Comme une tombe

L'ouvrage:
Michael Gharrison va se marier. Ce mardi soir, il enterre sa vie de garçon. Ses amis comptent bien se venger de tous les tours qu'il leur a joués. C'est ainsi que Michael se retrouve enterré au sens propre. Il est dans un cercueil sous terre, dans la forêt. Ses amis lui ont laissé un talky walky, un magazine pornographique, et bien sûr, la possibilité de respirer grâce à un trou par lequel passe un tube. Goguenards, ils lui promettent qu'ils reviendront dans deux heures.
C'est alors qu'ils ont un accident.

Critique:
Le défaut majeur de ce livre est sa lenteur. Elle est présente tout au long du roman. Certains auteurs savent mieux remplir que Peter James. Ici, on voit les grosses ficelles, on voit pourquoi elles sont là... Bien sûr, le début plonge le lecteur au coeur de l'action. Mais c'est un trompe-l'oeil: seul le début ne traîne pas.

Pour donner quelques exemples:
L'auteur use de ficelles que le lecteur aguerri reconnaîtra. Quand Dave trouve le talky walky, j'ai tout de suite su que cela allait traîner. Dave dit bien que personne ne doit savoir qu'il l'a. En plus, comme il est un peu lent à prendre la réelle mesure des choses, tous les éléments étaient là pour que ça s'étire en longueurs.
Quand Michael attend et pleure dans son cercueil, les longueurs sont davantage supportables parce que le lecteur ressent la peur du personnage, et que certaines choses évoluent. Cela reste très long.
D'une manière générale, l'auteur montre plusieurs fois, et sans réelle évolution, les mêmes personnages. On comprend bien que tel personnage veut que Michael reste dans son cercueil, que d'autres pleurent, etc. Cette espèce d'inertie, de piétinement m'a vraiment ennuyée.

L'auteur tente un tour de passe passe en jetant un coupable en pâture au lecteur. Ainsi, celui-ci le soupçonnera tout en se disant que ça ne peut pas être lui, parce que ce serait trop facile... La solution quant à ce personnage est très attendue.
Ensuite, l'auteur sort une carte de sa manche, mais ce n'est pas vraiment une surprise. Là encore, c'est très convenu, et c'était préparé. L'attitude de Marc ne pouvait s'expliquer qu'ainsi.

Mis à part Roy Grace, les personnages sont brossés à très grands traits. Michael est ambitieux, un peu inconséquent, mais gentil. Marc est faible et dévoré de jalousie. Quant à la personne qui tire les ficelles, elle est froide, manipulatrice... Bref, c'est très manichéen. Ces personnages m'ont davantage exaspérée qu'autre chose.

La fin est quelque peu palpitante, grâce à la course-poursuite. Mais là encore, c'est trop long!
La façon dont une partie de l'énigme est résolue (ce qui se passe au chapitre 90), est bien amenée tout au long du roman. Qu'on soit d'accord ou pas avec la méthode, l'auteur a su faire en sorte que le lecteur fasse confiance au personnage, et qu'il ne rejette pas la façon de faire. C'est une des rares subtilités du roman.

Apparemment, ce livre est le premier des aventures de Roy Grace. Je trouve dommage de n'avoir pas accroché à l'énigme principale, car j'aimerais savoir ce qui se passe ensuite dans la vie de Roy.

Note pour ceux qui ont lu le roman:_
Il y a une incohérence. Pourquoi Vic ne dit-il pas à Michael qu'Ashley est la principale instigatrice de son malheur? Lui qui est si jaloux se serait délecté à la pensée de le faire davantage souffrir.

Éditeur: éditions du Panama.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Bernard Delannoy pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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