Fais de beaux rêves, mon enfant

L'ouvrage:
Lorsque Massimo avait neuf ans, sa mère est morte. Dans ce livre, il raconte comment il a vécu avec ce poids, puis comment il a appris certaines choses.

Critique:
Ce roman est autobiographique. L'auteur trouve très bien les mots pour exprimer son mal être. Il change même de style selon qu'il raconte son enfance et ce qu'il se passe lorsqu'il est adulte. Ce glissement se fait très subtilement. Le style n'est jamais pompeux, jamais niais. Il est fluide, vivant.

Ce qu'exprime Massimo Gramellini montre les ravages des non-dits, des malentendus, de choses à demi-exprimées. Bien sûr, chacun pensait agir dans l'intérêt de Massimo, et dans ce genre de situations, les choses sont si délicates qu'on ne peut pas vraiment juger la façon dont s'est comporté son père, par exemple. Son père m'a d'ailleurs beaucoup touchée. Tentant de faire taire sa propre souffrance, il a voulu amoindrir celle de son fils, et malheureusement, sa manière d'agir a fait que ces deux souffrances n'ont pas pu se rejoindre, se comprendre... L'enfant qu'était Massimo est longtemps resté avec ses questions, les contes qu'il s'inventait, et surtout son déni. Ces gens ont éveillé ma compassion: ils ne savent pas gérer cette douleur et les circonstances de l'événement.

Massimo raconte les étapes de son deuil forcé. On le sent particulièrement démuni lorsqu'il avoue avoir oublié la voix de sa mère, lorsqu'il se rend compte que le visage maternel est flou dans sa mémoire.

On me dira, au vu de ma chronique, que tout cela semble larmoyant. Or, il n'en est rien. L'auteur évoque des moments bouleversants, mais il ne tombe jamais dans le pathos.

J'aurais d'autres choses à dire notamment sur la mère de l'auteur, mais j'en dévoilerais trop.

Remarque annexe:
J'aime beaucoup Billie qui semble vouloir s'entourer d'amour et qui est un être qu'on ne peut s'empêcher d'aimer.

Éditeur: Robert Laffont.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.
Ceux qui ont l'habitude de lire mes chroniques savent à quel point je suis tatillonne quant à l'accentuation des mots étrangers. Je trouve très vite que les lecteurs en font trop. Ici, la lectrice prononce certains mots italiens. Elle y met un peu d'accent, mais n'exagère pas. Sa prononciation est naturelle.

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