Auteur : Gardner Lisa

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lundi, 24 novembre 2014

Arrêtez-moi, de Lisa Gardner.

Arrêtez-moi

Note: Ce livre est le tome 6 de la série mettant en scène DD Warren.

L'histoire:
Charlie Grant a vingt-huit ans. Elle est standardiste au 911.
Ses deux meilleures amies ont été assassinées un 21 janvier à un an d'intervalle. Charlie pense que cette année, c'est son tour. Elle se tient prête à démasquer, voire à neutraliser, le meurtrier de ses amies.

DD Warren enquête sur des meurtres de pédophiles.

Critique:
Ceux qui aiment la série des DD Warren ne seront pas déçus par ce tome. On y retrouve, comme souvent chez Lisa Gardner, des personnages meurtris, ayant été traumatisés, et tentant d'avancer. L'auteur montre une réaction assez étrange, mais compréhensible. Charlie a oublié des pans entiers de son passé. Cela sert la romancière: il ne fallait pas que son héroïne se souvienne de tout, sinon, l'histoire ne serait pas palpitante. Cependant, se réfugier dans l'oubli peut être un moyen de ne pas s'effondrer. Je ne sais pas si, en réalité, l'oubli peut être aussi important que chez Charlie, mais je n'en serais pas trop étonnée.

Comme dans d'autres romans, Lisa Gardner soulève des questions à la fois dérangeantes et intéressantes. Comment ne pas être soulagé de la disparition de pédophiles ou d'hommes violents? Pourtant, personne n'est au-dessus des lois, même si la cause paraît noble. Un meurtre reste un meurtre...
Vous aurez compris que le thème de la pédophilie est encore abordé dans ce roman. Lisa Gardner trouve toujours les mots et les exemples qu'il faut pour en montrer tout le danger, toute la perversion, tous les traumatismes irréparables.

Le déroulement de l'enquête est assez classique. Il n'y a pas de vraies surprises, même si j'ai mis un moment à tout relier, puis à trouver qui faisait quoi, etc. Cela n'a en rien gâché ma lecture, car la psychologie des personnages prend le pas sur l'enquête. En outre, ici, classique n'est pas synonyme d'ennuyeuse.

Comme dans beaucoup de romans, il y a un prologue qui sera, par la suite, relié au déroulement des événements. À l'inverse des prologues que je déteste, il ne raconte pas un moment fort qu'on retrouvera bien plus tard dans le roman. Il raconte un moment fort qu'il sera assez facile de relier rapidement au reste, tout en ne comprenant pas tout de suite la solution. Je trouve cela bien fait. C'est une manière moins artificielle de créer du suspense que d'exposer un moment qu'on retrouvera vers la fin du roman.

Par le biais d'une intrigue secondaire, l'auteur aborde le thème de la femme battue qui ne peut s'empêcher de rester avec son mari. Je sais que c'est souvent ce qui arrive, mais j'ai toujours beaucoup de mal à le comprendre. En outre, ici, la femme a deux enfants que l'homme n'hésite pas à brutaliser. Et cela ne s'arrête pas à des gifles...

Moi qui en avais un peu assez de DD Warren, qui la trouvais un peu aigrie, j'ai aimé la côtoyer ici. Elle s'est assouplie, semble plus humaine. Elle le dit elle-même. De ce fait, son histoire personnelle m'a davantage intéressée. Elle est d'ailleurs quelque peu signe de détente, car il y a beaucoup de notes humoristiques.

L'auteur fait allusion à ses autres personnages. On voit brièvement Pierce Quincey et sa fille, Kimberly. Elle évoque aussi «The survivor club» (livre que je ne suis pas parvenue à finir à cause de sa lenteur). En outre, il y a peut-être l'héroïne du tome 5 de la série, mais je n'en suis pas sûre.

