Auteur : Gardner Lisa

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mardi, 12 juillet 2011

La fille cachée, de Lisa Gardner.

La fille cachée

L'ouvrage:
Septembre 1977, Huntville, Texas.
Russell Lee Holmes est exécuté pour avoir enlevé, torturé, et assassiné six enfants. Le soir de son exécution, une enfant de neuf ans est retrouvée près d'un hôpital de Boston. Elle a été droguée. Les médecins parviennent à la sauver. La fillette est amnésique: elle a même oublié son prénom.
Plus tard, on décide de l'appeler Mélanie. Elle est adoptée par la famille Stokes. Les stokes ont perdu leur enfant, Megan. Celle-ci fait partie des victimes de Russell Lee Holmes.

Critique:
J'ai préféré ce roman à «Jusqu'à ce que la mort nous sépare».
Lisa Gardner parvient à construire un bon roman psychologique à suspense. Les personnages sont creusés, leur psychologie est intéressante. Ils ne sont pas manichéen.
Bien sûr, on a le couple sympathique (Mélanie et David). Cependant, il faut bien des personnages attachants auxquels s'identifier. Par ailleurs, David et Mélanie ne sont pas parfaits. Ils agissent parfois de manière irréfléchie, alors que la solution est devant leur nez. Leur rapport à la famille est intéressant à explorer.
En outre, beaucoup d'autres sont sympathiques, mais ont des zones d'ombre: Patricia, Bryan, Ann-Margaret, Jamie. Ils ont commis des erreurs, plus ou moins graves, et tentent de faire au mieux. Tous ces personnages ont agi par amour, et en voulant bien faire. Le lecteur ne pourra rester indifférent à leurs motivations et à leur détresse, même si ce que fait Jamie est inexcusable. C'est d'ailleurs un personnage sur lequel on se penchera en se demandant ce qu'on aurait fait à sa place. Le débat est ouvert.

L'auteur montre très bien comment la famille Stokes a été détruite, certes par un drame, mais aussi par l'incompréhension de l'un d'entre eux, qui a tout saccagé sur son passage. C'est d'ailleurs l'un des rares personnages manichéens du roman. Le lecteur n'aura pas d'états d'âme à son propos. Cependant, il n'a pas gâché ma lecture, car il est crédible.

L'histoire d'amour est un peu convenue, mais l'auteur ne fait pas cela de manière trop attendue. Cet épisode ne m'a pas dérangée, il m'a même plu.

Malgré des personnages et des situations crédibles, le livre souffre de longueurs. Si le suspense, combiné à une bonne analyse psychologique, est au rendez-vous, j'avais trouvé certaines choses. J'ai très rapidement su qui était Mélanie. Cette information est arrivée assez tard, et cela a accentué le fait que le livre traînait. L'auteur gardait cet élément à sortir de son chapeau comme un prestidigitateur, mais pour moi, c'est tombé à plat.

Remarque annexe:
Ce roman ne fait pas partie de la série mettant en scène Pierce quincy. Si celui-ci n'est pas au premier plan, on le voit, et il est évoqué par David comme celui qui a résolu l'affaire Jim Beckett, allusion à «Jusqu'à ce que la mort nous sépare».

Éditeur français: l'Archipel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Laurel Lefkow.
La lectrice a une voix agréable, et met le ton approprié. Elle parvient à jouer sans que cela soit trop désagréable. Il est quand même dommage qu'elle élève tant la voix quand les personnages se crient dessus, et qu'elle la baisse à l'extrême sur d'autres passages. J'ai souvent été obligée de changer le volume de mon appareil, ce qui était assez pénible.

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lundi, 30 mai 2011

Jusqu'à ce que la mort nous sépare, de Lisa Gardner.

Jusqu'à ce que la mort nous sépare

L'ouvrage:
J.T. Dylan, ancien militaire, vit retiré chez lui entre la bière, la tequilla, et ses remords. C'est alors qu'une jeune femme (Tess), débarque, et lui demande de lui apprendre la self-défense. Elle explique laconiquement qu'elle doit se protéger de son ex-mari.

Critique:
J'ai été déçue par ce roman. D'abord, son extrême lenteur est décourageante. Je l'ai fini parce que c'était un roman de Lisa Gardner. Cette lenteur lui fait perdre énormément de force. Par exemple, il y a de longues discussions pour savoir qui est réellement la jeune femme, de quoi elle a réellement peur, etc. Ce n'est qu'un exemple: tout le roman souffre de longueurs.

