Auteur : Giébel Karine

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jeudi, 31 mai 2018

Maîtres du jeu, de Karine Giébel.

Maîtres du jeu)

L'ouvrage:
Ce livre se compose de deux nouvelles.

Post mortem:
Aubin Mesnil est décédé après une longue maladie. Il lègue sa maison ardéchoise à une actrice très célèbre: Morgane Agostini. Le frère du défunt est furieux, d'autant que celui-ci ne connaissait pas la bénéficiaire de son legs.

J'aime votre peur:
Un dangereux psychopathe, emprisonné depuis six ans, vient de s'évader. Il adore torturer des gens devant leurs proches pour se délecter de la souffrance subie. La police est à sa recherche.

Critique:
J'ai beaucoup aimé la première nouvelle. Elle est à tiroirs: l'auteur pose les choses, et on se rend compte que ce n'est pas si simple, qu'un pan de l'histoire en cache un autre. L'ambiance est oppressante presque dès le début. Les événements et les personnages sont du pur Giébel. J'ai savouré cette nouvelle, parce que l'auteur s'est arrangée pour qu'on ne s'attache pas aux personnages. Donc quoi qu'il leur arrive, on n'aura pas de peine pour eux, et on goûtera tout le sel de l'implacable destin dans lequel ils se précipitent. Il en est bien un pour qui j'ai ressenti de la compassion, mais Karine Giébel prévient tout de suite son lecteur quant à ce personnage... J'aurais peut-être dû voir venir certaines choses, mais j'étais trop absorbée pour tenter de décortiquer la nouvelle. Dommage qu'elle ait été si courte...

J'ai moins aimé «J'aime votre peur». J'ai trouvé que la romancière en faisait beaucoup trop. Le méchant tueur qui se repaît de la souffrance des autres, et bien sûr, qui a souffert dans son enfance, c'est un peu facile... peut-être aurait-il fallu qu'elle prenne davantage le temps de décrire ce qui a fait qu'il en est arrivé là. Le sujet étant (à mon sens) galvaudé, il aurai fallu qu'il soit renouvelé par quelque originalité.
Ensuite, j'ai trouvé Sonia très nunuche. Elle semblait ne penser qu'aux hommes sur lesquels elle pourrait sauter.
De plus, l'auteur pointait trop un coupable possible du doigt, et retardait trop le moment de la révélation.
La fin rachète peut-être un peu le reste, mais tout arrive trop vite, sans vraiment être préparé... Il y a bien de maigres indices au cours de la nouvelle, mais trop peu.

J'ai aimé relire du Giébel, mais j'ai été déçue de l'inégalité (selon moi) des deux nouvelles. Je recommande quand même ce livre, ne serait-ce que pour «Post mortem».

Éditeur: Pocket.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Madeline Volet pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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lundi, 2 janvier 2017

Terminus Elicius, de Karine Giébel.

Terminus Elicius

L'ouvrage:
Jeanne est secrétaire au commissariat de police de Marseille. Habitant à Istres, elle prend le train pour aller au travail et en revenir. Elle s'assoit toujours à la même place. Un jour, elle y trouve une lettre qui lui est adressée. Elle apprend rapidement que l'homme qui lui écrit est celui que la police recherche. Il en est à son deuxième meurtre.

Critique:
Ce roman n'est pas mon préféré, mais il est dans l'esprit de Karine Giébel. Il m'a beaucoup plu. Au début, l'auteur présente Jeanne. On parvient facilement à l'imaginer. Enfermée dans sa timidité, se rassurant grâce à ses petites manies, s'effaçant au maximum... Dès la fin du premier chapitre, elle trouve la première lettre, et le lecteur partage ses tourments. On comprend très bien le dilemme de la jeune femme. Une part d'elle-même lui dit de dénoncer l'assassin, mais c'est le premier qui fait attention à elle, lui dit de gentilles choses, et il semble avoir souffert. Au long des lettres d'Elicius et des événements qui arrivent, on suit le cheminement de Jeanne. On entrevoit une blessure secrète qui n'a pu être digérée et qui fait encore des ravages. Ce personnage est très effacé, mais comme le lecteur est dans sa tête, il se rend compte de sa complexité, de sa sensibilité, et de sa lucidité, malgré tout.