Éditeur français: Albin Michel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Kirsten Potter pour les éditions Brilliance audio.
Lisa Gardner adopte ici une structure qu'elle affectionne. Les chapitres alternent le récit de Charlie (à la première personne) et celui de l'enquête de DD (à la troisième personne). L'éditeur audio qui a enregistré la plupart de ses romans, Random house audio, faisait (à mon avis) très bien les choses. Kirsten Potter se chargeait de la partie DD, et d'autres comédiens lisaient les chapitres consacrés aux autres personnages. Pour ce roman, tout est enregistré par la même lectrice. Je pense que c'est une politique des éditions Brilliance audio. Néanmoins, il me semble avoir déjà lu des romans édités par eux enregistrés à deux voix... On me dira qu'au moins, ils ont repris Kirsten Potter, dont la voix est récurrente sur la série depuis le tome 3.

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vendredi, 2 septembre 2011

Love you more, de Lisa Gardner.

Love You More

Note 1: _Ce roman est le tome 5 des enquêtes de DD Warren.
Note 2:__ À ma connaissance, ce livre n'est pas sorti en français.

L'ouvrage:
Dimanche.
La police est appelée chez l'officier Tessa Leoni. Son mari, Bryan Darby, a été abattu avec l'arme de service de la jeune femme. En outre, Tessa a été frappée. Quant à Sophy, sa fille de six ans, elle a disparu.
DD Warren et Bobby Dodge vont tenter de démêler l'écheveau de faits et de pistes qui se présentent à eux. Bryan frappait-il régulièrement sa femme? Où est l'enfant? Que s'est-il réellement passé ce dimanche matin?

Critique:
Contrairement à certains auteurs, plus Lisa Gardner écrit, plus ses romans sont de qualité. J'ai eu beaucoup de mal à lire ses premiers romans (je ne les ai d'ailleurs pas tous lus), et à partir de «Sauver sa peau», je trouve que c'est de mieux en mieux.
Si ses intrigues peuvent souffrir de lenteurs, si elle peut envoyer son lecteur sur des fausses pistes, utilisant là une ficelle plus qu'éculée, ces écueils sont évités ici. On cherche bien un coupable, mais les choses sont plus compliquées que cela. D'abord, plus on avance, plus le mystère s'épaissit, Tessa révélant certaines choses que le lecteur doit faire rentrer dans un puzzle qui, au départ, semblait simple.
Après que Tessa a dévoilé certaines choses, le roman prend une autre tournure, et le lecteur commence à savoir après qui il court.
L'auteur n'attend pas des pages et des pages avant de nous donner des informations, et des noms. Bien sûr, on ne sait pas tout de suite qui tire les ficelles, mais l'intrigue est menée de telle sorte qu'au début, on ne se doute pas qu'il faut chercher dans ce sens. C'est comme ça dans tout le livre. C'est construit très intelligemment. Bien sûr, on se doute qu'il y a anguille sous roche lorsque Tessa parvient à sortir de prison, mais pour ma part, je n'ai pas pu prévoir comment cela se déroulerait. Pourtant, j'avais eu des indices...
D'autre part, la romancière nous fait côtoyer l'univers carcéral, et elle fait cela de manière intelligente et intéressante.

J'ai apprécié que l'auteur raconte, par petites touches, le passé de Tessa. Comme la plupart des personnages de Lisa Gardner, Tessa est un protagoniste qui ne pourra laisser le lecteur indifférent. Elle est creusée, analysée, cohérente, et extraordinairement forte! Elle n'a pas pris prétexte d'une enfance désastreuse pour se laisser tomber dans le néant, la délinquance, etc. Ça sort un peu des sentiers battus. Tessa est un personnage positif.
Découvrant tous les jours des parents qui font des enfants parce que ça se fait, ou pour toute autre raison non-valable, et qui donc, ne les aiment pas, j'ai beaucoup apprécié que l'auteur nous décrive un amour inconditionnel entre une mère et sa fille. Un amour pour lequel on ferait n'importe quel sacrifice, un amour qui rend fort, qui guérit, qui apaise.

