Auteur : Ibbotson Eva

Fil des billets - Fil des commentaires

lundi, 4 février 2008

Reine du fleuve, d'Eva Ibbotson.

Reine du fleuve

L'ouvrage:
maya Fielding est orpheline. Elle est sous la tutelle d'un avocat. Elle étudie dans une prestigieuse école londonienne.

Un jour, on lui apprit qu'on avait retrouvé de lointains parents de son père. Les Carter acceptaient de la prendre dans leur foyer. Maya fut folle de bonheur, malgré le fait que ces gens habitassent en Amazonie. La perspective d'un endroit si exotique l'effraya bien un peu, mais elle se raisonna en pensant que si les Carter pouvaient vivre là-bas, elle aussi. Elle fut également ravie d'apprendre que le couple avait deux jumelles d'environ son âge: Béatrice et Gwendoline.

Critique:
On passe un bon moment avec ce livre. Je lui ai tout de même préféré "Recherche sorcière désespérément", car certaines choses m'ont gênée.
Par exemple, Eva Ibbotson exploite une ficelle déjà exploitée dans "Recherche sorcière désespérément". (Je ne sais pas quel livre est antérieur à l'autre, mais la ficelle se retrouve dans les deux.) C'est celle de l'acteur devant jouer un rôle pour des personnes données.

En outre, la famille Carter est un peu caricaturale. On comprend bien le caractère des jumelles, étant donné que leur mère est ainsi, mais c'est tout de même caricatural. Ce qui leur arrive à la fin est un peu moralisateur. Pourtant, le lecteur ne peut s'empêcher d'avoir la réaction sûrement escomptée par Eva Ibbotson: malgré le côté tiré par les cheveux, on est satisfait du devenir de la famille Carter.
Il est également un peu décevant que Maya soit sans défauts. Le livre étant pour la jeunesse, cela se comprend: on présente aux enfants une jeune fille qui ne fait que le bien.

Il y a quand même quelques retournements de situations auxquels je n'avais pas pensé: ce qui se passe au moment où les "corbeaux" ouvrent la trappe, par exemple.
D'autre part, la romancière sait plonger son lecteur au coeur du Brésil, nous présenter sa faune, sa flore, ses habitants... Elle montre aussi la cruauté et la fermeture d'esprit de certains, qui ne veulent pas comprendre le mode de vie des indigènes, et ne les respectent pas.

La fin est un peu dure à croire. On n'imagine pas que l'avocat prendra une telle décision. Malgré son invraisemblance, j'ai aimé cette fin.
Donc, en dépit de quelques côtés un peu agaçants, je vous recommande ce livre.

Éditeur: Albin Michel jeunesse.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Nadine Wergifosse pour la Ligue Braille.

Acheter «Reine du fleuve» sur Amazon

lundi, 30 avril 2007

Recherche sorcière désespérément, d'Eva Ibbotson.

Recherche sorcière désespérement L'ouvrage:
Arriman Canker est un sorcier puissant. C'est le sorcier le plus noir qui existe. Il répand le mal.
Mais un jour, Arriman se rend compte qu'il s'ennuie. Il a envie de se reposer, et de passer le flambeau. Une voyante lui prédit que bientôt, un grand sorcier très puissant viendra prendre le relai.
Arriman attend... attend... Rien. Son maître d'hôtel, Lester, un ogre, lui conseille de se marier. Le grand sorcier dont lui a parlé la voyante est sûrement le fils qu'il aura avec une sorcière: la plus noire sorcière qu'il trouvera. Arriman est très ennuyé. Il ne veut pas se marier. Pourtant, il se résout à cette solution.
Un concours est lancé: toutes les sorcières de la ville de Todcaster devront exécuter le tour le plus noir possible. Arriman prendra pour épouse celle dont le tour sera le plus maléfique.

Belladonna est une sorcière blanche. Elle n'arrive pas à faire de magie noire. Ce concours la met au désespoir, car elle aime follement le grand sorcier. Elle rêve de l'épouser. Mais elle n'y parviendra jamais, étant donné qu'il choisira la sorcière la plus noire.

Critique:
Certains comparent ce livre à «Harry Potter«. Il faut savoir que cet ouvrage a été publié en 1979, bien avant l'écriture d'«Harry Potter«.

C'est un roman pour la jeunesse.
Je suis assez méfiante envers les romans pour la jeunesse, car certains auteurs en produisent des tonnes, et ils sont insipides. Ici, j'ai été agréablement surprise. L'intrigue fantastique se double d'un peu de suspense. En outre, l'humour de ce livre est très bon, à mon avis. Il rappelle un peu celui de Terry Pratchett, en moins déjanté, tout de même.

Les sorcières ont des caractères assez particuliers. Bien sûr, quelques-unes sont un peu cliché, comme par exemple les soeurs jumelles, Nancy et Nora Gueulard, qui passent leur temps à se disputer. Le cliché est tout de même bien exploité, car les disputes nous font rire au lieu de nous ennuyer.
La «méchante« sorcière aussi est un peu caricaturale: elle est méchante pour être méchante. Elle veut le pouvoir. Elle n'a pas vraiment de motivation.
Par ailleurs, on devine tout de suite qui sera la femme d'Arriman. Mais on ne sait pas comment cela sera possible, et finalement, on n'est pas déçu par la tournure que prennent les événements. Eva Ibbotson ne fait pas quelque chose de trop téléphoné.

Tout cela passe bien, grâce aux passages et aux personnages amusants: les amoureux qui deviennent gâteux et bêtifiants, le craken qui poursuit Arriman, le monstre à trois têtes... En outre, trois sorcières ne réussissent pas leurs tours, et cela engendre des situations comiques. De plus, certains noms de personnages sont drôles: outre les soeurs Gueulard, il y a la mère O'dboudin, et Estelle Bagafoin.

Ensuite, il y a le suspense. Je n'avais pas deviné qui était le puissant sorcier qui devrait relayer Arriman. Je l'ai compris en même temps que le sorcier lui-même. La romancière a donc réussi à me surprendre.

Le livre recèle quelques clins d'yeux à des contes très connus. Par exemple, il reprend le chiffre sept, (il y a sept sorcières), cher aux contes: «Le petit Poucet«, «Blanche-Neige et les sept nains«, «Barbe bleue«...
L'histoire du chevalier Simon qui tua ses sept épouses rappelle également «Barbe bleue«.
La famille de Mabel Varech, (et son nom) rappelle «La petite sirène«.
Le tour de la mère O'dboudin fait penser à «Les cygnes sauvages« d'Andersen.
Enfin, le premier résultat obtenu par la mère O'dboudin évoque «Le vilain petit canard« en creux.
La romancière s'amuse à évoquer quelques contes pour en parodier les situations. Je trouve que c'est une bonne idée, car si le roman est lu par de jeunes enfants, ils s'apercevront que les contes peuvent être parodiés, ou qu'on peut s'en moquer gentiment.

C'est un livre frais. Il faut le lire pour se détendre, et également si on a envie d'une jolie histoire. Contrairement à certains romans pour la jeunesse, ce livre n'est absolument pas gnan gnan. Le fantastique, l'humour, le suspense et la bonne humeur en sont les ingrédients.

Éditeur: Albin Michel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Philippe Lachaud.

Acheter « Recherche sorcière désespérément» sur Amazon