Le piège de la botaniste

L'ouvrage:
Juliette Deschamps (dite Julia) est dans sa voiture. Elle vient d'être braquée par un jeune homme en cavale, Denis. Sous la menace de son pistolet, il la contraint à l'emmener chez elle. C'est alors que commence une douloureuse cohabitation.

Critique:
L'idée de départ est bonne. En outre, le livre n'est pas lent à démarrer, il commence alors que Julia vient de se faire braquer. Rapidement, l'auteur entraîne son lecteur dans les pensées de son héroïne, et le précipite dans l'action. Tout cela est prometteur. Seulement, ça tourne au soufflé raté, du moins, pour moi.
Ma réaction est peut-être primaire, mais je ne peux pas m'identifier aux personnages (et donc, m'impliquer dans le livre), si je n'éprouve pas de sympathie pour eux. Et alors là, comment éprouver de la sympathie pour ces deux énergumènes! L'auteur nous décrit leur vie passée, montrant les grandes souffrances qu'ils ont connues, afin d'expliquer leur caractère, de les dédouaner, et de faire en sorte que le lecteur les excuse. Ils ont souffert, soit, mais si toutes les femmes ne pouvant avoir d'enfants devenaient aussi perverses que Julia!!! Il est plus logique de penser qu'elle était déjà perverse, et que sa frustration a été l'accélérateur de l'expression de cette perversité.

Le début prometteur est remplacé par de longs retours en arrière destinés à raconter la vie des personnages, et à les faire mieux connaître au lecteur. En fait, ce sont des longueurs. Cela aide le lecteur à cerner les personnages, il est vrai, mais c'est bien trop long. Le début n'est donc qu'un leurre. On croit qu'il n'y aura pas de temps morts, mais ils se cachent au long du livre.
Ensuite, on assiste à un défilé de scènes de tortures toutes plus raffinées les unes que les autres, et qui nous fait déplorer l'existence d'êtres humains aussi malfaisants, aussi noirs, aussi retors. Les personnages sont tellement écœurants qu'on finit par s'ennuyer à lire leurs assauts de perversité, et qu'on sort du livre aussi vite qu'on y est entré, devenant un spectateur distant, voire indifférent.

D'autre part, si la police fait son travail, elle est bien lente à agir.
Il est également un peu curieux que Georges, qui connaît bien Julia, n'ait pas pris toute la mesure de sa perversité et de toute l'horreur qu'elle devrait lui inspirer.

Je me suis demandée si la théorie de Julia quant aux hommes-végétaux (disons cela ainsi), était fondée sur des études outre les siennes, ou si elle sortait tout droit de l'imagination de l'auteur. On aurait tendance à dire que c'est inventé de toutes pièces, mais sait-on jamais?
Par ailleurs, cette théorie a déjà été exploitée (et bien mieux), par Serge Brussolo dans «Le carnaval de fer».

Bref, je ne recommande pas ce livre pendant lequel je me suis ennuyée.

Éditeur: Ramsay.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marina Sergeant pour la Ligue Braille.
Si le livre m'a déplu, j'ai apprécié la lecture fluide et vivante de Marina Sergeant. Elle lit sans trop en faire, tout en évitant parfaitement la monotonie.

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