Auteur : Grippando James

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lundi, 12 avril 2010

Jack Swyteck, tome 5: Got the look, de James Grippando.

Note: Je n'ai pas trouvé le titre français de ce roman.

L'ouvrage:
Voilà dix semaines que Jack fréquente Mia. Ils sont amoureux. Jack est heureux... jusqu'à ce qu'il découvre que Mia est mariée. Il met fin à leur liaison.
Peu après, Mia est enlevée. Son ravisseur demande à son mari, Ernesto Salazar, une rançon assez étrange: il doit payer ce que vaut Mia à ses yeux. Ernesto, encore furieux que Jack ait eu une aventure avec sa femme, le mêle à l'affaire.

Critique:
Ce tome des aventures de Jack Swyteck ne m'a pas vraiment convaincue. Il est sauvé par le fabuleux Théo Knight toujours aussi loufoque. Au début, il nous fait un petit numéro de chanteur; quand Jack lui présente Mia, il trouve des répliques amusantes (sauf pour Jack); on se doute de ce qu'il fait quant à l'argent; et on l'apprécie également dans la scène où il demande à Jack de fermer les yeux, et de les rouvrir tout de suite... Il y a encore d'autres occasions où le lecteur se délecte des facéties et répliques de ce personnage. Heureusement qu'il est là!

Déjà, on ne comprend pas trop pourquoi Jack a une nouvelle chérie. Ah, tiens, qu'est-ce qu'il a fait de Renée? Bien sûr, on se doute que les amours à distance, c'est plus compliqué, mais l'auteur aurait quand même pu se fendre d'une explication comme quoi à force de se voir tous les trois mois, Jack et Renée avaient décidé de cesser leur relation...

L'histoire traîne beaucoup. Certains côtés sont intéressants, car l'auteur a su créer des rebondissements, mais les longueurs annulent l'effet surprenant des rebondissements.

L'histoire d'Andie intéresse le lecteur, car la découverte de sa vie privée nous la rend plus accessible, moins froide. Cependant, c'est bien mince, comme côté positif...

Enfin, un schéma commence à se dessiner: le pauvre Jack qui, à cause des circonstances, ne peut pas se fixer, ne peut avoir une relation stable. Ce genre de schéma inéluctable m'agace ici, et également chez Michael Connelly. Il y a quelque chose d'immuable, et du coup, on n'est plus surpris. Bien sûr, chez Connelly, ça tient beaucoup à la personnalité de Bosch. Mais ici, on dirait que ce pauvre Jack est le plus malchanceux des hommes.

Si les tomes 2, 3, et 4 sont réussis, le 5 me semble fade. Voyons le 6... ;-)

Note: Je ne ferai pas la critique du tome 6 («La prière des défunts»), car il n'y a pas grand-chose à en dire: le livre traîne beaucoup, même si certains pans de l'histoire sont intéressants, évoquant une histoire dans l'histoire du monde.
Mes critiques de la série s'arrêteront sûrement là, car je n'ai pas le tome 7, et de toute façon, je trouve que ça s'essouffle un peu.

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jeudi, 8 avril 2010

Jack Swyteck, tome 4: Hear no evil, de James Grippando.

Note: Je n'ai pas trouvé le titre français de ce roman.

L'ouvrage:
Lindsay Hart est accusée d'avoir tué son mari, le colonel Pentado. Le matin du crime, elle jure être partie travailler comme d'habitude. Puis son fils a trouvé le corps, et l'a appelée. Seulement, le médecin légiste assure que la mort a eu lieu avant que Lindsay ne quitte son domicile.
Elle choisit Jack Swyteck pour sa défense. Comme elle ne le convainc pas, elle sort sa botte secrète...

