Thriller

L'ouvrage:
Ce soir-là, Norman (professeur d'économie), et sa femme, Suzanne, reçoivent des amis à dîner. L'un d'eux (Lafayette), explique que Norman a volé le portefeuille d'un clochard. Norman ne s'en souvient pas. Suzanne constate que le portefeuille en question est celui de Norman.
Le lendemain, on apprend qu'une blonde a été tuée dans une impasse, et qu'on a retrouvé un livre écrit par Norman à côté de son cadavre. Pendant que les proches du professeur s'interrogent quant au fait qu'il pourrait être le tueur, un psychopathe se demande si ce ne serait pas lui.

Critique:
Il n'est pas facile d'écrire une parodie de thriller. Iegor Gran y réussit très bien. Il parvient à être cohérent dans un roman complètement déjanté. Certaines choses sont énormes, d'autres sont très simples, et pourtant, l'ensemble se tient, et fait que le lecteur rira beaucoup.

L'humour est exploité sous différentes formes.
Le style est vif et alerte, davantage propre à la comédie qu'au thriller. Il va donc très bien à ce roman. Le style reste le même pendant des scènes apparemment graves comme les scènes d'amour, ou celle où Norman et Suzanne découvrent les agissements de Seed.
Il y a des notes de bas de page. Ici, elles proviennent majoritairement de livres écrits par Norman.
L'auteur disperse de faux indices (la ceinture, le miroir...) auxquels certains personnages s'empresseront de croire.
L'auteur place une ficelle abondamment utilisée par ceux qui écrivent des thrillers: le psychopathe ne se souvient plus avoir tué la blonde, mais pense que c'est lui, alors que Norman ne cesse d'oublier ce qui se passe dans sa vie. L'auteur ne tient pas à ce que le lecteur pense que Norman est le psychopathe, mais il veut montrer la bêtise de ladite ficelle.
Un autre élément est censé effrayer le lecteur (comme dans tout thriller digne de ce nom), et le fait rire grâce à la façon dont l'auteur l'exploite: le fait que le psychopathe se met à faire un exposé sur les avantages et les inconvénients de certaines méthodes d'assassinat.
Ce ne sont que quelques exemples. L'auteur use de pléthore de stratagèmes tous aussi brillants les uns que les autres. Je finirai en évoquant Norman qui fait la leçon aux policier...

Au milieu de cette débauche humoristique, l'auteur parvient à surprendre son lecteur par un autre biais. Il y a au moins deux éléments totalement inattendus, et pas vraiment drôles. Ils surprennent d'autant plus...

Des personnages suscitent le rire, comme le doyen qui est d'une stupidité crasse.
Norman et ses errances spirituelles aussi amuseront le lecteur. Comment oublier, par exemple, l'épisode où il veut faire l'école buissonnière?
Les autres personnages sont également attachants pour diverses raisons.

J'ai quand même un petit reproche à faire: j'ai trouvé très lourd que suzanne parle toujours d'elle-même à la troisième personne. C'est censé être drôle, et ça l'est au début, mais ça dure trop longtemps.

Éditeur: POL.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Anne Louis-Dreyfus pour l'association Valentin Haüy.
Je n'ai pas l'orthographe exacte du nom de la lectrice, je lui présente donc mes excuses si celui-ci est mal écrit.
La lectrice adopte de manière naturelle le ton qu'il faut pour lire cette histoire. Elle n'en fait jamais trop, sa voix reste dynamique, son intonation vivante.

Acheter « Thriller » sur Amazon