Le bon père

L'ouvrage:
Daniel Allen, adolescent, tue un sénateur candidat à la présidence de plusieurs balles. Paul, le père du jeune garçon, veut croire en son innocence. En outre, il se livre à une introspection qui l'aiderait à comprendre son fils.

Critique:
Ce roman me rappelle un peu «Défendre Jacob», de William Landay, car on retrouve le thème du père qui veut comprendre pourquoi son fils aurait fait une chose si abominable. Ici, tout en souhaitant croire en l'innocence de son fils, Paul analyse le passé. Il est intéressant de savoir par quelles affres passent les parents de personnes accusées de meurtre. Sans complaisance, Paul explique qu'il a été un père absent. Il se demande si cela a été déterminant quant à la personnalité de son fils. Il cherche également des causes physiologiques. S'il est vrai qu'un enfant délaissé aura davantage de mal à se construire, cela ne fait pas tout. Le raisonnement de Paul est compréhensible. Outre qu'il a besoin de trouver une cause à l'acte de son fils, il souhaite affronter sa part de responsabilité, si infime soit-elle, dans l'évolution du garçon. En outre, il se raccroche de toutes ses forces au fait que Danny est innocent, tant pour tenter de sauver leur relation que pour ne pas que son monde s'écroule, qu'il reste quelque chose à faire. Ce père se met à nu devant le lecteur. Il m'a profondément touchée, et je l''ai compris.

À côté de lui, Fran (sa femme) et Ellen (la mère de Danny) m'ont paru bien fades. Il aurait été intéressant d'entendre le point de vue d'Ellen, car elle aurait peut-être paru moins superficielle.
quant à Fran, il m'a semblé que sa compassion était feinte. Son amour pour son mari n'allait pas jusqu'à une compréhension totale de ce qu'il faisait. Il était logique qu'elle souhaite qu'il tourne la page, mais elle aurait dû penser d'abord à lui, et avancer des arguments plus altruistes qu'égoïstes.
Outre Paul, les personnages qui m'ont touchée sont les Kirkland qui savent faire la part des choses et aller à l'essentiel.

Danny gardera une part de mystère. Le roman ne laisse aucune ambiguïté quant à ce qu'il a fait, mais ses réactions m'ont parfois semblé contradictoires. Il m'a déroutée. Ce n'est pas forcément une mauvaise chose.

Ce roman m'a plu, car il soulève certaines questions, décortique des façons de faire et des points de vue. Je n'ai qu'un petit reproche à faire: plusieurs fois, le cours de la narration est interrompu par le récit de la vie de tueurs. Paul met certains traumatismes et façons d'être de ces tueurs en avant pour bien marquer le contraste avec Danny qui ne présentait pas de signes flagrants de dérangement mental. C'est intéressant, mais cela devient lassant.

Éditeur: Gallimard.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.

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