Ton tour viendra

L'ouvrage:
À quatre ans, Mike est abandonné par son père sur une aire de jeu.
Trente ans plus tard, Mike est marié et a une fille de huit ans. C'est alors qu'il se sent menacé par des hommes qui entrent chez lui, lui communiquent d'étranges messages...

Critique:
Le côté positif de ce livre est que les événements s'enchaînent très vite, et que le lecteur n'a pas vraiment le temps de se demander ce qu'il se passe. De plus, pendant une grande partie du livre, on est aussi perdu que Mike: on n'arrive pas à assembler les pièces du puzzle.
À un moment, on ne peut prévoir d'où viendront les coups, et on ressent bien la détresse de Mike qui est coincé de tous les côtés à la fois.
Et puis, on s'attache aux personnages.

À travers l'histoire de Mike et de Chep, Gregg Hurwitz montre une réalité où une enfance malheureuse ne précipite pas forcément dans la déchéance. Bien sûr, Chep n'est pas très reluisant, mais l'auteur s'arrange pour le rendre sympathique en montrant plusieurs facettes de ce personnage complexe. Il est réconfortant que Mike aime une femme comme Annabel et ait un ami comme Chep. Cela permet de créer des passerelles, rien n'est figé. Bien sûr, tout ne peut pas toujours se passer ainsi, mais il est bon de lire un roman où tout n'est pas forcément catégorisé.

Le livre compte 59 chapitres. Je l'ai trouvé moins palpitant à partir du chapitre 46. Je ne sais pas trop à quoi je m'attendais, mais la solution de l'énigme m'a paru très plate. J'ai trouvé que le tout retombait comme un soufflé raté. Je ne sais pas quelle résolution j'aurais souhaitée, mais pour moi, elle n'est pas à la hauteur du reste. Cela ne me fait pas déconseiller le livre. Il reste un bon moment. D'autre part, la solution ne décevra peut-être pas tout le monde.

La scène où Dodge est chez les Wingate avec son matériel, et rencontre les trois personnages en parvenant à ce qu'ils ne le voient pas est un peu grosse. Mais elle m'a également fait rire. Certes, son but était d'effrayer...

Il y a des incohérences.
On n'ouvre pas la porte à un policier sans lui demander sa carte, alors qu'on se sait menacée, et qu'on sait que la police n'est pas toute blanche.
Il est un peu gros qu'un garçonnet oublie son nom de famille et le prénom de sa mère. Vous me direz que l'enfant en question avait quatre ans et était choqué...
Si on peut admettre que Mike n'ait pas été retrouvé, à l'époque, il est difficile de penser que les «méchants», avec tous leurs moyens sophistiqués, n'aient pas su immédiatement où se trouvait la fille de Mike. L'auteur pallie cette incohérence rapidement, mais on ne peut que la remarquer.

Éditeur: Michel Lafon.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marie-Thérèse Gréau pour l'association Valentin Haüy.
Je n'ai pas l'orthographe exacte du nom de la lectrice, je lui présente donc mes excuses si celui-ci est mal écrit.

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