La sexygénaire n'a pas dit son dernier mot

L'ouvrage:
Marisha a cinquante-neuf ans. C'est alors qu'elle décide de tenir un journal.

Critique:
Quelle joie de se plonger dans ce texte frais, plein de tonus, décrivant la vie d'une sexagénaire pleine d'entrain! Marisha bouscule hardiment tous les clichés sur les personnes âgées, les piétine allègrement avec conviction, et montre bien qu'elle ne veut surtout pas qu'on les lui applique! On ne peut rien contre le vieillissement: Marisha, elle, peut en prendre les bons côtés, jouir de la vie, la croquer goulûment! Et elle ne s'en prive pas!%%Quel bonheur de lire ses réflexions sur la vie, les gens, le sport, certains poncifs, etc. Quelle jubilation de lire les excès de mauvaise humeur de Marisha, qui reconnaît elle-même qu'elle est une râleuse. (Mais elle, contrairement à certains, elle grogne pour des choses qui en valent la peine.) Cette mamie, qui met ses défauts et ses gaffes en avant en les montrant bien du doigt, est une bouffée d'oxygène.

Outre ce personnage haut en couleur, Virginia Ironside aborde avec délicatesse, et en évitant les clichés, les thèmes de la vie. Comment ne pas rire et compatir au récit des aventures de Penny? Comment ne pas être attendri par la façon dont Marisha couve son petit-fils, alors qu'elle ne s'inquiétait pas autant pour son fils? Et pourtant, elle les aime tous les deux. Mais l'état de grand-mère n'est pas le même que celui de mère. Et bien sûr, on a aussi peur que Marisha, James, et Huggy (qui l'expriment tous trois différemment), quant à l'échéance de la toux d'Huggy. Là encore, l'auteur évite les clichés tout en dépeignant avec brio les aléas de la vie.

Tout ce que nous raconte Marisha est généreusement arrosé d'une bonne dose d'humour. Outre les situations amusantes (le coup du thermomètre, par exemple), il y a la façon de s'exprimer de notre sexygénaire. Même lorsqu'elle se compare à une mégère (notamment lorsqu'elle met la distance nécessaire à une bonne cohabitation entre elle et Michèle), c'est le rire qui prime.
Il est assez dur de faire rire. Beaucoup d'auteurs se fourvoient en créant des situations énormes et attendues. Ici, ce n'est pas du tout le cas. Ce livre est un vrai régal! À savourer, et à consommer sans modération!
Il va de soi qu'aucune longueur n'est à noter. Certaines choses sont un peu attendues, mais elles sont finement amenées, et la plupart du temps, avec bonne humeur, donc on ne les reprochera pas à Virginia Ironside. Par exemple, je savais qui serait le nouveau petit ami de Michèle, et le lecteur se doutera de l'issue du roman.

Éditeur: Nil.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Rose Delaloye pour l'Étoile Sonore.

Acheter « La sexygénaire n'a pas dit son dernier mot » sur Amazon