Auteur : Glattauer Daniel

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mardi, 31 juillet 2012

La septième vague, de Daniel Glattauer.

La septième vague

Voir la chronique du tome 1.

L'ouvrage:
En partant à Boston, Leo a désactivé son adresse e-mail. Mais Emmi écrit de temps en temps. Au bout de dix mois, Leo revient, et leur correspondance reprend.

Critique:
Il n'est pas aisé d'écrire une suite à un roman. Pourtant, «Quand souffle le vent du Nord» laissait le lecteur déconcerté. Certes, tout aurait pu se terminer ainsi, mais connaissant Emmi et Leo, cela ne pouvait durer.
En outre, la fin du tome 1 laissait à penser que nos deux héros ne parviendraient pas à franchir un certain cap. J'ai donc eu peur qu'ils ne fassent qu'avancer et reculer dans «La septième vague». Ils le font un peu, mais l'auteur ne s'amuse pas à faire une pâle copie du tome 1, ce qui n'engendrerait que lenteurs et ennui. La situation change.

Cette suite m'a plu. D'abord, Emmi m'a moins agacée que dans le tome 1. Il faudrait que je le relise, car je n'arrive pas à savoir si cet agacement tenait au caractère d'Emmi ou au fait que je n'apprécie pas la lectrice qui l'a interprétée. Dans le tome 2, elle se montre parfois retorse, mais Leo n'est pas en reste. Les rôles sont un peu mieux partagés. Leo n'est pas aussi sage que dans le tome 1. Il montre davantage ses peurs, ses doutes.

No héros ne pouvaient revenir sans leur humour incisif, leurs conversations parfois compliquées, leurs questions à choix multiples, leur verve, l'analyse de l'un par l'autre, leur romantisme. Pour ce qui est de tout cela, je n'ai pas été déçue. J'ai tout retrouvé. L'auteur a su les faire revivre.

Certains seront peut-être agacés par cette espèce de huis clos que nous partageons avec les deux protagonistes. Cela m'a beaucoup plu. D'abord parce que j'ai retrouvé l'ambiance du tome 1, mais aussi parce que c'est tout à fait ainsi que se comportent des amoureux virtuels. Daniel Glattauer a fait une chose qu'on pourrait lui reprocher. Il trouve le moyen de remettre le message que Bernhardt a adressé à Leo dans le tome 1. Ça peut être vu comme une lenteur, puisque le lecteur le connaît déjà. Cependant, si on lit «La septième vague» plusieurs mois après «Quand souffle le vent du Nord», il n'est pas mauvais que l'auteur nous remémore la teneur du message de Bernhardt. En outre, le message n'est pas si long.

La fin me convient. Elle est telle que je la souhaitais. Pourtant, l'auteur a quand même su me surprendre. En effet, je m'attendais à une autre fin tout en désirant celle qu'a choisie l'auteur.

Éditeur: Bernard Grasset.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jean-Yves Fournier pour l'association Valentin Haüy.
Ma petite déception de ne pas retrouver Jean-Marc Delhausse (puisque ce livre n'est pas sorti en audio dans le commerce), a été atténuée par le fait que j'aime beaucoup la lecture de Jean-Yves Fournier. Il ne tente jamais d'en faire trop, mais n'est pas monotone. D'autre part, même si j'aurais aimé que le rôle d'Emmi soit interprété par une femme, je préfère nettement le jeu de ce lecteur bénévole au surjeu de la comédienne Nathalie Hugo qui interpréta Emmi dans le tome 1.

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mardi, 11 mai 2010

Quand souffle le vent du Nord, de Daniel Glattauer.

Quand souffle le vent du Nord

L'ouvrage:
Voulant résilier un abonnement au magazine Like, Emmi Rothner écrit par mégarde à Leo Leike. Il lui signale son erreur, et tout pourrait en rester là. Elle commet une nouvelle erreur, et alors qu'il la lui signale, explique pourquoi elle a tapé une adresse avec «leike» au lieu de «like». Les échanges se poursuivent, une correspondance régulière s'établit.

Critique:
L'auteur exprime très bien certaines choses: le sentiment amoureux naissant d'une correspondance, sentiment fait d'idées et de réalité. En effet, les deux personnages n'ont que des mots pour se faire une idée de l'autre. Ils tombent amoureux de ce qu'ils lisent, mais aussi de l'idée qu'ils se forgent l'un de l'autre à travers les écrits.
Dans ce genre de situation, internet peut être traître, car il sublime tout. On ne voit que certains côtés de l'autre, on a envie d'en savoir plus, et on comble les lacunes avec son imagination.

