Auteur : Jeury Michel

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lundi, 9 juillet 2007

Le jeune amour, de Michel Jeury.

Le jeune amour

L'ouvrage:
Les années 50.
Gil Jallas a dix-sept ans. Il rêve de devenir un grand écrivain. Il s'essaie d'ailleurs à écrire quelques textes, et participe même à un concours entre amis.
Après avoir passé la première partie de son bac, il songe à travailler, car ses parents ne roulent pas sur l'or. Sa mère, Félicia, travaille dans une usine. Justement, le patron de cette usine, Adrien Lécuyer, a trouvé un travail pour Gil. Il met juste quelques conditions à cela. L'une de ces conditions est que Félicia et Marie, une autre ouvrière, travaillent au nettoyage de maisons lui appartenant. Une condition sous-jacente est que Marie devienne sa maîtresse.
Il faudrait aussi que Félicia et Marie fussent ses oreilles à l'usine.

Gil est heureux d'entrer dans la vie active. Il se fait un ami en la personne d'Yvon Pelot, l'un de ses collègues. Les deux hommes deviennent très vite complices.
Yvon est le seul à connaître le secret de Giles: celui-ci est amoureux de Marie.

Critique:
Voilà un roman du terroir sympathique. Le décor de l'après-guerre, les émois d'un adolescent qui se cherche, des personnages qui s'aiment, ne s'aiment plus, se laissent prendre au jeu des apparences...

Gil est doux, attendrissant. Un drame va le pousser à grandir peut-être un peu vite. En même temps, il perdra sa candeur, et acquerra une nouvelle assurance. C'est également après ce drame, après que Gil aura traversé cette épreuve que son amour pour Marie se concrétisera.
Le drame arrive à un moment où le livre commençait à s'essouffler. Cela fait qu'il prend une tournure inattendue.

Le roman est majoritairement détendant. Il y a beaucoup de traits d'humour, et de situations cocasses. Par exemple, Yvon et Gil s'amusent du talent qu'a ce dernier à imiter une écriture, voire une signature. Ce don aurait d'ailleurs pu lui porter tort, après l'accident.
Une scène m'a donné le fou-rire. Rien que pour cette scène, le livre est à lire. Pour ceux qui écouteraient la version audio publiée par les éditions VDB, cette scène se trouve à la fin du CD numéro 3. Personnellement, je n'ai absolument pas vu venir la chute!

Certains personnages inspirent la compassion: Isabelle, Aurélie, le garde, Pierre... C'est le côté sombre du roman. Il est léger, mais les souffrances et les blessures de certains personnages le rendent plus grave, par moments.

C'est un roman sympathique, dont les personnages sont attachants, sauf un qui est vraiment cruel. Il réussit à détendre et à faire réfléchir à la fois.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Christophe Caysac pour les éditions VDB.

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lundi, 19 décembre 2005

La petite école dans la montagne, de Michel Jeury.

La petite école dans la montagne L'ouvrage:
1908.
Victor Chambost, 29 ans, est instituteur. Il est nommé dans le petit village de Saint-Just, dans le mont Pilat. Le maire, Louis Malatret, aurait voulu une école mixte, mais les moeurs sont encore trop frileuses, et il y a une classe de garçons, où officiera Victor, et une classe de filles, où travaille Emilie Gilbert, depuis quelques années.

Dans sa classe, Victor fait une découverte: un jeune berger, quasi abandonné, Colin Plasson (dit Colinet), qui a la soif d'apprendre. Il dévore ses livres de classe, s'attaque aux problèmes les plus ardus... C'est lui, la locomotive de la classe. Grâce à lui, certains s'accrochent, et Victor espère avoir au moins trois ou quatre candidats au certificat.

Mais un jour, tout bascule. La mère de Colinet meurt, et son oncle trouve inutile que l'enfant continue ses études. Il veut faire de lui un meunier, comme lui-même. Colinet aurait pu se résigner, n'étant qu'un enfant, mais le petit garçon hypersensible qui versait des torrents de larmes parce que les chiens dans "Rémi sans famille" étaient morts, vivra cela comme une tragédie, et une trahison de la part de Victor, qui, pourtant, fera tout pour l'aider.

Critique:
Je m'attendais au genre de livres comme "Le fils du pauvre" de Mouloud Feraoun ou "La rue cases nègres" de Joseph Zobel. Je pensais: un instituteur découvre un jeune prodige, il va le hisser jusqu'à de brillantes études. Ça avait l'air sympathique, mais un peu rebattu, comme thème. Surtout que quand on a lu "L'année du certif" et "La classe du brevet", du même auteur, on s'attend à un livre de ce genre. Heureusement, il se passe des choses qui détourne le livre de la voie qu'on lui trace. D'abord, Colinet ne peut pas continuer ses études. Il est condamné à être confiné dans un travail qu'il n'aime pas, dans une famille qu'il n'apprécie peut-être pas, puisqu'elle l'empêche de s'adonner à sa passion. On imagine pour lui une vie étriquée, pleine de déceptions, une vie qu'il passerait à en mourir. Là encore, cela ne se passe pas ainsi. Michel Jeury arrive à nous surprendre, et c'est très bien.

Il y a une chose à laquelle on s'attend un peu: l'histoire d'amour. On n'en n'est pas absolument sûr, mais on la voit venir. Pourtant, elle ne déçoit pas, lorsqu'elle arrive. Elle est attendue, mais pas téléphonée. Je la trouve assez jolie.

D'autre part, certains personnages sont très intéressants.
Victor est attachant.
Le maire est intéressant, car il a l'air d'être ouvert, et d'avoir des idées progressistes, tout comme sa femme, "la Reine Constance".
Julie est un peu l'archétype du personnage prisonnier qui veut s'en sortir. On est content qu'elle puisse réaliser son rêve.
Quant à Emilie, elle est parfois agaçante. Elle a des idées que je partage, mais, peut-être à force d'être brimée, à force de voir à quel point certains sont rétrogrades, elle est très sarcastique, ironique, et parfois, agressive. Elle veut faire passer ses idées, mais ne s'y prend pas correctement. On est d'accord avec ce qu'elle veut faire passer, mais sa méthode fait grincer des dents. Pourtant, on ne peut s'empêcher de se demander comment on réagirait à sa place.

C'est un livre très plaisant, que j'ai beaucoup aimé lire. ... La déception de la fin fut d'autant plus cruelle. En effet, quelque chose qui ne m'a pas plu arrive à la fin, quelque chose de totalement inattendu, et de gratuit. Bien sûr, je suis soucieuse de réalisme et de vraisemblance dans les romans, et on me dira que cette fin est tout à fait réaliste, et vraisemblable. Soit, mais si la chose qui ne m'a pas plu n'était pas arrivée, le livre aurait été tout aussi vraisemblable et réaliste. Dans les romans, quand une fin heureuse n'est pas tirée par les cheveux, je la préfère nettement à une fin triste. Et là, cela n'aurait pas été tiré par les cheveux. En outre, quand on connaît Jeury pour les deux ouvrages précédemment cités, on s'étonne de cette fin. J'aimerais bien savoir pourquoi il a fait une telle fin.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Christophe Caysac pour les éditions VDB.

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