L'enfant des eaux

L'ouvrage:
La narratrice, Ellen, raconte ses souvenirs. Sa famille pauvre, ses parents rudes, ses frères et soeurs. Tout lui est revenu alors qu'elle voyait sa mère s'avancer dans l'eau.

Critique:
J'ai compris pourquoi certains considèrent ce roman comme un chef d'oeuvre, mais je n'ai pas été convaincue. La narratrice montre une famille pauvre, certes, mais ce qui prédomine, c'est l'aspect rustre de cette famille. Le père est violent pour rien, il insulte et frappe, il boit... La mère n'est pas beaucoup mieux. Elle peut user d'un langage ordurier envers ses enfants. Plus tard, elle ressentira une jalousie malsaine et mal placée envers Nora, l'une de ses filles. Je n'ai pas vraiment ressenti l'amour de cette mère pour ses enfants. En outre, une dispute peut éclater pour une broutille au sein de la famille, et prendre d'énormes proportions. Certains hommes de la familles sont des dangers pour les filles... Les parents se fichent que les enfants n'aient pas de quoi manger. Ellen découvrira d'ailleurs le paradis des papilles et de l'estomac lorsqu'elle ira chez des voisins ou lorsqu'elle séjournera chez sa tante.

Au milieu de cela, certains enfants se détachent: Ellen, Nora, et Joe-Robby. Malgré leur antagonisme, Ellen et Nora seront inextricablement liées par un fil invisible, dont Ellen nous donnera l'une des clés à la toute fin. Les deux jeunes filles sentent confusément que leur salut viendra si elles quittent cette famille sauvage. Ellen explique, d'ailleurs, qu'elle a tout fait, par la suite, pour gommer la mauvaise éducation qu'elle eut, pour apprendre à se tenir, à bien s'exprimer... Quant à Joe-Robby, il est attachant.

La narratrice fait preuve de force de caractère tout au long du roman. Ce qui m'a le plus impressionnée est la façon dont elle parvient à ne pas s'effondrer après la perte d'un être qui lui était très cher.

Je n'ai pas aimé la structure du roman: c'est très décousu. Elle jette des souvenirs épars sur les uns ou les autres, et explique que c'est ainsi dans sa tête. En effet, c'est logique, mais cela m'a gênée. En outre, parfois, sans prévenir, au milieu d'une anecdote, elle explique telle chose qui arriva plus tard à un membre de sa famille. Enfin, elle raconte presque deux fois la même histoire. Je suppose que c'est une façon de montrer comme cela l'a marquée. Certes, mais c'est plutôt lourd.

Il y a certaines scènes un peu plus légères: les rappels de la superstition de Louise (la mère), les moments où les enfants entendent leurs parents faire l'amour et rivalisent de suppositions, sous la férule d'Otis qui semble être bien renseigné... Mais globalement, ce roman est oppressant. Je sais que c'est l'effet recherché. Cependant, je n'ai pas pu m'attacher aux personnages. Cette histoire ne m'a pas touchée.

Éditeur: Métailié.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.
Cette version n'est plus disponible. Cependant, le livre l'est. Il a été réenregistré par une autre lectrice: Françoise Dufour.

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