Marley et moi

L'ouvrage:
John et Jenny sont fraîchement mariés. Tous deux adorent les chiens. Ils veulent commencer à fonder une famille en adoptant un chiot. Leur choix se porte sur un labrador retriver qu'ils appellent Marley. John nous raconte ici l'histoire de Marley.

Critique:
Ce livre est une ode, un hommage à Marley. Quoi de mieux pour parler d'un animal aimé et se souvenir de lui que de raconter son histoire, et la faire partager à d'autres amoureux des animaux?
Le livre n'est certainement pas mièvre ou complaisant. Il ne dépeint pas Marley comme le meilleur chien du monde. Ses «défauts» et les dégâts qu'il faisait sont exposés, et l'auteur confesse que parfois, sa femme et lui ont failli perdre patience. Jenny a même été jusqu'à songer à se séparer de Marley, ce qui, paradoxalement, a rapproché John et le chien. Le livre raconte donc les joies et les peines occasionnées par Marley à ses maîtres. C'était un chien attendrissant, dévoué (je suis convaincue qu'il a fini par se laisser quelque peu dresser par dévouement, et parce qu'il sentait qu'il était sur la sellette), et qui pouvait se montrer exaspérant lorsque la fantaisie lui prenait de voler quelque chose pour l'engloutir, d'éventrer un coussin, etc.
Un amoureux des animaux comprendra sans peine l'attachement indéfectible qui lia la famille Grogan à Marley. Comment ne pas s'attacher à cette tornade d'amour?
Nous faisant passer du rire aux larmes, par des scènes tour à tour cocasses (l'histoire du collier, ou les aventures de Marley la star de cinéma, ou encore Marley à la plage), et émouvantes, John Grogan livre Marley à son lecteur, afin de le faire exister dans d'autres coeurs, de montrer au monde tout ce qu'il a donné aux Grogan.

Je me doutais bien, en empruntant ce livre, que je tomberais sur une histoire pleine d'émotions et de chaleur. Quand on raconte l'histoire d'un animal, on a souvent des sentiments positifs à faire passer.
J'ai suivi ces aventures avec d'autant plus d'intérêt que je suis très sensible lorsqu'il s'agit d'animaux, car, à mon avis, les animaux sont toujours authentiques, ne dissimulent rien (si ce n'est dans leurs gueule ;-) ). J'ai partagé l'agacement amusé de John et Jenny ne pouvant dresser leur chien, leur joie lorsqu'il chahutait avec eux ou leur faisait des câlins, leur émerveillement en voyant Marley agir avec leurs enfants, et le désarroi de John quand Jenny a pensé s'en séparer. J'ai pensé, comme lui, que malgré les désagréments que causait Marley, c'était un être vivant, pas un objet dont on se débarrassait lorsqu'il devenait encombrant. Impression renforcée par ce que dit John lorsqu'il regarde les petites annonces. Il y a trop de gens qui acquièrent un animal sans penser qu'il grandira, qu'il peut faire des dégâts, et qu'il peut mourir de chagrin si on l'abandonne. (Je sais, il ne faut pas faire d'anthropomorphisme, mais comment appeler cette douleur qui fait que certains animaux n'ont plus goût à rien, et se laissent mourir si on les abandonne?)
J'ai également compris tout l'amour que John et Jenny portaient à leur chien, et qui les a poussés à faire certaines choses dont se moqueront les insensibles.

J'avoue avoir sottement pensé (le pouvoir de l'auto-persuasion...), que l'auteur ne nous raconterait pas la fin. Mais son but était de nous faire partager toute la vie de Marley, et même sa fin. Cette fin bouleversera le lecteur. D'ailleurs, l'auteur ne pouvait parler de Marley sans évoquer l'extraordinaire volonté dont il a fait preuve, vers la fin de sa vie. Bien sûr, le lecteur ne pourra s'empêcher d'évoquer un animal qu'il a beaucoup aimé, et que certaines anecdotes lui rappelleront.

Ce livre ne pourra laisser personne indifférent. J'ai l'impression que ma chronique ne donne pas assez envie de le lire, qu'elle est impuissante à dire à quel point ce témoignage vaut la peine... alors, croyez-moi sur parole, et lisez-le!

Éditeur: Jean-Claude Lattès.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Lisiane Ledent pour la Ligue Braille.

Acheter « Marley et moi » sur Amazon