J'ai très vite cru que la romancière ferait un retournement comme je les déteste, et qu'à la fin, nous découvririons que Jeanne est l'assassin, qu'elle souffre d'un dédoublement de personnalité. Karine Giébel s'arrange d'ailleurs pour qu'on le croie sans créer d'incohérences.

L'intrigue traîne un peu vers la moitié du roman, mais ce n'est pas très gênant parce que cela ne dure pas. Certaines découvertes sont bien placées. J'ai deviné une ou deux choses, mais rien ne m'a dérangée, car je n'aurais pas aimé que cela ne tourne pas ainsi. Il y a quand même un fait à propos duquel j'aurais aimé une explication. Le lecteur peut l'imaginer, mais j'aurais préféré qu'elle soit donnée par l'auteur. Sur ce point, la romancière a été un peu légère.

Comme souvent, l'auteur s'attache à montrer que le bourreau est plutôt une victime. Le pire est que sa démonstration est crédible. Au long du roman, on sent que l'assassin a souffert, et on ne parvient pas à lui en vouloir tant qu'on n'a pas toutes les données. Lorsque la solution est apportée, on se sent perdu et impuissant. Je sais que ce genre de choses (ce qui a fait que le meurtrier est une victime) est pratiqué, et malheureusement, je ne pense pas que Karine Giébel exagère beaucoup. Elle rend son histoire d'autant plus réaliste qu'elle puise dans des faits dont on sait qu'ils arrivent dans la vie de tous les jours.

Ce roman est le premier de Karine Giébel. Il ressort cette année aux éditions Belfond. Dans cette réédition, est ajoutée une nouvelle, apparemment écrite pour l'occasion: «Aurore». L'éditeur audio l'a incluse après le roman. Elle m'a également plu. Elle rejoint un peu le thème déclencheur des événements dans «Terminus Elicius». Là encore, cela met mal à l'aise, car nous savons tous que la situation d'Alban est assez répandue... Ce qui arrive à Aurore l'est également, mais dans l'absolu, elle est moins à plaindre qu'Alban.
Dans cette nouvelle, il y a un clin d'oeil à «Terminus Elicius». J'ai trouvé cela sympathique.

Service presse des éditions Audible Studios, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Micky Sebastian.
Micky Sebastian est une comédienne que je connais et apprécie depuis très longtemps pour ses doublages. Je trouve qu'elle a très bien interprété ce roman. À un moment, je me suis demandé pourquoi elle faisait cette voix à la fois grave, chuchotante et un peu cassée pour Elicius. Puis l'auteur explique que c'est ainsi que Jeanne se l'imagine. Cela m'a un peu surprise au début, mais ensuite, j'ai trouvé que cette voix plongeait davantage le lecteur dans cette ambiance sordide et collante.
Que Jeanne discute avec sa voix intérieure, qu'Esposito et Lepage parlent de l'enquête, la comédienne prend toujours une intonation appropriée, qui va bien à l'ambiance du roman.
Je me suis demandé pourquoi elle donnait un petit accent du Midi à Monique (j'ai aimé le fait qu'elle ne l'exagère pas), et j'ai compris en entendant Monique utiliser des mots comme «Peuchère». Outre que le roman se passe à Marseille, quelqu'un qui utilisera des mots «régionaux» le fera plutôt avec un accent.
La comédienne a su se fondre dans l'ambiance et la renforcer par son interprétation juste. J'espère qu'elle enregistrera d'autres livres qui me tenteront.

Pour information: la structure du livre est respectée.

Cliquez ici pour voir le livre audio et en écouter un extrait.

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lundi, 21 novembre 2016

Satan était un ange, de Karine Giébel.

