Auteur : Jessop Carolyn

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mardi, 18 juin 2013

Triumph, de Carolyn Jessop.

Triumph

À ma connaissance, ce livre n'a pas été traduit en français.

L'ouvrage:
Carolyn Jessop raconte un événement qui arriva peu après la publication d'«Escape». Une jeune mormone appela la police, et expliqua qu'elle avait été forcée d'épouser un homme ayant plus du double de son âge alors qu'elle était mineure. À partir de là, une grande enquête est menée dans la communauté mormone de Colorado City. Carolyn témoignera, étant donné que cela touche la communauté dans laquelle elle vécut une grande partie de sa vie.

Critique:
Si vous avez aimé «Escape», ne vous attendez pas à adorer «Triumph». Je pense qu'elle l'a écrit parce qu'«Escape» avait connu un grand succès (il est resté douze semaines dans la liste des best-sellers), et qu'elle a voulu surfer sur la vague. Bien sûr, «Triumph» n'est pas à rejeter, mais il ne faut pas s'attendre à être aussi captivé que par «Escape».

Carolyn commence par raconter la perturbation que fut ce procès auquel elle dut participer. Cela fut éprouvant pour plusieurs raisons, l'une étant qu'elle dut côtoyer ces gens qu'elle avait voulu fuir. Par exemple, elle fut confrontée à Barbara contre laquelle elle dut témoigner.
Même si cette partie m'a intéressée, je l'ai trouvée un peu longue, car je m'étais surtout attachée à Carolyn et à ses enfants. Bien sûr, j'ai été effarée de voir l'ampleur des abus, et je me suis demandé comment il était possible d'être à ce point inhumain.

Ensuite, Carolyn raconte des épisodes qu'elle vécut alors qu'elle était mariée à Merril, dont certains qu'elle n'avait pas racontés dans «Escape». Cela fait un peu remplissage, même si les épisodes inédits m'ont intéressée.
D'autre part, elle reparle de l'adaptation de chacun après leur fuite. Elle répond également à la question que je me posais concernant sa fille, Betty. Personnellement, je ne comprends toujours pas le choix de Betty...

À un moment, Carolyn explique que pour aller de l'avant, il faut pardonner. Elle admet que ce n'est pas facile, mais elle pense que c'est nécessaire pour se libérer de certaines entraves. Elle explique que pour elle, pardonner ne veut pas dire tout accorder aux personnes qui l'ont blessée, mais qu'elle doit cesser de vouloir que la justice triomphe. Je comprends cela, mais pour moi, cela ne s'appelle pas pardonner, mais recouvrir la personne d'une indifférence teintée de mépris. Pour moi, pardonner signifie qu'on aura à nouveau des relations avec la personne.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Ann Marie Lee pour les éditions Random house audio.

Acheter « Triumph » en anglais sur Amazon

lundi, 17 juin 2013

Escape, de Carolyn Jessop.

Escape

À ma connaissance, ce livre n'a pas été traduit en français.

L'ouvrage:
Carolyn Blackmore naît et est élevée dans une communauté mormone: la FLDS (Fundamentalist Church of Jesus Christ of Latter-Day Saints). Cette communauté pratique la polygamie. À dix-huit ans, Carolyn est mariée à Merril Jessop, qui a trente-deux ans de plus qu'elle et trois femmes.
Carolyn raconte ici sa vie de sa naissance jusqu'après sa fuite avec ses huit enfants, dix-sept ans après son mariage.

Critique:
Je n'ai qu'un véritable reproche à faire à ce livre: la chronologie n'est pas totalement respectée. En effet, pour apâter le lecteur, Carolyn commence par le récit de sa fuite. Puis elle revient en arrière. Elle raconte sa naissance, son enfance, etc. Puis elle raconte ce qu'il se passa après sa fuite. Je trouve dommage que la chronologie ait été ainsi bouleversée, même si j'ai bien compris que le but était de commencer par quelque chose qui impressionnerait le lecteur.

À part cela, je me suis plongée dans ce livre qui passionne par plusieurs aspects. D'abord, comment ne pas être touché par l'histoire de cette femme? Comment ne pas se mettre à sa place? Comment ne pas se dire qu'à sa place, on n'aurait pas été si courageux? En effet, j'aime à penser que j'aurais eu son esprit critique et son courage, mais je ne peux le dire.

D'autre part, les religions et les sectes fascinent et effraient toujours ceux qui savent à quoi s'en tenir à leur propos. Lire la façon dont des tyrans profitent de la religion pour persécuter femmes et enfants, pour s'arroger tous les droits sur eux, lire tout cela est vertigineux. La manipulation psychologique est reine. Si certains hommes manipulent et rabaissent leurs femmes, ils s'attaquent également aux enfants. À cause de ce climat malsain, femmes et enfants tentent également d'exercer leur tyrannie sur les uns et les autres...

Carolyn fait bien la différence entre la religion qu'elle connut enfant et adolescente et ce qu'en ont fait des «prophètes» comme Warren, et des hommes comme Merril. Pour bien montrer cette différence, elle met en regard, à la fin, le comportement de son père et celui de Warren. Cela ne veut pas dire que nous devons approuver la polygamie et croire ce que prônent les mormons, mais Carolyn s'attache à montrer qu'il y avait des degrés, et que sa vie n'a pas toujours été horrible. Bien sûr, elle ne connaissait que cela, voilà pourquoi elle n'a pas souffert de sa vie, au départ.
La jeune femme n'oublie pas de parler d'autres personnes brimées (Foneta et Ruth), ou courageuses, mais qui n'avaient pas les moyens de s'enfuir (Linda).

Lorsqu'elle évoque sa vie en tant que quatrième femme de Merril, on découvre la complexité des rapports entre femmes. Chez Merril, en tout cas, c'était une guerre perpétuelle à laquelle les enfants participaient: espionnage, dénonciation (afin d'être préféré(e) par le patriarche), coups bas... guerre des nerfs. J'ai vite compris pourquoi Foneta et Ruth étaient devenues ce qu'elles étaient.
J'ai trouvé Cathleen et Tammy instables... À un moment, je me suis demandé si elles n'avaient pas été amalgamées. Parfois, l'une semble stable, et l'autre non; puis, c'est l'inverse...

En tant que personne extérieure, et ayant, en plus, un esprit très dubitatif, j'ai du mal à comprendre comment on peut croire que si une femme obéit à son mari, il l'emmènera au paradis. Lorsque Merril et Warren rebattaient les oreilles de tous avec cette rengaine, je me demandais toujours comment une idée si simpliste et infantile pouvait leur ôter leur libre arbitre, et les empêcher de penser à ce qu'ils subissaient dans cette vie.

J'ai eu du mal à comprendre la décision finale de Betty, une fille de Carolyn. Je la comprends jusqu'à un certain point, mais il me semble qu'elle a été prise pour de mauvaises raisons. Bien sûr, je ne suis pas dans la tête de Betty, donc je ne peux pas vraiment subodorer. J'en saurai peut-être plus en lisant «Triumph», qui, apparemment, raconte ce qui arriva ensuite. Il paraît que Betty aurait également écrit un livre, ou du moins, en avait l'intention.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Ann Marie Lee pour les éditions Random house audio.
Encore une fois, j'ai été ravie de retrouver la talentueuse Ann Marie Lee, qui s'attache toujours à montrer les émotions de l'auteur sans jamais trop en faire. Pour ce livre, je pense qu'il aurait été très facile de surjouer.

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