Auteur : Job Armel

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lundi, 13 mars 2006

Les fausses innocences, d'Armel Job.

Les fausses innocences L'ouvrage:
Comme chaque samedi soir, Roger Müller va dans un bar. Dans ce bar, Wanda l'attend. Roger est le client du samedi soir de Wanda. Il a ses habitudes, par exemple, mettre plusieurs fois d'affilée la chanson "Blueberry hill" de Fats Domino.
Il est bourgmestre. Il a trente-six ans, et vit avec sa mère. Il n'est pas marié. Wanda est persuadée que la mère de Roger est une femme castratrice, et qu'elle empêche son fils d'avoir une petite amie.

Ce samedi-là, il y a un orage. En rentrant chez lui, Roger remarque un homme seul sur la route. Il le reconnaît: c'est le médecin de son village, André Stembert. Les deux hommes ne s'aiment pas, mais Roger peut bien ramener André chez lui par cette tempête. Celui-ci a l'air gêné, il monte avec réticence dans la voiture de Roger... Il a des hématomes sur le visage... Il explique à Roger qu'il a eu un accident de voiture, et que c'est pour ça qu'il est à pied. Mais lorsque Roger veut le ramener chez lui, il refuse. Après une hésitation, il avoue qu'il était en train de s'en aller, lorsqu'il a eu son accident. André a rencontré une autre femme, il quitte Mathilda. Roger se met en colère, et ramène André chez lui, avec ordre d'y rester.

Le lendemain, Mathilda, très éprouvée, vient annoncer à Roger que son mari est mort.

Critique:
Le livre démarre assez lentement. Ensuite, on se doute tout de suite de ce qui est arrivé à André. ... Oui, on s'en doute, on ne cherche pas plus loin. Eh bien, on se trompe. Armel Job nous apporte la solution sur un plateau, et on s'empresse de la prendre, du moins, moi. Moi qui suis une habituée des romans à suspense, avec des crimes, je me suis bêtement laissée avoir.
Ensuite, lorsqu'à l'instar de Roger, on finit par changer de théorie, la suite est assez prévisible. Le suspense n'est donc pas la qualité première de ce roman, même si au début, on se laisse prendre.

Mais je ne pense pas qu'Armel Job ait voulu faire un roman au suspense haletant. Ici, l'histoire de meurtre n'est qu'un prétexte pour exhumer les sentiments et les vieilles histoires de la famille Müller, et de Mathilda. Petit à petit, Roger et Mathilda se confient. (En effet, le roman est à deux voix. Certains chapitres sont écrits du point de vue de Roger, et d'autres de celui de Mathilda.) Ils se confient, et on découvre des personnages blessés, s'efforçant tant bien que mal de vivre avec ce qui leur est arrivé.

Armel Job nous montre jusqu'où on peut aller par amour. Roger, sa mère, Wanda et Mathilda agissent par amour. Certains se sacrifient, se mutilent; certains ont des réactions extrêmes pour cacher une trop grande souffrance...
On découvre que tout n'est pas si simple. Roger n'est pas juste un garçon effacé, étouffé par sa mère, comme le croit Wanda, et comme est tenté de le croire le lecteur.

Bizarrement, la fin ne m'a pas déplu. Pourtant, on pourrait dire qu'elle n'est pas si bonne. Oui, mais elle est vraisemblable. En outre, je n'arrive pas à vraiment aimer le personnage de Mathilda. Je lui préfère celui de Wanda. Et entre tous, c'est vers celui de Roger que va ma préférence.

Ce livre est très bon, à mon avis. Il décrit des sentiments extrêmes, des actes difficilement acceptables, et pour ce faire, il plonge dans des esprits tourmentés qu'on ne peut pas s'empêcher de plaindre, voire d'admirer, pour certains.

Éditeur: Robert Laffont.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Thérèse Hayoz pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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lundi, 4 juillet 2005

Héléna Vannek, de Armel Job.

Helena Vanneck L'ouvrage:
L'ouvrage est divisé en deux parties. D'abord, nous découvrons une partie de la vie d'Héléna Vannek, racontée par elle-même. Héléna commence par le récit de la mort de sa mère. Ensuite, elle raconte comment Guido est entré dans la vie de la famille. Officiellement, il est là pour aider le père au travail. Mais il est aussi là un peu pour servir de frère au fils de la maison, qui est totalement déboussolé depuis la mort de sa mère, et depuis un séjour désastreux dans un internat. Tout le monde semble apprécier Guido, d'autant que celui-ci n'hésite pas à s'accuser de certains méfaits pour ne pas impliquer le frère d'Héléna, qui est, en fait, le seul responsable.
Petit à petit, Héléna se rend compte qu'elle aime Guido...

La seconde partie est racontée par le fils d'Héléna. Il a lu le manuscrit de sa mère, et cherche à en savoir plus. Il veut savoir ce que sont devenus les protagonistes du récit d'Héléna. Il ira de surprise en surprise...

Critique:
Ce livre peut paraître banal, voire un peu niais, surtout au début, lorsque le père d'Héléna s'adresse à ses filles, après la mort de sa femme. En fait, c'est un livre très intéressant, et riche, surtout sur la psychologie des personnages. Il nous fait surtout réfléchir sur la façon dont les choses peuvent être interprétées. Héléna interprète certains faits, et le lecteur ne voit pas pourquoi elle se tromperait, car ses arguments se défendent. Certaines de ses déductions sont un peu romanesques, un peu tirées par les cheveux, mais le lecteur pense "Pourquoi pas?". Par ailleurs, le lecteur a pitié d'Héléna qui n'a plus que ses souvenirs et son manuscrit, qui ne peut que ressasser ses déductions, qui passe toute une vie à essayer d'y croire. En effet, étant donné ce qui s'est passé après l'époque dont elle fait le récit, Héléna a été forcée d'admettre qu'elle s'était fourvoyée sur certains points. Le calvaire qu'elle vit touchera forcément le lecteur. Lorsque le lecteur apprend la vérité, il ne peut pas s'empêcher de regretter qu'Héléna ait mal compris certaines choses. Même en sachant que certains personnages ont été heureux, le lecteur leur en veut un peu du malheur d'Héléna. Pourtant, ils n'en sont pas directement et sciemment responsables.

Héléna sait attirer la sympathie du lecteur, surtout lorsqu'on apprend que son père l'a faite interner au lieu de la laisser tranquille, à travailler avec son amie. Héléna n'était pas folle, elle était trop romanesque, et n'avait pas l'esprit de sacrifice. Elle voulait se battre, elle ne voulait pas se résigner à une vie choisie pour elle par son père. Elle aurait peut-être été plus heureuse si son père l'avait laissée vivre et se construire seule. Au moins, elle aurait choisi elle-même sa vie, même si celle qu'elle souhaitait lui était impossible.

Cette critique est un peu floue, car je me rends compte que je ne peux pas dire grand-chose sans parler de la fin, des découvertes que fait le fils d'Héléna. Je m'en excuse, mais ayant bien aimé ce livre, ayant été touchée par Héléna, j'ai voulu le faire partager.

Éditeur: Robert Laffont.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Françoise Dufour pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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