Satan était un ange

L'ouvrage:
François Pavin, quarante-sept ans, vient d'apprendre qu'il a une tumeur au cerveau. Ses jours sont comptés. Refusant de tenter un traitement qui ne ferait que prolonger sa vie de quelques mois, il fuit. Alors qu'il roule au hasard, il prend un jeune garçon, Paul, en stop.

Critique:
Malgré ma déception quant à «De force», j'ai voulu essayer le livre que l'auteur a écrit avant. J'ai retrouvé la magie de Karine Giébel. Ce roman n'est pas mon préféré, mais je l'ai beaucoup aimé.

Les personnages sont attachants. Chacun va connaître une sorte de parcours initiatique, et faire des choses dont il ne se serait pas cru capable. Chacun va découvrir, en lui-même, des ressources insoupçonnées. Chacun va parvenir à toucher l'autre. Ils se connaissent à peine, et la complicité qu'ils tissent pourrait paraître incongrue. Cependant, ici, cela ne l'est pas. Cette complicité ne va pas sans heurts. Les deux hommes se découvrent, et François doit s'adapter. Paul devient rapidement son ami, mais mieux connaître le jeune homme, c'est plonger dans des eaux troubles dont on ne ressort pas indemne.

L'auteur met en regard l'attitude de Paul et celle de François dans leur vie passée. Chacun a mal agi, les circonstances étaient différentes pour chacun. Le lecteur éprouvera divers sentiments contradictoires pour eux: compassion, répugnance...
On ne sait pas tout de suite quoi penser de Paul. On se doute bien que ce n'est pas quelqu'un au passé lisse. Dès le départ, il suscite un malaise diffus. À propos de ce personnage, on retrouve un thème déjà vu dans d'autres romans de Karine Giébel: l'idée qu'il y a toujours une possibilité de rédemption pour celui qui tente de s'en sortir. Mais bien sûr, il faut un minimum d'aide à cette personne. Voilà pourquoi je comprends ce qui est dit dans l'épilogue. Certains diront que c'était inévitable...

Karine Giébel s'y entend pour créer une ambiance oppressante, traversée d'instants de calme... avant une nouvelle tempête. Cette guerre des nerfs est très bien exposée, et le lecteur vivra au rythme des deux personnages principaux. Je suis contente, parce qu'à un moment, j'ai cru avoir trouvé quelque chose, mais je me suis trompée, ce qui m'a fait plaisir.

Service presse des éditions Audible FR, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par François Tavarès.
J'ai été ravie de retrouver ce comédien dont j'apprécie le jeu. Ici, il s'est glissé dans la peau des personnages sans difficultés apparentes. Il a modifié sa voix, ce que je n'aime pas, habituellement. François Tavarès fait partie des rares qui peuvent le faire sans que cela paraisse artificiel. Son jeu est naturel, son interprétation est vivante, sans surjeu.

Comme pour «Les aventures improbables de Julie Dumont», l'éditeur audio a respecté la structure du livre: une piste est égale à un chapitre. En plus, il me semble que dans ce roman, il y avait moins de blancs que dans certains autres. Cela m'a fait plaisir, car je déteste les blancs. ;-)

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jeudi, 7 avril 2016

De force, de Karine Giébel.

De force

L'ouvrage:
Maud Reynier, vingt ans, promène son chien lorsqu'elle est agressée. Alors que son assaillant s'apprête à la violer, un passant s'interpose et parvient à le faire fuir. Les choses ne font que commencer.

Critique:
J'ai adoré certains romans de Karine Giébel. Quelle ne fut pas ma joie de découvrir qu'Audible FR sortait son dernier en audio! Elle fut à la hauteur de la déception que j'ai ressentie lors de ma lecture. Pour moi, Karine Giébel a trahi son public. J'ai lu des chroniques de ce roman: certaines personnes pensent comme moi et d'autres (même après avoir lu d'autres ouvrages de cette romancière) ont adoré «De force».

