Auteur : Higgins Clark Mary

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samedi, 2 juillet 2011

Quand reviendras-tu?, de Mary Higgins Clark.

Quand reviendras-tu?

L'ouvrage:
Le révérend O'Brian écoute une étrange femme en confession. Elle explique qu'un meurtre va être commis, qu'elle est complice, et ne peut plus arrêter la machine. Puis elle s'enfuit.

Zan Morland est décoratrice d'intérieurs. À présent, elle est en compétition pour la décoration d'une série d'appartements avec son ancien patron, Barclay Lange. Elle espère bien remporter le marché.
Zan souffre d'une blessure datant de bientôt deux ans: la disparition de Mathiew, son enfant de trois ans, enlevé dans le parc, tandis que sa baby-sitter, Tiffany, s'était assoupie. Alors que l'anniversaire du petit garçon approche, un rebondissement inattendu survient. Un touriste a photographié la scène de l'enlèvement de l'enfant. On voit une femme le sortant de sa poussette. Cette femme, c'est... Zan.

Critique:
Il y a longtemps que je fuis Mary Higgins Clark, trouvant ses romans insipides. Cependant, la présentation de «Quand reviendras-tu?» parlait de vol d'identité. Ayant apprécié (en grande partie) «Talk talk», j'ai voulu savoir comment Mary Higgins Clark aborderait ce sujet. Je me suis même laissée aller à penser qu'elle s'était peut-être renouvelée.

Il n'y a pas vraiment de renouveau. D'abord, le livre fourmille de lenteurs, surtout exprimées par des choses ressassées. Par exemple, Zan larmoie beaucoup quant à la disparition de son fils, et quant au fait qu'on l'accuse, au mieux d'être folle. En général, dans ce genre de situations, le lecteur ne pourra que compatir et partager la peine de l'héroïne. Cela a été mon cas, mais j'ai trouvé que l'auteur s'appesantissait beaucoup trop là-dessus. On voyait bien qu'elle faisait du remplissage.
D'autre part, le «méchant» répète plusieurs fois ses plans. Il les modifie en fonction de ce qui arrive, mais ses répétitions m'ont également fait trouver le livre poussif.

En outre, l'auteur utilise toujours les mêmes ficelles afin de retarder la révélation d'un indice.
D'abord, un personnage est agacé par un détail qui ne colle pas, mais qu'il n'arrive pas à faire émerger de son inconscient. Ici, c'est le révérend. J'ai d'ailleurs trouvé étrange qu'il ne tique pas quant à la voix, puisqu'il a tiqué concernant les mains.
Ensuite, un autre personnage pense détenir quelque chose, mais soit il se dit qu'il se fait des films, soit la personne à qui il veut en parler est exaspéré par lui, et l'envoie balader, même gentiment. Ici, cela arrive avec l'ancien alcoolique travaillant pour Kevin, puis lorsque Penny veut raconter quelque chose à Alvira, et que celle-ci demande à Willy d'aller sonner à la porte afin de lui fournir un prétexte pour qu'elle raccroche.
Tous ces indices éclatés, retardés, dilués, c'est assez agaçant, car on voit bien les gros sabots de la romancière.

Il y a, bien sûr, les fausses pistes. D'habitude, Mary Higgins Clark se donne la peine d'embrouiller le lecteur en envisageant plusieurs coupables, ou, si elle n'en présente qu'un, plusieurs autres sont possibles. Ici, elle pointe le coupable du doigt... en effet, il n'y a pas 36000 possibilités, et comme elle nous dit d'en soupçonner un, on va soupçonner l'autre. On pourra même imaginer son mobile.

Les personnages n'ont rien de spécial. J'avoue quand même m'être attachée à Mathiew, un peu à Zan, et un peu au révérend. Sans oublier Penny, qui, malgré le fait qu'on trouve des personnages de ce genre dans d'autres romans, et qu'ici, rien ne la démarque de ces protagonistes, ne manquera pas de faire rire et d'attendrir le lecteur. Et puis, Bernie et Penny, ça m'a fait rire. ;-)
J'ai eu un peu peur, au début, lorsque je suis tombée sur Alvira Meehan. Je ne l'aime pas. Elle m'exaspère. C'est une espèce d'épigone de miss Marple, et elle n'est pas du tout crédible. Heureusement pour moi, elle n'est pas le personnage central du roman, et est moins pénible que dans ceux que j'ai lus.

J'ai trouvé très gros que Glory parvienne à ce point à se faire passer pour Zan. (Rassurez-vous, je ne vous apprends rien, car on sait cela assez vite.) L'auteur explique certaines choses pour rendre le tout vraisemblable, mais je trouve que cela l'est peu.

La police ne se démarque pas vraiment. Comme dans beaucoup de romans, elle suit les indices qui crèvent les yeux, et ne cherche pas à en savoir plus.

Même si l'auteur renoue avec un topos de ses romans (l'histoire d'amour entre l'héroïne et un gentil jeune homme parfait), ici, c'est un peu moins téléphoné.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Juliette Croizat.
Ce livre m'a été offert par les éditions Audiolib. Il sort en audio le 6 juillet.

