Auteur : Goolrick Robert

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jeudi, 22 novembre 2018

Une femme simple et honnête, de Robert Goolrick.

Une femme simple et honnête

L'ouvrage:
Wisconsin, hiver 1907. Dans le village où se déroule une grande partie de l'intrigue, Ralph Truitt, cinquante-quatre ans, est craint et peu apprécié. C'est un riche homme d'affaires, et beaucoup de villageois travaillent pour lui. À présent, il attend un train qui a du retard, et imagine que certains jasent.
Quelque temps auparavant, il a passé une annonce dans un journal de Chicago, annonce dans laquelle il disait rechercher une femme qui n'attend pas un mariage d'amour, qui n'a pas d'idées de grandeur... Après cela, il a correspondu avec Catherine Land: elle lui a écrit ne plus attendre grand-chose de la vie, et être cette femme simple et honnête qu'il cherche. C'est donc elle qui arrive par ce train qui a du retard.

Critique:
Comme j'ai lu «Féroces», j'ai eu une petite appréhension en m'attaquant à «Une femme simple et honnête»: j'avais peur d'y trouver des horreurs psychologiques. Je me suis décidée parce que le résumé m'attirait. S'il y a bien des éléments durs, ce roman renferme aussi un peu d'espoir. En outre, il est très réaliste.

On apprend assez vite le passé de Catherine, ainsi que ce qu'elle compte faire et pourquoi. Cela m'a un peu fait râler, mais finalement, ce n'est pas très étonnant. Le plus surprenant est peut-être que ce soit justement Catherine qui soit tombée sur l'annonce de Ralph.

Au long du roman, je me suis attachée à certains personnages. L'auteur décrit très bien le caractère de Ralph, ainsi que les épreuves qu'il a connues. Il fait pareil concernant Catherine. Là, on cerne les personnages, on compatit quant à ce qu'ils ont souffert. Catherine est plus ambiguë que Ralph. Elle arrive avec un objectif, la vie qu'elle connaît avec Ralph est (je pense) telle qu'elle l'imaginait, et pourtant... C'est surtout ce personnage qui interpelle. Elle évolue d'une manière qu'elle-même n'avait pas envisagée, et cela la déstabilise, ce qui fait que pendant une partie du roman (le début de la troisième partie), elle est perdue. À ce moment-là, je ne savais plus trop quoi penser d'elle. Son évolution m'avait fait l'apprécier, mais ce qu'elle fait après son retour de Saint-Louis me rendait perplexe. Bien sûr, on comprend pourquoi elle le fait malgré tout, mais je me disais qu'elle aurait pu «chercher une autre solution». L'intrigue semble simple, au départ, mais elle se complexifie justement grâce à l'ambivalence de Catherine, et aussi des réactions de Ralph.

Dans ce roman, on rencontre certains personnages qui, pour moi, ne savent pas prendre les bons côtés de la vie. Je ne parlerai que d'Alice afin de ne pas vous gâcher la lecture. Alice préfère une vie de perdition (apparemment, elle aime la luxure) plutôt qu'une vie davantage rangée (et donc moins dangereuse)aux côtés de sa soeur. J'ai eu du mal à la comprendre, mais j'imagine que si l'auteur a créé un tel personnage, il doit en exister dans la vie. L'histoire d'Alice permet au lecteur de savoir et de comprendre comment Catherine est arrivée où elle en est. Si elle est ambiguë, on ne peut nier que c'est une battante. Malgré les coups qu'elle reçoit de la vie, elle se relève. Malgré certains de ses actes et intentions, on éprouve de la compassion pour elle qui a appris la vie à coups de déconvenues. Son parcours (même s'il n'est pas identique) est à mettre en parallèle avec celui de Ralph. Il a appris les mêmes leçons de la vie.

Outre une intrigue captivante et des personnages qui soulèvent d'importantes questions, Robert Goolrick crée des ambiances à merveille. Qu'on soit dans le petit village du Wisconsin, auprès d'Alice, ou dans les luxueuses chambres d'hôtel de Saint-Louis, il suffit de quelques descriptions et dialogues pour être plongé dans l'ambiance de l'instant.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Xavier Percy pour les éditions Lizzie.

Je ne connaissais pas du tout ce comédien. Son interprétation m'a plu. Elle sonne juste. Il n'a pas trop modifié sa voix pour les différents personnages, ce qui m'a plu. Il a très bien joué (sans surjeu) les sentiments qu'ils vivent et expriment. Je l'entendrai à nouveau avec plaisir.
Je regrette que l'éditeur audio ait mis de la musique au début de chaque chapitre. Je n'aime pas la musique dans les livres, car pour moi, elle ne fait que retarder la lecture.

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jeudi, 20 juin 2013

Féroces, de Robert Goolrick.

Féroces

L'ouvrage:
Robert Goolrick évoque sa famille dans ce «roman».

Critique:
Pour moi, ce livre est du style de «Le chagrin», ou «Le château de verre». L'auteur raconte sa famille, ses souvenirs, les souffrances qu'il connut dans son enfance. Mais Robert Goolrick a un autre but, un but qu'il ne révèle qu'à la fin. Il ne veut pas seulement tenter de se libérer (il sait qu'il ne le pourra pas), mais il espère toucher certaines personnes...

Ce livre est désespéré. Son auteur est dépressif et tourmenté. Il raconte certaines choses de manière crue, sans complaisance, mais sans mièvrerie non plus. Il ne se plaint pas, il ne geint pas. Il se contente de raconter certaines scènes assez violentes, qui partirent, souvent, de petits riens, et qui prirent des proportions démesurées. (Voir l'histoire du sandwich, celle de la robe...) Outre cela, on ne peut pas dire que cette famille ait su communiquer.

Le livre est structuré d'une manière qui, habituellement, me déplaît. Le récit est décousu, presque antéchronologique. Ici, cette structure a une raison d'être. D'abord, je pense que par cette structure, l'auteur veut montrer le chaos qu'est sa vie. Ensuite, à deux chapitres de la fin, le lecteur comprend pourquoi le livre est structuré ainsi. Au début, j'étais perdue, j'étais sûre d'avoir manqué quelque chose qu'il aurait fallu que je comprenne. Je voyais bien que quelque chose n'allait pas, mais je ne comprenais pas pourquoi. Il me suffisait de poursuivre ma lecture... L'auteur a d'abord voulu montrer les conséquences de quelque chose. Il l'a fait de plusieurs manières, exposant son mal être, sa douleur, sa détresse. Et puis, il raconte cette chose et la manière dont ceux qui l'ont sue l'ont gérée: très mal. C'est sûrement plus fort que s'il avait raconté les choses chronologiquement.

Étant extérieure, je ne peux m'empêcher de juger très sévèrement les parents de l'auteur. Pour moi, quand on est parent, on n'agit pas ainsi. Je ne parle pas seulement d'une chose en particulier (bien sûr, cette chose entre en ligne de compte): d'une manière générale, les parents décrits ici étaient irresponsables et capricieux. Je pense que Robert Goolrick n'a montré qu'une parcelle de ce qu'était sa vie avec eux, un concentré de scènes qui les rendent peu reluisants, mais de toute façon, des scènes de ce genre n'auraient pas dû se produire.

Éditeur: Anne Carrière.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Martine Moinat pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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