Les premiers mails passés, Emmi et Leo jouent au chat et à la souris. Vont-ils se rencontrer? Ne vont-ils pas se rencontrer? L'un avance, l'autre recule. L'auteur analyse très bien, même s'il le fait de manière abrupte, ce qu'une rencontre peut occasionner: déception cuisante pour l'un et l'autre; pire: déception pour l'un et envie d'aller plus loin pour l'autre. Je pense quand même que quand on correspond avec quelqu'un, et qu'on finit par souhaiter une rencontre, la déception ne peut pas être si grande. Même si on ne voit qu'une partie d'un tout sur le net, ce qu'on voit est vrai, sauf si l'autre joue, et là, on part du postulat qu'aucun ne joue. Mais bien sûr, s'il n'y a pas déception, il peut y avoir attirance d'un côté, et envie d'une simple amitié de l'autre.
Pour moi, Leo et Emmi ont trop attendu. Plus on attend, plus on sublime, plus on a peur...

L'auteur décrit également très bien cette espèce d'autocentrisme des amoureux qui ne parlent que d'eux alors que le monde continue de vivre. Ici, le contraste est d'autant plus mis en avant qu'Emmi et Leo se mettent à parler météo quand l'un d'eux veut éviter un sujet délicat.

Les personnages sont attachants.
Le lecteur éprouvera de la compassion, mais aussi de l'agacement, pour Leo qui ne parvient pas à décoller de son coeur les vieux restes d'une histoire d'amour, et qui, avec cette correspondance, entreprend une espèce de thérapie. On voit son évolution au cours du roman. Il reprend confiance en lui, et se révèle être quelqu'un de bien.

Emmi est plus difficile à cerner. Elle est assez prompte à se faire des idées: ses colères irraisonnées et ses piques assassines m'ont fait soupirer. On me dira que certaines filles sont comme ça, étant donné qu'elles décortiquent tout. Soit. Mais là, j'ai trouvé Emmi assez pénible.
En outre, elle souffre, fait souffrir, ne fait rien pour clarifier les choses. Bien sûr, il n'est pas facile pour elle de s'avouer tout ce que cette correspondance lui fait découvrir, mais il ressort de tout cela qu'elle est égoïste, alors que Leo optera pour des solutions plus saines.
Par ailleurs, elle est assez superficielle, car très attachée à l'apparence physique.

Le personnage d'Emmi m'a souvent agacée, mais je pense que ce livre est une réussite. On découvre les personnages au fur et à mesure qu'ils se dévoilent, il n'y a aucun temps mort, et ce roman renouvelle le genre épistolaire.

L'idée de départ fait qu'il est assez difficile de faire une fin. J'ai d'abord trouvé la fin facile, mais avec le recul, je ne peux pas en imaginer une autre. Ce qui me dérange un peu, c'est qu'elle est ouverte. À nous d'imaginer ce que fera l'un des personnages.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jean-Marc Delhausse, Nathalie Hugo, et Robert Guilmard.
Ce livre m'a été offert par les éditions Audiolib.. Il sort le 19 mai.

Jean-Marc Delhausse a parfaitement su entrer dans le personnage de Leo, mettant toujours le ton approprié et n'en faisant jamais trop. En outre, sa voix grave et basse se prête très bien au mystère dont l'auteur commence par entourer son personnage.
J'ai déjà eu le plaisir d'entendre ce comédien dans «La femme du cinquième». Je me souviens avoir pensé qu'il jouait un peu de la sensualité de sa voix. Dans «Quand souffle le vent du Nord», son interprétation est parfaite. Je pense que les éditions Audiolib devraient lui faire enregistrer plus d'ouvrages.

J'ai été déçue par l'interprétation de Nathalie Hugo. J'ai bien conscience que le personnage d'Emmi n'est pas facile à interpréter. Je pense que la comédienne n'est pas parvenue à entrer dans la peau de son personnage. Elle en fait trop. Elle tente de mettre le ton qu'il faut, mais la plupart du temps, elle surjoue. Du coup, je triture mon cerveau, et me demande quelle comédienne ou lectrice bénévole je verrais dans le rôle!

On entend peu Robert Guilmard. J'ai aimé sa façon de jouer. Il sait exprimer la douleur du personnage qu'il interprète sans trop en faire.

J'ai trouvé sympathique le fait d'insérer le bruit de la connexion internet (même si aujourd'hui, les connexions qui font ce bruit sont rares, car la plupart des gens est passée au haut débit), ainsi que le bruit de quelqu'un tapant à l'ordinateur. J'aurais préféré qu'on ne l'entende qu'au début et à la fin du roman, et pas au début de chaque chapitre.

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