit, et s'enthousiasma pour le livre. Tout allait bien...

Critique:
Ce roman est très court, et très dense. La psychologie de Philippe est bien creusée. Il y a souvent des phrases très percutantes, marquantes. L'histoire paraît assez simple. La chute aussi, si on y réfléchit bien, pourtant, on ne s'y attend pas. Ce roman ira très bien à ceux qui aiment les romans policiers où l'on n'a pas trop peur. Il est assez fin, et il raconte des faits assez simples, des faits de tous les jours...
En outre, il y a un clin d'oeil assez ironique, lorsqu'on se souvient de ce que Georges Courtalès conseille à Philippe d'écrire pour son prochain roman. Il lui donne un sujet, lui assurant qu'il marche toujours. En lisant cela, nous sourions, et pensons que c'est un peu simpliste. On se dit que Courtalès exagère, que le public ne va pas dévorer un roman au sujet aussi bateau. Et pourtant, si on aime le roman de Fred Kassak, il nous prouve qu'il a raison: c'est un sujet qui marche, malgré son air simpliste. Il suffit que l'auteur sache le traiter avec finesse, ait un style percutant, et il en fait un bon sujet.

Il existe un film de 1959: ON N'ENTERRE PAS LE DIMANCHE de Michel Drach avec Philippe Mory en noir et blanc, durée 1h34min.

Éditeur: éditions du Masque.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacqueline Candil Lopez.

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