Harcèlement mortel

L'ouvrage:
Taylor Halstead est conseillère d'orientation dans un lycée. En parallèle, elle anime une émission de radio dans laquelle elle donne également des conseils aux adolescents et à leurs parents.

Cet après-midi-là, Taylor est exténuée, et a un horrible mal de tête. En rentrant chez elle, elle découvre avec déplaisir que Gordon Mallory, le petit ami de sa cousine et colocataire, Stéphanie, est là. Elle se force à lui faire la conversation cinq minutes. Il lui apprend que Stéphanie n'est pas là, qu'il doit bientôt la rejoindre afin qu'ils aillent passer la soirée sur son yacht... Finalement, Gordon agresse Taylor. Elle se défend, mais en vain. Il est sur le point de la violer lorsque Stéphanie l'appelle du hall. C'est le moment de partir. Dépité, Gordon s'en va, mais avant, il ligote Taylor à son lit, et lui dit qu'il reviendra, et qu'en attendant, il la surveillera, l'épiera. Puis il l'étrangle... juste ce qu'il faut pour qu'elle perde connaissance.

Critique:
C'est le premier et le dernier livre d'Andréa Kane que je lis. Pour un lecteur aguerri de romans policiers, celui-là ne sera, au mieux, qu'un repose-cerveau.

Les ficelles sont beaucoup trop grosses.
On sait tout de suite que Gordon n'est pas mort dans l'explosion. On sait que c'est lui qui suit Taylor, dans l'ombre, tout au long du roman. Quand ensuite, on découvre les détails de son plan, on se rend compte que c'est encore plus gros! Je n'en dirai pas trop, mais c'est assez simpliste. En plus, Taylor et Reed mettent très longtemps à se dire que Gordon n'est peut-être pas mort. Le lecteur, qui le sait depuis longtemps, soupire d'exaspération.
Ensuite, Andréa Kane nous balance un éventuel coupable à nous mettre sous la dent: Chris. Non seulement, c'est assez incroyable, et donc elle ne peut pas nous tromper quant à cette piste, mais en plus, ça fait un peu acharnement. Cette pauvre Taylor, tous les hommes la poursuivent de leurs ardeurs!
Quant à l'histoire d'amour, si elle est plaisante à lire, elle est un peu téléphonée, car un peu rapide.

Les personnages ne sont pas très creusés. Taylor et Reed Weston sont parfaits: gentils, responsables, raisonnables, pondérés, ils font tout ce qu'il faut quand il faut... Taylor sait toujours ce qu'il faut faire face à un adolescent perturbé psychologiquement...
La scène entre elle et les parents de Chris m'a agacée. Les parents étaient d'imbuvables idiots, mais elle aussi, en un sens. Pourquoi cherchait-elle des raisons si compliquées au fait que Chris la «harcelait»? Il faisait l'enfant gâté, et c'est tout. Il jouait, et voilà.

Gordon aussi n'est pas très crédible. L'auteur lui a inventé une souffrance dans son adolescence afin d'expliquer son attitude, mais on n'y croit pas vraiment. La façon dont Taylor arrive à le berner est aussi très tirée par les cheveux. (Je ne pense pas vous dévoiler grand-chose en disant qu'elle parvient à le berner, car ce roman policier est des plus classiques et des plus balisés.)

Le personnage d'Alison fait bien rire le lecteur. Plus dinde que ça, je ne sais pas si c'est possible. Je comprends qu'une personne amoureuse gâtifie et ait l'air d'être sur son petit nuage, mais là, ça dépasse les limites! Elle rencontre un homme en octobre, et se marie avec lui en mars! Elle est la caricature de la cruche à qui un homme qui présente bien peut faire avaler n'importe quoi.

Éditeur français: J'ai Lu.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Kathleen McNenny pour les éditions BBC Audiobooks America.
La lectrice a su prendre le ton qu'il fallait. Je trouve dommage qu'à l'instar d'autres lecteurs, elle ait pris d'horribles voix de manière exagérée pour faire certains hommes.

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