D'autre part, l'auteur jalonne son récit de retours en arrière dans le passé de Tess, afin que le lecteur comprenne ce qui lui est arrivé. Si l'histoire est intéressante, les retours en arrière finissent par être inutiles et provoquer des longueurs. En effet, l'auteur donne des exemples de maltraitance subie par Tess, mais tout est trop étalé.

C'est le troisième roman de Lisa Gardner que je lis, et le troisième où il est question de viol (ici, c'est même de l'inceste) sur mineurs. Si le sujet est délicat et douloureux, s'il faut se prémunir contre ces horreurs au maximum, j'ai peur que la romancière le galvaude en l'utilisant trop. Cela risque de lasser le lecteur.

D'autre part, le dangereux Jim n'est pas très crédible. Il échappe à tout le monde, est plus fort que tout le monde, est partout à la fois, triomphe de personnes armées et surentraînées... Soit, c'est un policier, donc, il a certains moyens; soit, il est malade, donc il a certaines capacités. Mais je l'ai trouvé plus ennuyeux qu'effrayant.

La manipulation est bien exploitée. Lisa Gardner donne des exemples pertinents de ce qu'a fait Jim pour que Tess finisse par se croire une moins que rien.
Il est d'ailleurs très bien que la jeune femme, malgré ce bourrage de crâne, ait trouvé la force morale d'agir. Cela fait que ce livre sort un peu des sentiers battus. La femme maltraitée ne tend pas l'autre joue. J'ai aimé cet aspect de l'intrigue.

D'autre part, les personnages de J.T. et de Marion sont également intéressants. La façon dont ils vivent avec ce qu'ils ont subi, le fait que J.T. se reproche le mal qui arrive à ceux qu'il aime... C'est assez complexe, mais tout à fait compréhensible et crédible.

Remarque annexe:
Ce roman est également le premier où l'on rencontre Pierce Quincy, l'agent du F.B.I. qui devient récurrent par la suite. Il faudrait creuser, mais je me demande s'il n'y aurait pas une incohérence. En effet, ce roman se passe en 1995 (c'est de là que date un interrogatoire de Jim), et Quincy vient de divorcer. J'avoue ne pas avoir saisi si c'était de Rainie (auquel cas, il n'y aurait pas d'incohérence), ou de sa première femme. Si c'est de sa première femme, il y a une incohérence, puisque «Say goodbye» se passe en 1988 ou 1989, et que Quincy et Rainie viennent chez Kimberly.

Éditeur français: l'Archipel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Jennifer Woodrow.
L'interprétation était globalement bonne. Cependant (peut-être pour se mettre au diapason), la lectrice lit un peu trop lentement. En outre, sous prétexte que Tess vient d'un petit village du Nord, elle lui fait un horrible accent qui m'a écorché les oreilles! Ce n'était pas naturel du tout! J'ai trouvé, par exemple, que Julia Gibson jouait mieux lorsqu'elle prenait un accent du Sud pour la mère dans «Deep dish».

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mercredi, 2 mars 2011

La maison d'à côté, de Lisa Gardner.

La Maison d'à côté

Note: Ce livre est le tome 3 de la série mettant en scène la femme policier D.D. Warren.

L'ouvrage:
Jason et Sandra Jones sont mariés depuis cinq ans. Leur fille, Ree, a quatre ans. Ils se sont arrangés pour ne pas avoir besoin de la faire garder. Cela implique que Jason travaille alors que sa femme est à la maison. C'est ainsi qu'un mercredi soir, Sandra est seule avec sa fille. Lorsque Jason rentre, la jeune femme a disparu.

Critique:
Vous allez me dire que cette entrée en matière est des plus classiques: une femme disparaît, on va passer son temps à lire les interrogatoires des suspects, l'enquête sera linéaire... Sauf que nous avons affaire à Lisa Gardner. Si vous ne la connaissez pas, sachez que ses livres ne sont pas d'insipides petits polars qu'on oublie sitôt refermés. Les romans de Lisa Gardner (du moins, les deux que j'ai lus), sont sombres, exempts de manichéisme, et terriblement réalistes.
Ici, elle prend prétexte d'une enquête de voisinage pour aborder intelligemment certains thèmes, et poser diverses questions éthiques. Elle signe ici un très bon roman psychologique à suspense, explorant la souffrance, la perversité humaine sans complaisance à travers plusieurs personnages. Par exemple, un voisin des Jones (Aidan Brewster), est un délinquant sexuel fiché. Les soupçons se porteront sur lui. C'est là qu'on se dit que la limite est mince entre travail bien fait et chasse aux sorcières. Il est logique qu'on le suspecte, mais il est clair que les enquêteurs ne peuvent être objectifs.

