La colline aux esclaves

L'ouvrage:
1791. Lavinia, sept ans, vient de perdre ses parents. Ceux-ci avaient une dette envers James Pike, un propriétaire terrien. De ce fait, c'est l'enfant qui paiera cette dette en travaillant chez les Pike jusqu'à sa majorité. Elle officiera avec les esclaves de la plantation. Elle les considère très vite comme sa famille. Lavinia est blanche, mais pour elle, la couleur de peau n'est pas une barrière.
L'auteur nous raconte l'histoire de cette famille sur vingt ans.

Critique:
Comme on pourrait s'en douter, le thème abordé m'a rappelé «L'invention des ailes», de Sue Monk Kidd. Les relations entre les maîtres et les esclaves y sont exposées d'une façon différente, et cela complète le point de vue donné par Sue Monk Kidd. Parfois, je me suis demandé si cela avait pu prendre de telles proportions. En effet, Kathleen Grissom crée un récit où tout le monde interagit, où les destins s'entremêlent de manière inextricable. Outre la dureté et l'iniquité de certains blancs quant au travail des esclaves, les conséquences des viols d'esclaves sont davantage explorées que chez Sue Monk Kidd. Lavinia a beaucoup de mal à comprendre et à accepter qu'une esclave enceinte d'un maître n'a pas eu le choix.

Certains maîtres abolissent la barrière entre eux et les esclaves pour diverses raisons. Par exemple, Lavinia a trouvé l'amour auprès d'eux, et ne les renie jamais. Malgré sa maladresse (elle fait plusieurs erreurs qui se répercutent sur eux), elle est toujours guidée par son amour pour sa famille. Quant à James, il tente d'être juste envers ses esclaves. Enfin, Martha est un peu perdue. Elle n'abolit pas consciemment la distance entre les esclaves et elle, mais sa situation est très complexe. C'est un personnage intéressant, car s'il lui arrive de se montrer injuste (notamment envers Belle), c'est parce qu'elle souffre, et n'a pas toutes les données en main.
Plus tard, la romancière met en regard le comportement de Marshall et celui de Will, en tant que propriétaires.

Marshall n'est pas sympathique, mais on peut comprendre certaines choses, étant donné que des événements de son enfance ont été mal vécus et mal gérés par ses parents... Son caractère était emporté, mais les événements de son enfance et leurs conséquences n'ont pas arrangé les choses.
Lavinia est parfois exaspérante parce qu'elle est naïve pendant longtemps. Cependant, on voit bien qu'elle est gentille, et tente de faire au mieux.

J'avais peur que l'intrigue bascule dans le mièvre, mais à mon avis, cela n'a pas été le cas. Certains pourront dire qu'il y a beaucoup de séparations (parents séparés de leurs enfants, ou de ceux qu'ils considèrent ainsi), mais je pense que de semblables faits ont eu lieu, à l'époque. Pour continuer ma comparaison, le roman de Sue Monk Kidd est plus sobre, mais montre une souffrance tout aussi palpable, voire plus. J'avoue l'avoir préféré, mais «La colline aux esclaves» m'a beaucoup plu. En outre, je sais qu'il n'est pas bon de trop comparer des romans. Je n'ai pu m'empêcher de le faire ici, car j'ai lu peu de livres traitant de ce sujet.

Il existe une suite à ce roman: «Fuir la colline aux esclaves». Je ne sais pas si je la lirai: elle traite de la génération suivante, et en général, cela ne me plaît pas. Je verrai si elle sort en audio.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Nathalie Spitzer.
Je connais surtout cette comédienne pour ses doublages. J'ai globalement apprécié son jeu. Je regrette un peu qu'elle ait modifié sa voix selon les personnages. Je fais partie de ceux qui trouvent très vite affecté qu'un comédien modifie sa voix. Ici, il me semble que ce n'était pas obligé ou alors, pour certains, de manière moins marquée. Je sais que cela plaira à certains: un jour, une personne m'a dit que le changement de voix selon les personnages lui permettait de mieux se repérer dans un livre audio. En outre, cela ne m'a pas empêchée d'apprécier l'interprétation vivante de la comédienne. En bonne pinailleuse, j'aurais aimé qu'elle marque moins les personnages. ;-)
D'autre part, il aurait été facile (et horrible) de lire certains passages poignants de façon mièvre et affectée. Nathalie Spitzer a su mettre ce qu'il fallait d'émotion pour que cela soit émouvant, mais en aucun cas mièvre.

Pour information: la structure du livre n'a pas pu être respectée.

Cliquez ici pour voir le livre audio et en écouter un extrait.

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