Critique:
Pour l'instant, c'est le tome le plus réussi de la série. L'une des forces du roman est que les événements font que la vie privée de Jack est entremêlée à l'enquête. Le lecteur découvre certaines choses sur la mère de Jack, et sur un autre personnage.
L'auteur sait créer le suspense. En général, je déteste les romans où chacun a un mobile et une opportunité. Ici, cette ficelle est bien exploitée, car elle permet de creuser la psychologie des personnages, et de découvrir la face cachée d'autres. Bien sûr, c'est toujours le but, mais là, c'est bien mieux fait que dans d'autres romans insipides. Le lecteur va de surprise en surprise... jusqu'à la fin.

Le personnage pour lequel le lecteur compatira le plus est sûrement Bryan...
Jack est de plus en plus sympathique. Il n'est plus si naïf, mais reste intègre. Il commence à ressembler aux héros auxquels on aime s'identifier. C'est un «gentil».
On retrouve également Harry Swyteck avec plaisir même si on le voit peu, ainsi que Théo qui s'illustre brillamment dans la vengeance de la voiture brûlée.
Je n'ai pas réussi à réellement prendre Lindsay en pitié... Il me semble qu'elle aurait pu faire autrement. Elle affirme que non, mais j'ai un doute. Bien sûr, elle est complexe, et on comprend certains de ses choix, mais pour son fils, elle aurait pu agir plus énergiquement.

Ma critique est courte, mais je ne peux pas trop en dire sous peine de dévoiler des choses révélées dans les tomes précédents. Cette brièveté inhabituelle ne doit pas vous dissuader.

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lundi, 5 avril 2010

Jack Swyteck, tome 3: Le dernier à mourir, de James Grippando.

L'ouvrage:
1996.
Sally est serveuse. Elle et son mari travaillent dur pour joindre les deux bouts. Ce soir-là, Sally rentre chez elle, fatiguée... Sa fillette, Catherine, refuse de dormir: elle prétend qu'un monstre est caché dans sa chambre. Se sentant coupable de négliger sa fille, Sally joue le jeu. C'est alors que le drame survient. Quelqu'un est bien caché dans la chambre de l'enfant. Il réduit Sally à l'impuissance, et tue la fillette.

Cinq ans plus tard, le meurtre n'est pas élucidé. Sally s'est remariée avec un millionnaire, puis a divorcé. Elle compte disparaître. Mais avant cela, il lui reste une dernière chose à faire...

Critique:
Ce troisième tome des aventures de Jack Swyteck est très plaisant. D'abord, le lecteur s'est attaché à Jack dans le tome 2, et le tome 3 renforce cet attachement en nous montrant un personnage plus mûr, plus responsable. Autour de lui, gravite l'infatigable Théo, découvert dans le tome 2. Lui aussi acquiert plus de consistance, car le lecteur découvre une partie de son passé, ainsi que son frère.
On regrette que Jack ait une seconde de doute. Il était évident que Théo ferait ce qu'il finit par faire...

L'intrigue imaginée par James Grippando est très bonne. Il est tout de même étrange que Renée et Vivian assurent que Sally n'avait pas prévu ce qui allait arriver.
Les événements, la manière dont ils arrivent, tout est bien agencé. Le lecteur se doute que telle chose va arriver, mais il ne sait pas comment, et il ne peut expliquer certains événements avant que l'auteur ne le fasse.
On retrouve, comme dans le tome 2, certaines scènes humoristiques, comme l'étrange «mal» dont souffre l'ancien garde du corps de Sally, ou encore la méthode employée par Théo pour lui faire avouer ce qu'il sait.

Les ébauches d'histoires d'amour ne sont pas téléphonées, ce qui arrive est compréhensible... On regrette un peu que Jack ne voie plus l'un des personnages, à la fin, mais peut-être le reverra-t-il ensuite, quand le personnage en question aura compris...

Bref, c'est un polar qui se lit bien, qui repose le cerveau en présentant une intrigue intéressante.

Jack étant avocat, on retrouve un procès dans tous les tomes. Outre l'intérêt que l'on prend à en apprendre toujours plus sur les rouages de la machine judiciaire, ici, ce qu'a fait Sally rend les confrontations et les problèmes dans lesquels se débattent les avocats d'autant plus captivants.