Pour une fois, j'ai été contente de retrouver DD. D'habitude, elle m'agace. Ici, elle a l'air plus humain. Elle commence par se fourvoyer, bien sûr (sinon, il n'y aurait pas d'enquêtes), mais sa colère et son acharnement sont légitimes. Elle n'est pas bornée. La preuve est qu'elle finit par écouter Juliana...
J'ai également apprécié de retrouver Bobby, de découvrir un peu sa famille, etc.
Si la complicité entre les deux collègues est indéniable, et si elle est la bienvenue, j'espère sincèrement que l'auteur ne va pas transformer cela en autre chose, comme elle le laisse quelque peu entrevoir, à un moment. Cela serait trop gros, d'autant qu'ils ont déjà eu une liaison. Du reste, cela m'agacerait de voir un couple marié, qui, apparemment, s'aimait, être détruit. Je dirais sans doute que Bobby et DD n'avaient qu'à se décider avant. En outre, DD semble commencer à mettre de l'ordre dans sa vie... ce n'est pas la peine que l'auteur bouscule tout ça pour nous sortir une chose sans saveur.

Lisa Gardner a pris le temps d'écrire un roman bien construit, aux ficelles savamment tissées, aux personnages habilement dépeints. Je vous le conseille vivement.

Remarque annexe:
DD fait souvent référence à Sophy en disant: «six-year-old Sophy». Je n'ai pu m'empêcher de me demander comment un traducteur français s'en sortirait... «la petite Sophie»? Parce que «la petite Sophie de six ans», ce serait très lourd, surtout que la périphrase est répétée.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Kirsten Potter et Katie MacNichol pour les éditions Random house audio.

Les deux lectrices interprètent très bien, sans surjouer.
J'ai trouvé judicieux de la part de l'éditeur d'avoir confié le rôle de Tessa à une lectrice dont la voix ne pouvait être confondue avec celle de Kirsten Potter. Bien sûr, il est facile de deviner quels sont les passages à la troisième personne, et lesquels sont ceux à la première. Mais le fait que les deux voix soient si différentes est un plus.

Comme dans «Live to tell», une chansonnette revient souvent. Katie MacNichol a pris le parti de ne pas inventer une mélodie pour la chanter. Elle se contente de dire les mots sur un certain rythme. Je trouve cela un peu dommage.

jeudi, 1 septembre 2011

Live to tell, de Lisa Gardner.

Live to tell

Note 1: Ce roman est le tome 4 des enquêtes de DD Warren.

Note 2: À ma connaissance, ce livre n'est pas sorti en français.

L'ouvrage:
Il y a vingt-cinq ans, le père de Danielle a massacré toute la famille, laissant la fillette en vie, puis s'est suicidé. Aujourd'hui, la jeune femme travaille dans le service d'un hôpital qui s'occupe des enfants maltraités.
DD Warren est confrontée à une nouvelle enquête: la famille Harrington a été assassinée, semble-t-il par le père.
Victoria vit avec la peur que tout dérape à n'importe quel moment.

Critique:
Ce livre est inégal. Il est en effet très intéressant de découvrir comment des personnes blessées et de bonne volonté tentent d'aider des enfants à s'en sortir, tout en sachant que c'est presque mission impossible. Grâce à cet aspect de l'intrigue, le lecteur découvre des choses assez horribles, mais qui, malheureusement, ne sont pas étonnantes. Par la bouche de Danielle, l'auteur ne manque pas de faire remarquer à plusieurs reprises (elle le fait également dans d'autres romans), que si les enfants sont ainsi, c'est parce qu'on leur a fait subir des choses ignobles. C'est évident. D'un autre côté, Lisa Gardner montre un enfant né dans une famille aimante, qui ne l'a jamais maltraité, et qui souffre pourtant de désordres mentaux dont on ne sait pas trop d'où ils viennent. C'est bien exploré, bien exposé...
En outre, elle sous-entend que les enfants qui ont beaucoup souffert ont une espèce de sixième sens. Cette théorie se défend... Dans le roman, elle est illustrée par ce que dit Lucy à Danielle. J'avais tout de suite deviné à quoi elle faisait allusion.

Si les passages où l'on voit Victoria et Danielle sont passionnants, l'enquête de DD et de ses collègues fait pâle figure à côté. C'est en cela que le roman est inégal. Mon agacement a été renforcé par le fait que j'avais tout de suite trouvé le lien entre les familles assassinées, et que je savais qui serait dans l'oeil du cyclone. DD et son équipe mettent un moment à arriver à cette conclusion. Après cela, il faut encore qu'ils découvrent qui est le véritable «méchant». Vers la fin, il y a des moments qui traînent franchement, et qui sont du pur remplissage.
Présenter un coupable qui n'est pas le bon au lecteur est une ficelle assez éculée. J'ai été déçue que Lisa Gardner s'en serve... Enfin, ce qui compte le plus, dans ce roman, c'est la psychologie des personnages.

