La fille d'un soldat ne pleure jamais

L'ouvrage:
Chane Willis a six ans. Son père, Bill Willis, est un grand écrivain.
Après elle, sa mère ne pourra plus avoir d'enfants. Ses parents vont donc adopter un petit garçon, Benoît. Il a le même âge que Chane.

Chane nous raconte l'arrivée de Benoît, puis tous les sentiments qu'elle éprouve à avoir, soudain, un petit frère.

Critique:
Je ne savais pas trop dans quelle catégorie ranger cet ouvrage. La quatrième de couverture nous indique que c'est un roman autobiographique, révélant également que Kaylie Jones est la fille de James Jones.
Mais le livre comporte également l'avertissement que l'on trouve parfois: ce livre est un roman, tout est le fruit de l'imagination de l'auteur, toute ressemblance avec des personnages existants serait fortuite, etc.
J'en ai déduit que c'était une autobiographie romancée, et que l'auteur n'avait fait que changer les noms. Voilà pourquoi j'ai décidé de le mettre dans Autobiographies etc.

J'ai trouvé ce livre très inégal. Au début, lorsque Benoît arrive chez les Willis, Chane nous décrit si bien la scène que nous sommes avec la famille, dans le salon, et nous passons par toutes les émotions des personnages: la frustration et la colère de Chane dont l'univers s'écroule, le bonheur craintif des parents, et surtout, l'incrédulité et la peur du petit garçon.
Ensuite, on comprend Chane qui oscille entre l'amour pour ce petit garçon perdu, et la colère et la haine, parce qu'elle a l'impression qu'il a le droit de faire des choses qu'elle ne peut pas faire. Il est normal qu'au tout début, les parents, ne voulant pas brusquer Benoît, aient été un peu moins sévères. Mais Chane est jeune, et son coeur d'enfant entière souffre et saigne de ce qu'elle croit être une injustice, et qui, pour elle, signifie que ses parents l'aiment moins que le petit frère.

D'autres passages sont émouvants, et nous montre avec intelligence la vie de cette famille. Par exemple, les moments privilégiés entre Chane et son père. Mais beaucoup de passages m'ont fait sortir du livre. Je veux dire que je n'ai pas eu de mal à y entrer, mais les moments qui m'ont ennuyée ont fait que j'ai eu du mal à y rester. Il me semble que le roman traîne... Chane s'appesantit beaucoup sur ses frasques, sur l'amour malsain entre elle et sa nounou... Je ne dis pas que ce n'est pas intéressant. Ces éléments font partie de la vie de la narratrice, il est donc logique qu'elle les ait intégrés à son histoire. Seulement, ces récits m'ont plus agacée qu'attendrie.

La fin fait partie des passages qui font qu'on se replonge dans le livre. Mais après cette fin, on attend autre chose. On aimerait savoir si Billy va essayer de retrouver sa mère. (Non, je n'ai pas rebaptisé Benoît: il change de prénom pendant l'histoire.)

En conclusion, malgré certaines longueurs, le "roman" est à lire, car les sentiments des membres de cette famille les uns pour les autres sont bien décrits.

Éditeur: Belfond.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Thérèse Hayoz pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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