Les enfants-rats

L'ouvrage
2025.
À force de mauvaise gestion, le gouvernement français n'a fait qu'appauvrir le pays. Les riches vivent «à la surface». Dans les égouts, vivent des hordes d'enfants qu'on a fini par baptiser les enfants-rats. La loi des égouts est sans pitié: il faut se battre pour survivre, tuer avant d'être tué.

Irielle, dix-sept ans, est dans la rue depuis sept ans. Elle refuse de vivre avec une horde, elle tente de préserver son humanité aux côtés de Jode qu'elle a recueilli bébé, qui la considère comme sa «petite maman», et à qui elle apprend ce qu'elle sait. Mais la jeune fille sait que sa situation est précaire. Elle doit souvent voler. En outre, elle n'est pas à l'abri des hordes souterraines.

Critique:
On pourrait dire que certaines choses sont un peu grosses, dans ce livre. Par exemple, le courage et le savoir-faire d'Irielle. On peut attribuer cela à son éducation, à son expérience, à son caractère. Cela est donc vraisemblable. Ensuite, on pourrait penser que certaines choses s'agencent trop bien pour être vraisemblables, par exemple, la façon dont un personnage est «retrouvé». Cela ne m'a absolument pas gênée. D'abord parce que j'ai été contente de trouver certains repères au milieu de ce monde chaotique. Ensuite, parce que le comportement d'enfants comme Irielle, Jode, et Nolane, ou d'adultes comme Smog et ses compagnons me redonne quelque peu espoir, alors que je côtoie énormément d'adultes et d'enfants égoïstes et irresponsables. Enfin, j'ai été happée par le monde décrit par Françoise Jay. Je pense qu'il n'est pas si éloigné dans le temps justement parce que la France pourrait tomber dans un monde de ce genre. C'est de la science fiction réaliste.
On pourrait reprocher le fait que Yentlane soit simplement avide de pouvoir, et donc, peu crédible. Ce personnage ne choque pas parce qu'il n'est absolument pas invraisemblable. Des Yentlane, il y en a beaucoup, malheureusement.

Étant pour la jeunesse, ce livre fait passer de manière simple et claire certaines idées intéressantes. Irielle montre que l'instruction est essentielle afin de vivre en harmonie avec ses semblables. La jeune fille réfléchit, acquiert du savoir dans les livres. Smog et ses amis, ainsi que certains enfants, montrent l'importance de la solidarité, de l'entraide. Tout cela me fait dire que certains adultes feraient bien de lire ce roman, et de se regarder un peu.

J'ai apprécié le fait que les enfants-rats, une fois attrapés par la police, ne soient pas réprimés et maltraités. Bien sûr, leurs conditions de vies ne sont pas idéales, mais la société fait ce qu'elle croit être le mieux, et ce n'est pas si terrible.
J'ai apprécié que certains enfants, hors des égouts, loin d'une bande, ne soient pas forcément de petits caïds.

Un livre envoûtant, réaliste, humain, qui ne souffre d'aucun temps mort.

Je ne terminerai pas cette chronique sans une citation.
«Heureusement que tu as peur, et j'espère que le doute et la peur ne te quitteront pas au profit de l'arrogance, de la certitude, et du désir de tirer profit de ta fonction. Le pouvoir apporte avec lui de terribles tentations.»

Éditeur: Plon.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour la Ligue Braille.
À l'instar de «La dernière licorne», ce roman a été enregistré par une classe d'un lycée, en Belgique afin que des personnes ne pouvant lire «en noir», y aient accès. Si j'avais préféré certains lecteurs de «La dernière licorne» à d'autres, j'ai apprécié la lecture de chacun des adolescents qui se chargèrent de «Les enfants-rats». Chacun a trouvé une intonation sensible et naturelle. Je les remercie pour leur implication.

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