Les requins de Trieste

L'ouvrage:
Bruno de Kopfersberg a disparu. On a retrouvé que son yacht, venu s'échouer sur la côte. Le commissaire Protéo Laurenti est chargé de l'enquête. Il a un vieux compte à régler avec Kopfersberg. Il y a vingt-deux ans, Élisa, la femme de ce dernier s'est noyée en mer. Laurenti est convaincu que Kopfersberg a tué sa femme. Il n'a jamais pu le prouver.

Critique:
Je n'ai pas été convaincue par ce roman. L'intrigue est sans véritables surprises. Dès que l'un des personnages parle de filles que les policiers ne doivent pas voir, le lecteur devine les tenants et les aboutissants de cette phrase. En outre, cet aspect n'est pas assez exploré. Lorsque l'auteur nous dévoile ce que nous savons déjà, il aurait peut-être pu se rattraper quelque peu en analysant la psychologie des personnages concernés, leurs motivations, leurs craintes, leurs espoirs... On me dira que le thème ayant été abordé à maintes reprises dans d'autres livres et séries, l'auteur n'aurait fait que répéter du remâché, mais comme cette partie de l'intrigue était très facile à deviner, ça n'aurait pu qu'y ajouter de l'épaisseur.

On ne devine pas vraiment qui a tué Kopfersberg, mais lorsque l'auteur nous le révèle, ce n'est pas une énorme surprise. C'est même logique. Cela a été préparé au long du livre par certaines affirmations de témoins.

Un autre écueil est celui du policier corrompu qui joue double jeu. Ça a tellement été utilisé que là encore, même si on ne s'en doute pas, la surprise n'est pas réelle.

Les personnages comme Tatiana et son frère ne sont pas très creusés. Tatiana ne se donne même pas la peine de jouer la comédie devant les policiers, ce qui la rend tout de suite suspecte.

Les seuls aspects du roman qui m'ont intéressée sont les intrigues secondaires, à savoir les rapports entre Protéo et sa famille. Pour moi, ce décor a été bien mieux planté, les personnages ont été bien mieux analysés que le reste de l'intrigue. L'intrigue secondaire est bien mieux soignée que l'intrigue qui passe au premier plan.
Le lecteur comprend bien que Laurenti soit réticent à la participation de sa fille au concours, mais il comprend aussi Livia. Cette dernière peut paraître un peu superficielle, mais après tout, elle a vingt ans, elle a le droit de s'amuser, et de tenter une chose dont elle aimerait la réussite.
J'ai également aimé les scènes entre Protéo et son fils, Marco. Ce sont des scènes banales, mais qui montrent bien la complexité des rapports entre un père et son fils. Et puis, le personnage de Marco m'a amusée, ainsi d'ailleurs que celui de la mère de Protéo.
Enfin, les rapports entre Protéo et Laura sont également bien analysés. Ils sont parfois tendus, mais le lecteur comprend les raisons des deux personnages.

En bref, je pense que l'auteur devrait peut-être se reconvertir dans le roman social ou familial, et abandonner les intrigues policières.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par François Berland pour les éditions Sixtrid.

Acheter « Les requins de Trieste » sur Amazon

Acheter « Les requins de Trieste » en audio sur Amazon