Je me souviens que mon appréciation de Juliette Croizat dans «Rapt de nuit» était plutôt tiède. Eh bien, après l'avoir entendue dans «Quand reviendras-tu?», je n'ai qu'une chose à dire: j'espère que ses lectures audio seront plus fréquentes! Sa lecture n'est plus du tout hachée, et ne semble plus forcée. Elle parvient à «pleurer» naturellement, ce qui n'est vraiment pas facile. Elle rend également très bien la colère, et là encore, je ne peux que l'applaudir, car je suis sûre qu'il est très facile de cabotiner quand on veut jouer un personnage furieux. Enfin, j'adore son interprétation de Mélissa, ainsi que celle de Penny. Rien que pour le jeu de la comédienne, je ne regrette pas de m'être laissée tenter, même si le livre m'a déçue.

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mardi, 29 mars 2011

L'ombre de ton sourire, de Mary Higgins Clark.

L'ombre de ton sourire

L'ouvrage:
Olivia Moreau a plus de quatre-vingts ans. Elle est très fatiguée. Après consultation, son cardiologue, Clay Hadley, lui apprend qu'il lui reste deux ou trois semaines. La vieille dame s'interroge: doit-elle dévoiler le secret de l'une de ses cousines, religieuse aujourd'hui disparue? Cela ne serait-il pas un bien, finalement?
Tout le monde n'est pas de l'avis d'Olivia...

Critique:
J'aimais bien Mary Higgins Clark quand j'étais adolescente, mais voilà des années que je la trouve insipide. J'ai lu ce roman pour une seule raison: la comédienne qui l'a enregistré.

Habituellement, Mary Higgins Clark présente des meurtres (ou d'autres faits illicites), et on se traîne péniblement jusqu'à la fin où on apprend le nom du coupable. Elle utilise également la vieille ficelle qui consiste à jeter plusieurs coupables possibles en pâture au lecteur.
Au moins, ici, la tactique change quelque peu. Le lecteur sait déjà pratiquement tout dès la première moitié du roman! Je suis contente de ne pas avoir été confrontée au schéma courant, mais je ne sais pas si celui-là est beaucoup mieux. Certes, l'auteur cache quelques détails, mais il n'y a pas de quoi se pâmer devant le suspense insoutenable qu'elle fait planer.
L'intrigue est assez lente et sans réelles surprises. Il est aussi un peu gros que tant de choses se recoupent. Vous me direz que quand certains événements sont liés, le roman est bon. Soit, mais il est bon lorsque les liens sont finement exploités. Ici, tout est très gros.

Les personnages ne sont pas très creusés: il y a les gentils, les méchants avide de pouvoir et d'argent... Parmi les méchants, on distingue quand même trois catégories: les intéressés, mais qui n'ont pas de cerveau (Renée, Greg), les intéressés qui agissent mal et se flagellent (Clay), et ceux qui agissent froidement, sachant parfaitement qu'ils font le mal (Douglas Langdon et sa complice).
Seul, Peter est peut-être un peu plus fouillé: il agit parfois stupidement, le reconnaît... il réfléchit, se remet en question...
Scott n'est pas très crédible. Il entreprend des recherches sérieuses, mais son but n'est pas totalement désintéressé. En outre, il passe pour un malade mental, à poursuivre Monica de ses ardeurs comme un psychopathe.

J'ai eu beaucoup de mal à adhérer à la théorie du miracle accompli par soeur Catherine. Je pense que ce genre de choses a dû arriver, mais je crois que l'auteur l'a mal amené... sûrement que là aussi, c'était trop gros pour moi.
De plus, il est vrai que j'ai énormément de mal à comprendre comment certains peuvent entrer au couvent, et choisir une vie austère. Pour moi, cette austérité va avec une certaine bigoterie qui est synonyme de fermeture d'esprit. J'ai donc eu du mal à voir soeur Catherine comme quelqu'un d'ouvert, et donc comme quelqu'un pouvant accomplir des miracles. Je pense qu'il aurait fallu que tout cela fût plus nuancé pour que j'y croie. En effet, je sais que le raisonnement exposé ci-dessus est simpliste, et que choisir une vie austère n'est pas synonyme de bigoterie. Ici, cela ne m'a pas paru crédible, voilà tout.

Remarque annexe:
Deux personnages (qui évoluent dans des sphères totalement différentes), ont des noms qui se ressemblent: Sally Carter et Sammy Barber. ;-)

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Caroline Beaune pour les éditions Audiolib.

J'aime beaucoup Caroline Beaune en tant que comédienne de doublage. Pour ceux qui ne la situeraient pas, je pense que son «rôle» le plus connu est celui de la voix française de Dana Scully dans la série «X-files». J'ai tenu à lire ce roman parce que j'étais persuadée qu'elle était une bonne interprète. Je ne me suis pas trompée. Outre sa belle voix, elle met le ton approprié sans cabotiner. Je lui reprocherai juste sa façon de prononcer certains noms anglophones en tentant d'y mettre un accent, ce qui, pour moi, n'est pas naturel...
J'espère qu'elle enregistrera d'autres livres, et que, contrairement à celui-ci, je les lirai parce que j'apprécie leurs auteurs!

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