Le goût des pépins de pomme

L'ouvrage:
Bertha est morte. Elle a légué sa maison à Iris, sa petite fille. Celle-ci s'y rend, afin de décider de ce qu'elle en fera. C'est alors que les souvenirs qu'elle a de sa famille ressurgissent.

Critique:
J'ai eu du mal à entrer dans ce roman. Il est un peu déroutant que la narratrice évoque des gens qui ne sont pas là. Elle nous présente ses tantes, ses parents, ses grands-parents, mais comme on ne les voit pas évoluer, on a du mal à assimiler tous ces personnages. Au début, je n'ai pas vraiment pu prendre part à leur vie, car l'histoire est figée. Il m'a donc fallu du temps avant de m'attacher à eux.
Autre chose m'a gênée: Iris raconte ses souvenirs épars. Elle commence une anecdote, et la termine longtemps après. On me dira que c'est le propre du souvenir, mais ici, il y a des choses dévoilées en fin d'ouvrage qui, s'il s'était agi d'une véritable remémoration, l'auraient été plus tôt. L'auteur a retardé ces révélations pour faire attendre le lecteur, et créer des petites chutes, mais c'est un peu artificiel.

La première difficulté passée, j'ai trouvé les personnages sympathiques. La narratrice montre une famille assez ordinaire vivant des choses qu'on pourrait qualifier de banales. Pourtant, le lecteur se prend au jeu, et veut savoir comment tout s'achève.
Par exemple, l'histoire d'Ariette est assez commune. Cependant, on sera captivé par le récit qu'en fait l'héroïne. Ce sera pareil pour toute la famille. Le canevas de ces existences qu'Iris tisse pour nous est représentatif de ce qu'est la vie.
Certains personnages seront plus sympathiques que d'autres, et ce pour diverses raisons. Rien n'est manichéen, même si le lecteur blâmera Rose-Marie d'avoir voulu séduire Peter, ou l'époux de Bertha d'avoir installé la zizanie parmi ses filles, et de ne pas avoir su aimer sa femme.
La façon dont Ariette fera savoir à Fridrich ce qu'il a perdu fera naître un sentiment doux-amer chez le lecteur.
L'ambiance, les intrigues, les protagonistes, tout cela fait que chacun pourrait retrouver sa propre famille dans ce roman.

Le livre contient des scènes drôles assez réussies. Par exemple, les deux fois où Iris rencontre Max alors qu'elle est en mauvaise posture.
L'un des mystères est assez humoristiques, à savoir: pourquoi Inga est-elle électrique?
Le goût de Mira enfant pour le noir est décrit de manière assez... haute en couleur!
Le poème sur le rhume est assez amusant, même si son auteur avait l'air de se vanter en le récitant.

Il va de soi que le titre est bien choisi, car la pomme parfume ce livre du début jusqu'à la fin. Iris possède même un pommier devin, ou du moins, qui l'oriente dans ses choix.

Bref, un roman sympathique, plaisant à lire, mais qui ne laissera pas un souvenir impérissable.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Cachou Kirsch.
Ce livre m'a été offert par les éditions Audiolib. Il sort en audio le 10 novembre.

J'aime beaucoup la voix bien timbrée et le jeu naturel de Cachou Kirsch. Elle parvient à modifier sa voix pour interpréter certains personnages sans que cela nuise à sa performance. Elle sait jouer sans cabotiner. Par ailleurs, sa voix est très agréable. J'avoue qu'elle est la seule raison pour laquelle je regrette de n'avoir pas pu aller au-delà du chapitre 1 de «Le cercle de Dante», de Matthiew Pearl, qu'elle a enregistré pour la Ligue Braille. J'espère qu'elle enregistrera beaucoup d'autres ouvrages pour les éditions Audiolib.
À noter qu'elle a déjà enregistré, avec d'autres comédiens, «Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates» pour cet éditeur.

J'ai trouvé qu'il y avait beaucoup trop de musique! Il y en a à chaque début de piste, mais aussi de petits passages au milieu des pistes...

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