La faute

L'ouvrage:
Corinna Lotus-Martini, avocate féministe, a été assassinée de manière assez barbare. On suspecte immédiatement Alfiero Faliverni. En effet, tous deux avaient une liaison tumultueuse, et peu avant le drame, ils s'étaient violemment disputés, selon les dires de certains témoins.
Alfiero est rapidement arrêté et emprisonné. Son frère, Aleardo, est presque son unique soutien.

Critique:
Ce livre est un roman policier, mais l'enquête n'est pas si importante. J'ai très rapidement deviné qui avait assassiné Corinna, et pourtant, cela n'a en rien gâché ma lecture.
L'enquête policière n'est qu'un prétexte à l'auteur pour aborder, avec justesse, certains thèmes.

Laura Grimaldi analyse les relations complexes entre les deux frères, entre eux et leurs parents, leurs relations amoureuses, etc.
Aleardo et Alfiero ne s'entendaient pas forcément très bien: cette histoire les rapprochera, forçant Aleardo à se pencher sur leur passé, à analyser la conduite de chacun, à se remettre en question.

J'ai été exaspérée par le récit des relations entre Aleardo et sa femme, Marie. Il me semble que dans pratiquement tous les romans, les couples mariés ne s'aiment pas, voire ne se supportent pas, soit la routine les a éloignés, soit ils ne se sont jamais aimés. Ce schéma est assez agaçant, car il est éculé. On a envie de secouer tous ces personnages, et de leur dire de prendre leur vie en main, de réfléchir avant de se marier, d'arrêter d'agir légèrement.
Aleardo et Marie ne s'aiment pas, et étant donné ce qu'il en dit, il ne l'a jamais vraiment aimée. Cette relation chaotique donne une excuse (si on veut) à Aleardo pour tomber amoureux de Marie Anna. Là encore, j'ai trouvé ça assez agaçant parce que trop convenu. Mais c'est le seul point négatif du roman.

La romancière aborde différents aspects de l'univers carcéral: harcèlement de toutes sortes, amitiés spontanées ou rejet total entre détenus, etc. On voit également comment certains se raccrochent à de petites choses du quotidien pour ne pas sombrer: par exemple, Alfiero met un point d'honneur à se laver de la tête au pied, quel que soit le temps que cela prendra, et malgré l'absence de savon. Tout cela est très bien décrit.

Les femmes n'ont pas la part belle. Excepté Rosaria, elles sont détestables: qu'elles soient castratrices, égoïstes, trop soumises, trop attachées aux conventions, ou qu'elles détestent les hommes en bloc, elle ne sont vraiment pas sympathiques. Elles refusent la nuance, la compassion, ne savent que généraliser... Bref, je ne leur ai pas trouvé d'excuses, même si certaines ont souffert.

Aucune longueur ne vient altérer le plaisir de la lecture. Même si je savais qui avait tué, je ne me doutais pas de la façon dont cela serait découvert. Tout au long du roman, personne ne semble vouloir soupçonner la personne véritablement coupable. La façon dont la fin est présentée est donc très bonne, à mon avis. En outre, elle est assez abrupte, et rien n'est réellement résolu. C'est au lecteur de tenter de déduire comment les choses vont se dérouler par la suite.

Éditeur: Métailié.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Patrick Kaplan pour l'association Valentin Haüy.
J'apprécie ce lecteur qui allie sobriété et dynamisme. Je l'entendrai à nouveau avec plaisir.

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