Les convalescentes

L'ouvrage:
Après qu'elle a foncé en voiture dans la grille du lycée dans lequel elle est professeur, Lise se voit prescrire trois mois de repos dans un lieu de cure. Elle choisit de retourner dans l'arrière-pays langdocien de son enfance.
Dans la maison de repos, elle fait la connaissance d'Oriane, vingt-quatre ans, coutumière de ce lieu à cause de son anorexie.
Daisy est paralysée à la suite d'un accident. Elle fait une cure thermale. Lise Oriane croisent souvent Daisy et son mari, Maxime. Il semble à Lise avoir déjà vu cet homme.

Critique:
Le roman m'a globalement plu, même si j'ai certains reproches.
J'ai trouvé un peu étrange que Lise et Oriane se lient ainsi d'amitié, alors que tout les oppose. Bien sûr, l'auteur sous-entend qu'Oriane est une espèce de déclencheur, de béquille. Lise réapprend à s'attacher, à aimer grâce à elle.
J'ai aussi trouvé curieux que l'indépendante Daisy se soit si rapidement mariée et ait si radicalement changé de mode de vie. Bien sûr, c'est expliqué par sa condition.
Ce qui conduit Oriane à la maison de repos peut sembler cliché, mais c'est pourtant terriblement réaliste.
Voilà pourquoi tous mes reproches sont discutables.

Michèle Gazier expose et analyse le mal être des personnages qu'elle décrit. La solution que chacun adopte n'est pas forcément la bonne, mais les trois femmes se remettent en question, même si cela arrive tard.

Pendant tout le roman, on oscillera entre deux hypothèses. Très vite, j'ai sauté sur l'une d'elles, et Lise n'a pas tardé à me suivre. Cependant, certaines choses que dit Oriane à la fin font réfléchir. Je continue à penser que j'avais raison, mais les indices que j'ai récolté (à l'instar de Lise, puis de Daisy), peuvent être interprétés différemment. Michèle Gazier rassemble un faisceau de preuves qui nous feront pencher d'un côté, mais finalement, rien n'aura vraiment été clarifié. J'aime les livres où les auteurs jouent ainsi: le lecteur se retrouve limier, il doit faire parler les indices le plus objectivement possible.

J'ai eu du mal à apprécier Oriane. Ce n'est qu'à la fin que j'ai éprouvé de la compassion pour elle, surtout parce qu'elle était plus posée que pendant le reste du roman. Pourtant, je sais que le fait qu'Oriane soit insupportable vient du mal être qu'elle ressent en permanence.

Au début, Lise m'agaçait un peu parce que j'ai du mal avec ceux qui n'aiment pas leur vie privée et se laissent porter par elle. Cependant, ce personnage m'a rapidement été sympathique. Les premiers jours de marasme passés, elle tente de faire quelque chose, de comprendre, et commence à s'intéresser aux autres.

Daisy est plus trouble. Étrangement, je l'ai tout de suite trouvée sympathique. Ensuite, j'ai compris son cheminement. Enfin, après avoir lu la fin du roman, je ne sais pas trop quoi penser d'elle...

Éditeur: Seuil.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jacqueline Duperret pour la Bibliothèque Sonore Romande.

Acheter « Les convalescentes » sur Amazon