Malheureusement pour moi, j'ai deviné 99% des «mystères». J'étais assez amusée (pour ne pas dire agacée) lorsque les indices que je collectais corroboraient mes théories surtout l'une d'entre elles. Au moins, Karine Giébel a été cohérente. Elle n'a pas osé aller aussi loin que Sophie Mckenzie dans «Appelle-moi» où le coupable est à deux endroits en même temps afin que le lecteur ne le soupçonne pas.
Lorsqu'on crée des énigmes, on ne peut pas les expliquer tout de suite, il faut bien que le lecteur marine un peu. En général, les bons auteurs font en sorte que la psychologie des personnages et les rebondissements fassent presque oublier les énigmes au lecteur. Ici, ce n'est pas le cas. Il ne se passe pas grand-chose. Lorsqu'il y avait des rebondissements (par exemple, ce qui arrive à Charlotte, ou le deuxième combat entre Luc et l'agresseur) ils me paraissaient convenus. Ensuite, certaines choses prennent trop de temps, comme les ressassements de Maud dus à sa folle passion. De plus, l'auteur emploie des ficelles indignes d'elle. Les personnages apprennent certaines choses avant le lecteur. On voit Machin penser à ce que Truc va découvrir, puis on voit Truc découvrir la chose et on ne sait toujours rien. Et on attend... Pour moi, c'est un suspense artificiel.
Lorsque les solutions des différentes énigmes sont données, j'ai trouvé que certaines choses n'étaient pas crédibles. Était-ce dû au fait que j'avais presque tout deviné et que j'avais imaginé des circonstances un peu mieux ficelées pour faire tenir le tout?

Souvent, les personnages de Karine Giébel sont blessés, ce qui les fait mal (voire très mal) agir. On éprouve de l'empathie pour eux malgré leurs côtés sombres ou désagréables. Ici, la plupart sont des coquilles vides. Le chirurgien riche et imbu de lui-même n'a rien éveillé chez moi, il est trop caricatural pour être crédible. Aucun défaut ne lui est épargné. Jusqu'au bout, il tente de se défiler...
Quant à sa fille, Maud, elle m'a plutôt exaspérée. Elle tombe folle amoureuse d'un homme qu'elle connaît à peine, et échafaude des plans pour tuer sa petite amie. Elle se vautre dans son chagrin de n'être pas celle qui fait battre le coeur de celui qu'elle aime. On dirait qu'elle a douze ans et que son béguin préfère sortir avec la fille la plus populaire de la classe. L'auteur retranscrit tout cela par des paroles qui ressemblent davantage à ce qu'on trouverait dans la collection Harlequin que chez Karine Giébel.
Luc est peut-être un peu plus épais, mais il m'a peu touchée. J'ai l'impression que l'auteur n'a pas réussi à insuffler une âme à ses personnages, comme elle l'a fait dans ses romans précédents.

Il est assez déroutant pour moi d'avoir été si déçue par celle qui écrivit le chef d'oeuvre qu'est «Meurtres pour rédemption» ou encore des romans aussi aboutis que «Purgatoire des innocents», «Juste une ombre», «Les morsures de l'ombre»... des romans dont je ne sortirai sûrement jamais.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Isabelle Miller.
Ce livre m'a été envoyé par les éditions Audible FR, dont vous trouverez le catalogue sur le site Audible.
Si j'ai été déçue par l'auteur, j'ai été ravie de retrouver la comédienne qui, elle, n'a pas démérité. Elle n'a pas modifié sa voix pour faire les hommes (ou si peu), et c'est très bien ainsi. Grâce à son jeu subtil et à son intonation toujours appropriée, elle a su donner vie aux personnages sans avoir besoin d'en faire davantage. De plus, lorsque Maud gâtifie, elle n'a pas pris un ton niais, ce qui aurait été, à mon sens, du surjeu. J'espère que ce premier ouvrage enregistré par elle pour Audible FR sera suivi de beaucoup d'autres!

Je regrette que les éditions Audible FR ne coupent pas leurs ouvrages selon la structure du livre. En effet, changer de piste ne signifie pas changer de chapitre, mais (pour ce qui est de ce roman) sauter au moins quatre chapitres. Je n'ai pas ce problème lorsque j'achète les livres venant d'Audible.com.