Note amusante:
N'oubliez pas, après avoir lu ce livre, d'écouter Théo, et de faire le test du chocolat en demandant à vos amis leur degré d'addiction. (La théorie exposée par Théo ne l'est pas dans ce but, mais ça m'a donné l'idée de faire le test. Qu'on y croie ou pas, c'est drôle!)

Éditeur français: Belfond.

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jeudi, 1 avril 2010

Jack Swyteck, tome 2: A l'abri de tout soupçon, de James Grippando.

L'ouvrage:
Jack Swyteck reçoit la visite de son ancienne petite-amie, Jessie Merryl, qui l'a plaqué peu avant qu'il rencontre Cindy. Ensuite, lorsqu'elle avait voulu le reconquérir, il avait déjà rencontré Cindy, et l'aimait.
A présent, Jack est marié depuis cinq ans, et toute l'histoire Jessie est apparemment oublié. Encouragé par Cindy, il décide de se charger de l'affaire que lui présente Jessie.

Tout se complique après que Jack découvre que Jessie n'est pas toute blanche...
Les choses empirent sérieusement lorsque la jeune femme est retrouvée morte, les veines ouvertes, dans la baignoire des Swyteck.
Jack sera très vite soupçonné.

Critique:
Je n'ai pas vraiment adhéré au tome 1. Mais j'ai voulu tenter le tome 2. Bien m'en a pris. L'histoire ne traîne pas, l'intrigue m'a plus intéressée: plus de psychologie, moins de violence (même s'il y en a un peu), plus de suspense... Même si on retrouve des topoi comme le personnage principal étant accusé du meurtre, l'auteur sait les doser, et cela s'arrête avant de devenir insupportable.
Les découvertes que l'on fait sont plus surprenantes, mieux amenées.

Les personnages sont plus creusés, plus crédibles. On sent encore que Jack est un peu naïf, il est encore un peu promené par certains personnages et certains événements, mais le lecteur s'identifie un peu plus à lui, il compatit, alors que dans le tome 1, Jack est plutôt vu comme un idiot.

Le personnage de Cindy est plus compréhensible. L'auteur lui donne une psychologie, on comprend un peu mieux son côté poupée fragile. Bien sûr, c'est un peu facile d'expliquer sa fragilité par une blessure secrète subie dans l'enfance (blessure qu'elle et sa mère nient farouchement), mais on pardonne ce raccourci à l'auteur, car finalement, le personnage est crédible.
On trouve quand même un peu étrange de retrouver une Cindy tourmentée, alors qu'à la fin du tome 1, elle semble avoir réglé ses problèmes. Il est étrange que ses cauchemars récurrents arrivent soudainement dans le tome 2. Je me demande si ce n'est pas parce qu'au départ, James Grippando ne pensait pas faire une suite à ce roman. Ce contraste entre la Cindy de la fin du tome 1 et celle du tome 2 est un peu curieux, mais on s'y fait.

C'est dans le tome 2 qu'on découvre Théo Knight, tenancier d'un bar, meilleur ami de Jack qui l'a sauvé d'une condamnation certaine. Ce personnage est tout de suite très sympathique. Il ajoute une dimension humoristique, et dit souvent à Jack ce que le lecteur aimerait lui dire. Malgré sa façon brutale de dire les choses, on admire son bon sens et sa joie de vivre.

On découvre aussi la grand-mère de Jack, qu'il appelle «abuela» (ce qui signifie «grand-mère» en espagnol». Elle est cubaine, et son personnage fait que nous en apprenons plus sur la mère de Jack. C'est un personnage grave, sage... et amusant à un moment, lorsqu'elle soutient qu'elle a inventé une recette.

Il y a des personnages négatifs, dont la brute épaisse sans scrupules, Jessie, et la mère de Cindy. Bien sûr, on peut reprocher à l'auteur de ne pas nous les présenter comme complexes, mais le côté positif est que ces personnages sont négatifs de façon différentes. Pour moi, la pire est la mère de Cindy. Elle n'a aucune excuse. Même envers Cindy, elle se conduit mal: sous couvert de la protéger, elle l'enfonce.

