Manuel de survie à l'usage des incapables

L'ouvrage:
L'aventure commence parce que le directeur des ressources humaines d'une grande surface décide de licencier une caissière. C'est alors que Jean Jean (l'agent de sécurité chargé de prendre la caissière en faute), commet l'irréparable. Son acte est accidentel, mais les quatre jeunes loups qui en font les frais n'en ont cure. Jean Jean doit payer.

Critique:
Il y a deux aspects très contrastés dans ce livre. C'est d'abord une critique très féroce et bien pensée de la société de consommation, de la course au pouvoir, de l'absurdité de la main mise de certaines marques, en gros, des ravages de la vanité de l'homme. Tout cela est très bien exposé par différents exemples qui donnent à voir ce qu'il pourrait arriver si l'homme continue dans cette voie. Tout cela est intéressant et réaliste, malgré l'aspect irréel de certaines choses.

Cependant, l'intrigue dans laquelle c'est mis en place ne m'a pas autant plu. D'abord, on ne s'attache à aucun personnage. Soit à cause de leurs gènes soit à cause de leur personnalité, ils sont tous détestables. Entre les brutes sanguinaires, l'insensible autoritaire, et le lâche, le lecteur n'a pas grand-monde à apprécier. Peut-être quelques personnages secondaires... On me dira qu'il est normal que certains personnages soient détestables, car leur façon de penser n'est pas seulement humaine. Ils sont un étrange mélange, et c'est ce qui fait qu'on a du mal à s'y attacher. C'est peut-être cet entre deux qui est perturbant. À un moment, ce qu'ils vivent fait qu'ils deviennent un peu plus sensibles à certaines choses, mais cela ne m'a pas fait les apprécier pour autant.

Certes, il m'est déjà arrivé d'apprécier un livre sans aimer ses personnages. Oui, mais ici, l'intrigue est sans surprises. Elle est même lente. Une fois que les choses sont posées, on a l'impression de faire du surplace. Nos héros poursuivent un but, et font n'importe quoi (même une chose très risquée dont ils savent qu'elle va les mener à leur perte) pour l'atteindre. Tout cela fait que j'ai eu du mal à entrer totalement dans le roman. Tout au long de ma lecture, j'ai gardé une certaine distance.

La structure colle à ce qu'a voulu faire l'auteur. Au début, il présente les protagonistes, puis on les voit en alternance. Les chapitres sont assez courts, ce qui donne du rythme au roman.

Le style se veut vif et humoristique. Au tout début, cela m'a gênée, car je trouvais que Thomas Gunzig en faisait trop. À vouloir faire de l'humour, il faisait des comparaisons grandiloquentes, ce qui devenait lourd. Heureusement, cela ne dure pas.

Remarque annexe:
Quand les frères racontent l'histoire de l'inventeur des beignets de poulet, ils l'appellent Robert, puis Charles. Est-ce une coquille ou bien une facétie de l'auteur qui voulait montrer que cet inconscient s'était même fait déposséder de son prénom? ;-)

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Ce livre m'a été offert par les éditions Au diable vauvert dans le cadre de l'opération Masse-critique, organisée par Babelio.

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