Emergency 911

L'ouvrage:
À sept ans, Maggie Hunt a été kidnappée dans sa chambre. on ne l'a jamais retrouvée. Aujourd'hui, elle aurait quatorze ans. Tout le monde la croit morte, sauf son père, Ian.
Ce jour-là, Ian, qui répond aux appels passés au 911, en reçoit un de Maggie. Il la reconnaît tout de suite. Elle n'a que le temps de lui dire que celui qui l'a enlevée est à ses trousses. Elle le décrit, puis Ian entend des bruits de lutte. S'engage alors une course-poursuite effrénée.

Critique:
Si vous vous attendez à un thriller psychologique, ne lisez pas ce roman. En revanche, si vous aimez les longues traques parsemées de cadavres et menées par des personnes instables et prêtes à péter un câble à tout moment, ce livre est pour vous! Malheureusement pour moi, je m'attendais à un thriller psychologique. L'idée de départ me rappelait «Fleur de cimetière» et «Twist». Je m'attendais donc à tout autre chose. Ryan-David Jahn n'hésite pas à accumuler les clichés et les invraisemblances pour servir au mieux sa traque.

Il est par exemple gros que Ian ait reconnu la voix de sa fille sans hésiter. Mais cela n'est pas trop grave. Après tout, pourquoi pas? En revanche, il est invraisemblable que la fillette prenne le temps de décrire ses vêtements, de décrire son kidnappeur, et ne se concentre pas plutôt sur le fait de donner l'identité du fou à son père. Bien sûr, elle est affolée, et répond aux questions d'Ian. Il est donc encore plus gros que celui-ci ne commence pas par demander le nom du ravisseur.
Ensuite, il n'est pas très crédible que Ian parvienne à se lancer à la poursuite d'Henry avec sa blessure à peine soignée...
Le roman fourmille de choses de ce genre.

Si la psychologie d'Henry et Béatrice est quelque peu développée, si les choses s'expliquent les concernant, ce n'est pas la même chose concernant Maggie. Il n'est pas très logique qu'elle ait tenu sept ans sans devenir folle, surtout qu'elle a été enlevée très jeune. Bien sûr, l'auteur explique comment elle parvient à ne pas sombrer, mais ce n'est pas très convaincant. Cela aurait été crédible si elle avait été enlevée alors qu'elle était un peu plus âgée et si sa séquestration avait duré moins longtemps.
Ensuite, le lecteur ne peut que louer et admirer Maggie pour son courage. Certes, mais si elle avait été un peu plus futée, elle aurait agi différemment.

Au départ, la structure du livre ne m'a pas plu, car c'est artificiel. Le premier chapitre montre la scène du coup de téléphone, puis les quelques chapitres suivants sont des retours en arrière ou le récit de la manière dont Maggie s'échappe et Henry la récupère. Tout cela est très lent. L'effet de lenteur est surtout produit parce que le lecteur sait ce qui arrive avant que les détails ne soient racontés.
D'ailleurs, tout au long du roman, Maggie fera des tentatives d'évasion, et à chaque fois, Henry la rattrapera. Ces tentatives sont supposées faire monter angoisse et tension... cette répétition m'a plutôt ennuyée.
Par la suite, la structure est un peu moins brouillonne qu'au début, mais l'auteur traîne beaucoup, d'une manière générale.

Remarque annexe:
Je trouve dommage que le titre français soit en anglais. Soit il fallait garder le titre VO («The dispatcher»), soit donner un titre en français. Je trouve incroyablement snob (et même un peu ridicule) de remplacer un titre VO par un autre titre dans la même langue.

Éditeur: Actes Sud.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacques Zurlinden pour la Bibliothèque Sonore Romande.
J'apprécie ce lecteur à la voix agréable, sympathique, apaisante. Ici, je trouve dommage qu'il ait prononcé certains noms anglophones (comme Henry) avec un semi-accent.

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