Donc, je vous recommande la série, sachant que le tome 2, à mon avis, est plus réussi que le tome 1, ce qui n'augure que de bonnes choses pour le tome 3.

Éditeur français: Belfond.

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lundi, 29 mars 2010

Jack Swyteck, tome 1: Le pardon, de James Grippando.

L'ouvrage:
Harry Swyteck est gouverneur de Floride. Son fils, Jack, est avocat. Il défend des criminels.
Les relations entre Jack et Harry ne sont pas très bonnes. Elles vont se dégrader le jour où Jack vient demander la grâce du gouverneur pour l'un de ses clients. Il a la preuve de son innocence (il a rencontré le vrai meurtrier qui lui a prouvé qu'il était l'assassin), mais ne peut porter cela devant la cour, car l'homme ne se dénoncera pas, ne voulant pas être arrêté. Harry prend le parti de croire que son naïf fils a été abusé, et refuse de grâcier Raoul Fernandez.
L'histoire ne fait que commencer...

Critique:
C'est le tome 1 de la série où apparaît Jack Swyteck.

Le roman contient tous les ingrédients qui devraient en faire un bon polar: suspense, rebondissements, procédures judiciaires, un tueur qui laisse sa marque, amour, trahisons, vengeances, passé douloureux, personnages blessés... Pourtant, je n'ai pas vraiment adhéré. On dirait que tous ces éléments ont été accolés ensemble sans âme, sans que l'auteur y mette sa patte. Même le combat entre Jack et son agresseur semble surfait. L'auteur a pris les codes du polar, et s'y est conformé, comme s'il rangeait ses tiroirs.

En plus, certains personnages et certaines situations ne sont pas très crédibles.
Ce pauvre Jack est légèrement benêt. Le lecteur est d'abord septique quant à la facilité déconcertante avec laquelle Jina le met dans son lit. Ils n'ont jamais été très amis, et soudain, elle arrive à le faire boire, et il se laisse prendre à son truc vieux comme le monde: «Tu ne peux pas partir ivre. Je dormirai dans l'autre chambre.» Rappelons que Jack côtoie des meurtriers, et sait qu'il en a un à ses trousses...
Lorsque le meurtrier l'accuse d'être le responsable de l'exécution de Raoul Fernandez, Jack manque totalement de psychologie. On ne lui demande pas de rejeter la faute sur son père, mais il lui suffisait de dire à l'autre: «C'est toi le responsable: sans preuves à emporter devant la cour, je ne pouvais rien faire. La seule façon de sauver Raoul, c'était d'arrêter le véritable assassin.» Le tueur serait peut-être devenu fou de rage qu'on ose le blâmer, aurait peut-être sangloté lamentablement en reconnaissant la pertinence de l'argument, cela aurait été à l'auteur de décider. Mais il était évident que Jack aurait dû lui dire cela.

Cindy aussi est un peu bétasse: le lecteur devine très vite que Gina n'est qu'une amie de pacotille, alors que Cindy la dit sa meilleure amie. En effet, lorsque les deux jeunes femmes se croient en danger, Gina ne pense qu'à sauver sa peau. Cela nous prépare à sa future trahison, et on n'en est pas surpris. Par contre, son revirement est assez improbable. Encore un personnage pas très crédible...

Le livre est un peu rattrapé grâce à la justesse de l'analyse et des situations décrivant les relations entre Jack et son père. Ici, même si la chose se retrouve dans d'autres livres, on sent que l'auteur prend part à ce qu'il écrit.

Malgré cette critique plutôt négative, je lirai au moins le tome 2, car je me demande si Jack ne va pas se bonifier à mesure qu'il évoluera. En outre, ce roman est le premier qu'a écrit James Grippando. Peut-être que les autres me plairont un peu plus... La suite à la prochaine chronique.

Éditeur français: Belfond.

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