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vendredi, 27 mars 2015

Meurtres pour rédemption, de Karine Giébel.

Meurtres pour rédemption

L'ouvrage:
Marianne de Gréville a vingt-et-un ans. Elle est en prison à perpétuité pour meurtres. Elle s'est forgé une carapace afin de survivre. Elle y réussit d'autant mieux qu'en tant que détenue dangereuse, elle est seule dans sa cellule, ne se promène pas en même temps que les autres, n'a pas le droit de travailler, etc. Cependant, les choses se compliquent de diverses façons.

Critique:
Comme dans «Purgatoire des innocents», Karine Giébel précipite ses personnages dans un chaos de sentiments exacerbés par les conditions, les circonstances dans lesquels ils se développent. Malgré son épaisseur, ce livre ne souffre d'aucun temps mort. La tension, le suspense, les sensations extrêmes sont au rendez-vous du début à la fin.

Comme dans tous ses romans, elle plante parfaitement le décor, analyse à merveille ses personnages, et déroule son intrigue sans anicroches.

Les personnages de Karine Giébel sont toujours profondément humains. Ils sont également meurtris, mais tentent d'avancer, même lorsqu'ils croient en être incapables.
Ici, comment ne pas se fondre dans le personnage complexe de Marianne qui a eu le malheur d'être élevée par les mauvaises personnes. Ce personnage charismatique semble presque double: d'un côté, elle peut être une machine impitoyable et incapable de contrôler ses pulsions; de l'autre, elle peut faire preuve d'abnégation, de générosité. Elle peut se mettre à nu, montrer ses faiblesse et ses défaillances, accorder sa confiance sans limites. L'auteur a su créer un personnage qui, au premier abord, paraît détestable, et qui, par la suite, donne envie de la connaître. D'ailleurs, ceux qui s'y hasardent se verront transformés.

Je ne peux pas parler de tous les personnages, mais aucun ne laissera le lecteur indifférent. J'avoue avoir eu du mal à m'attacher à Franck, alors que je pense que l'auteur voulait qu'on s'y attache.

Avec une méticulosité à glacer le sang, la romancière dépeint l'univers carcéral. Je ne sais pas jusqu'à quel point ce qu'elle décrit arrive, mais j'ai trouvé tout cela très réaliste: les matons sadiques, ceux qui font ce travail pour comprendre et aider, les amours au goût de désespoir, les clans, les «règles» qui ont cours entre détenus, la solidarité, l'humanité qui finit par lier d'amitié des duos improbables.

Parfois, alors qu'on ne s'y attend pas, un élément survient, et les choses prennent un tour totalement différent. D'autre part, certaines choses sont prévisibles, mais cela ne gêne en rien la lecture, car le suspense n'est qu'une infime composante de ce récit. J'ai d'ailleurs été surprise qu'un personnage comme Franck n'ait pas su une chose qui était évidente. C'est la preuve qu'il restait en lui une part d'humanité encore intacte... c'est le cas chez beaucoup de personnages de Karine Giébel.

Comme dans la plupart des romans de cette auteur, la fin est pessimiste. Je pense qu'il vaut mieux savoir que cette romancière est coutumière du fait, car ainsi, on tente de se prémunir, et de ne pas s'attacher aux personnages... Cela ne fonctionne pas toujours... Cependant, ici, une telle fin aurait difficilement pu être autre, tout au moins pour un ou deux personnages. Marianne finit d'ailleurs par être très lucide à ce sujet.

Un livre dur, renfermant certains personnages sordides, mais où parfois, quelques moments de répit se fraient un chemin. Un livre réaliste, coup de poing. Un roman dont mes mots sont impuissants à rendre la beauté, la sauvagerie, la justesse.

Remarque annexe:
Comme dans d'autres ouvrages de Karine Giébel, il y a des scènes où certains personnages sont très amochés (ils ont été frappés), et où ils parviennent à faire des choses dont on les croirait incapables. La palme revient, je pense, à Marianne.

Éditeur: Fleuve Noir.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour le GIAA

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