D'autre part, la psychologie de Brewster est intéressante. On voit que l'auteur connaît son sujet, elle n'écrit pas à la légère. On sent que chaque information est pesée, qu'elle a fabriqué un personnage criant de vérité. À la fin, le lecteur ne le connaît pas vraiment... et ce qu'il sait lui laisse un sentiment de malaise. Je sais que certains pervers sont persuadés d'être amoureux de leurs victimes. Concernant Brewster, je n'ai pas réussi à définir ou était le vrai du faux. Mais je suis sûre d'une chose: comme le fait amèrement remarquer Jason, si Brewster avait été totalement sincère, il aurait agi autrement dans le passé.

Le lecteur assiste également à l'histoire de Sandra. J'avais deviné quelque chose quant à ce récit. Outre cela, c'est une autre analyse de déviances. C'est la même chose avec l'histoire de Jason.
Ces deux personnages sont remarquables, étant donné qu'ils essaient de s'en sortir, et de ne pas reproduire ce qu'ils ont vécu. Pourtant, là encore, la fin de l'histoire révèlera autre chose. Qu'aurions-nous fait à la place de Sandra? Que dire quant aux agissements de Jason? Sont-ils si répréhensibles, malgré leur illégalité? Que penser de ce qu'Ethan a décidé de faire? Se pose encore la question de la justice, et des limites de celle des hommes.

À propos de l'un des personnage, la romancière créé un lien entre «Say goodbye» (qui, à ma connaissance, n'est pas sorti en français), et «La maison d'à côté». En général, quand deux roman sont liés, on va conseiller de lire l'un des deux avant l'autre. Je serais bien en peine de le faire. En effet, si vous lisez «Say goodbye» d'abord, vous connaîtrez certaines réponses aux énigmes de «La maison d'à côté», mais si vous commencez par «La maison d'à côté», vous saurez comment se termine «Say goodbye». J'ai lu ce roman il y a deux ans, mais il m'a tellement choquée que dès que l'un des personnages de «La maison d'à côté» s'est mis à parler d'araignées, j'ai eu des sueurs froides, et j'ai su qui il était. Il y a peut-être d'autres liens d'un roman à un autre... aussi, j'ai décidé de lire tous les ouvrages de Lisa Gardner par ordre chronologique (même pas en suivant les séries, puisqu'ici, deux romans de deux séries sont liés).
Je n'ai pas été capable (moralement), de chroniquer «Say goodbye», il y a deux ans. Je le regrette un peu, aujourd'hui.

Si le livre sort des sentiers battus, l'auteur se permet quand même d'utiliser certaines ficelles un peu faciles. Par exemple, elle dévoile les vies et les sentiments de ses personnages peu à peu. Elle donne quelques os à ronger à son lecteur, afin qu'il attende fébrilement la suite. Je n'aime pas trop ce procédé, mais il fait partie du jeu. Si je m'en suis accommodée concernant la plupart des personnages, je me suis un peu ennuyée quand il s'agissait de celui qu'on rencontre dans «Say goodbye», puisque je savais déjà tout.

Remarques annexes
L'auteur évoque le monde de l'informatique. Contrairement à certains qui embrouillent le lecteur, ses explications sont claires. De plus, d'après mes connaissances, tout ce qu'elle dit est exact.
Elle raconte en détails l'interrogatoire de Ree. J'ai aimé m'instruire quant aux méthodes employées pour interroger de très jeunes enfants en tentant de ne pas les perturber.
Quand j'ai lu «Say goodbye», je me suis demandée comment traduire «burger man». Je pensais que ça pouvait être une autre façon de dire «croque-mitaine», bien que cela se dise «bogeyman». Ici, le traducteur a pris le parti de laisser «burger man».

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Élodie Huber. Ce livre m'a été offert par les éditions Thélème.
J'ai apprécié que la lectrice joue, mais ne surinterprète pas. J'ai été soulagée qu'elle ne singe pas une voix enfantine pour faire parler Ree. J'ai été un peu déçue qu'elle tente de prononcer certains noms à l'anglaise, mais elle ne le fait vraiment qu'au début du livre. Bien sûr, on ne peut pas la blâmer quant à la manière dont elle dit Ree. Je n'aurais pas été gênée qu'elle le prononce sans faire le «r» anglais, mais je pense que ça aurait pu gêner certains auditeurs à cause de la signification du mot en français. :-)

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