Moissons troubles

L'ouvrage:
Parnello est marchand de tableaux. Seulement, s'il ressent qu'un acheteur ne saura pas comprendre un tableau, il ne le lui vend pas, même si on lui en propose une somme raisonnable, voire plus élevée que ce que vaut le tableau.
C'est ce qui arrive lorsqu'il acquiert un tableau à une vente aux enchères. Il tombe d'abord sur une jeune femme extrêmement déçue qui lui explique que le tableau faisait partie de la collection de son grand-père, puis sur quelqu'un qui veut le lui racheter en lui offrant un gros bénéfice. Peu après son refus, Parnello constate que le tableau lui a été volé. C'est alors qu'il se lance à sa poursuite. Il n'est pas au bout de ses surprises.

Critique:
Ce livre me laisse un sentiment mitigé. Par certains côtés, il est très bien. D'abord, l'intrigue est bien agencée. Je me doutais bien que tous les morceaux épars avaient un lien, mais je ne voyais pas lequel. J'ai donc trouvé intéressante la façon dont tout s'est emboîté.

Ensuite, certains personnages sont intéressants: Parnello, Alexandra, la mère d'Alexandra, et bien sûr, le grand-père d'Alexandra.
Parnello est intègre, c'est une qualité d'autant plus rare qu'il se débat dans un monde de requins où l'argent est brassé à hauteur de plusieurs centaines de milliers de dollars à chaque transaction, et il serait facile que tout cela lui monte à la tête.
Alexandra et sa mère évoluent dans une espèce de carcan oppressant. Elles ne peuvent pas se débarrasser du passé aussi bien proche que lointain. La mère d'Alexandra, malgré son apparence fragile, est quelqu'un de fort, qui lutte sans arrêt pour tenter de voir la vie du bon côté.
Quant au grand-père d'Alexandra, l'intérêt du lecteur vient d'abord du fait que ce personnage dévoile un pan de l'histoire. (N'étant pas très documentée, je ne sais pas jusqu'à quel point l'auteur a pris des libertés avec l'histoire.) Ensuite, ce personnage intéresse le lecteur, parce qu'il a réfléchi, et a fait preuve d'esprit critique, ce qui est d'autant plus méritoire qu'à son époque, il valait mieux être un mouton si on tenait à sa peau.

Ensuite, le livre contient une petite dose d'humour. Bien sûr, elle est minime, mais présente. L'humour est représenté par un personnage qu'on voit peu: celui qui, au début, s'empare d'«icônes», et déclenche tout sans le savoir.

Pourtant, j'ai trouvé des défauts. D'une part, les longueurs. Elles sont trop nombreuses. Elles retardent et diluent l'intrigue.
Ensuite, certaines choses sont prévisibles. On devine grosso modo ce qu'est le secret du grand-père d'Alexandra. On devine aussi très vite quel rôle joue l'un des personnages, et on se demande pourquoi Parnello ne le voit pas venir, car l'intervention dudit personnage est un peu tirée par les cheveux.
Ensuite, le thème de la deuxième guerre mondiale est souvent repris par moultes écrivains. Pour moi, cela le dévalorise en le galvaudant. Même si de nombreux aspects de cette période sont à étudier et à raconter, il me semble que tout le monde s'y essaie, c'est un peu comme si tous les écrivains se battaient pour écrire autour de ce thème, ce qui n'est pas forcément bénéfique, car tout le monde n'a pas le même talent, surtout concernant un thème aussi important.

Éditeur: Fayard.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Patrick Kaplan pour l'association Valentin Haüy.

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