De toutes les couleurs

L'ouvrage:
Tout commence le jour des quarante ans d'Isabel Grant. Nous la découvrons, ainsi que les personnages qui gravitent autour d'elle: son mari (Dan), leur fille (Sylvie), leur femme de ménage (Gwen), l'amie d'Isabel (Carlotta).
Peu après, Dan apprend que son meilleur ami, Gilbert Beyley (dit Bert), revient de New York où il a passé plusieurs années.%%Tout ce monde va se côtoyer pendant quelques semaines.

Critique:
C'est un livre sympathique, un livre repose-cerveau. Il ne laissera pas un souvenir impérissable, mais plutôt agréable, même si certains événements semblent tirés par les cheveux.

Cette espèce de quadrille, d'amitié amoureuse, ou tout simplement de moment d'égarement entre certains personnages, tout cela est un peu gros. C'est plus crédible dans le cas de Bert que dans celui de Dan. Bert se rend compte de quelque chose qu'il n'avait pas vu auparavant. Pour lui, cela arrive à un moment précis, mais en fait, c'était déjà là.
Quant à Dan, c'est compréhensible, mais s'il est si attaché à sa femme qu'il le dit, si cela n'avait été qu'un moment d'égarement, il est tout de même peu crédible que cela soit survenu aussi brusquement, malgré les circonstances.

Les personnages masculins sont plus sympathiques que les personnages féminins.
Isabel semble charmante, attentive à tous, désireuse de bien agir... pourtant, je n'ai pas aimé ce personnage. J'ai l'impression que sous ce vernis, elle est égoïste (on ne peut absolument pas l'interrompre quand elle travaille), hautaine (à travers ce qu'elle dit, elle semble avoir une haute opinion d'elle-même), froide.
Et puis, le fait que son affaire de masques ait si bien marché au bout d'un an, voire moins, n'est pas crédible. Elle explique qu'elle a bénéficié du bouche à oreille, et c'est vrai que c'est ce qui marche le mieux, mais ce n'est pas ce qui fait prospérer une entreprise en si peu de temps.

Quant à Carlotta, Angéla Huth a souhaité nous montrer une femme frivole qui, justement, n'est pas si écervelée que cela. La démarche est louable, car elle signifie qu'il ne faut pas se fier aux apparences, ce que beaucoup de gens ont tendance à faire, mais j'ai trouvé cela peu crédible.

Le personnage de Gwen est sympathique. Seulement, le lecteur est un peu étonné d'apprendre que Gwen adore ce qu'elle fait. Elle aimerait le faire dans sa maison par désir d'habiter dans un endroit propre et bien rangé, je comprendrais tout à fait, mais elle adore le faire chez les autres, et surtout chez les Grant. Là encore, je comprends qu'elle s'entende bien avec eux, de là à adorer briquer et astiquer leur maison et leurs affaires...
Elle est aussi un peu crédule. Pour une femme de son âge, c'est un peu choquant.
Mais c'est tout de même un personnage positif, car elle n'a pas eu une vie facile, et est toujours souriante et aimable. Elle en est d'ailleurs récompensée par sa rencontre amicale, et par l'une des conséquences de son agression. Le lecteur sourit, d'ailleurs, en repensant à Gwen se disant qu'elle ne passera jamais une seule nuit dans une chambre du genre de la chambre d'amis des Grant.

Dan et Bert ont l'air un peu plus fouillés, plus creusés, plus sympathiques, plus humains qu'Isabel et Carlotta.

L'auteur choisit d'écrire du point de vue des personnages. Chacun prend tour à tour la parole, comme s'il écrivait son journal. Cette façon de faire est très intéressante, car on a vraiment l'impression d'être dans les pensées du personnage, de partager son intimité, un peu comme s'il se confiait au lecteur.
En outre, il est toujours amusant de lire les points de vue et les réflexions des personnages les uns sur les autres. Ici, on rit de lire que Sylvie et Carlotta pensent la même chose l'une de l'autre. Il est également fascinant de découvrir que A voit une facette de B, alors que C verra B sous un autre angle. Cela donne plus d'informations au lecteur de différentes sources. Cela donne des portraits plus complets.

Éditeur: Quai Voltaire.

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