J'ai surtout apprécié Danielle qui s'empêche de vivre, qui n'es que rage, tristesse, culpabilité... Comme je la comprends! J'ai également aimé la manière dont elle évolue. À la fin, elle suppose quelque chose quant à la nature des événements. Ce qui est intéressant, c'est qu'elle n'affirme rien, elle pressent... Cela fait que le lecteur peut choisir... même si l'auteur incite fortement à opter pour une certaine solution, rien n'est tranché.

J'ai également apprécié Victoria... ou plutôt son histoire. Au début, j'ai trouvé cette femme très forte, j'ai aimé sa détermination, sa combativité... Et puis, elle m'a agacée. Elle veut tout mener de front seule, et est sûre que si elle choisissait une autre solution, cela signifierait qu'elle n'aime pas Evan. Et ensuite, elle se plaint qu'elle est seule, sans amis, qu'elle aime encore son ex-mari... Son rôle de martyre volontaire a exacerbé mon énervement au contraire de mon admiration. Je ne sais pas comment j'aurais fait à sa place, mais j'aurais tenté de faire en sorte qu'Evan ne soit un danger ni pour lui-même ni pour les autres.
Cependant, la façon dont finit par agir Victoria m'a plu.

Quant à DD... tout comme dans «La maison d'à côté», elle est tourmentée par des fringales tant de nourriture que de sexe. C'est assez amusant et déprimant, car son travail l'empêche de s'adonner à l'amour physique. À un moment, j'ai été exaspérée parce qu'elle se plaignait toujours d'avoir besoin de sexe, et ne faisait rien. Mais ensuite, les choses évoluent...
Je n'arrive pas vraiment à sympathiser avec DD. Elle est intègre, fait son métier du mieux qu'elle peut, mais elle se retrouve embarquée dans des histoires où elle paraît fade à côté des autres protagonistes...

Remarques annexes:
Une chansonnette revient souvent. La lectrice a pris la peine de mettre un air sur les paroles. (Soit c'est une transformation de la chanson «Danny boy», soit l'air a été inventé.) Ça fait que j'ai eu cette chanson dans la tête pendant les deux jours de ma lecture! ;-)
J'ai découvert que la berceuse «Hush little baby» ne s'arrêtait pas à «billy goat», ce qui me perturbe. ;-) Moi qui pensais la connaître par coeur!

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée pour les éditions Random house audio. La distribution est la suivante:
La narratrice: Kirsten Potter
Danielle: Rebecca Lowman
Victoria: Ann Marie Lee
Lucy: Rachel Gray

Les lectrices ont parfaitement interprété ce roman. J'avoue un peu moins apprécier la voix de Kirsten Potter, mais elle met très bien le ton, donc ça compense. En outre, j'ai une préférence pour la voix et le jeu d'Ann Marie Lee.

mardi, 30 août 2011

Sauver sa peau, de Lisa Gardner.

Sauver sa peau

Note: Ce roman est le tome 2 des enquêtes de DD warren.

L'ouvrage:
À sept ans, Annabelle Granger voit son univers basculer. Ses parents lui expliquent que la famille doit déménager et changer de nom. Ils déménageront à nouveau environ tous les deux ans. Au bout de plus de quinze ans à ce régime, Annabelle exige de retourner à Boston, la ville où elle vécut jusqu'à ses sept ans. Son père accepte.
Un jour, la police découvre six corps de fillettes enterrées sous un hôpital psychiatrique. Anabelle Granger ferait partie des six petites victimes.

Critique:
Par amour, on peut faire beaucoup de choses. On peut faire preuve d'une abnégation totale, mais aussi être crédule et agir de manière stupide. Par amour, on peut aller au bout de soi-même, s'effacer, ne penser qu'au bonheur de la personne aimée. On peut aussi agir d'une manière que l'autre jugera injuste, voire cruelle. C'est de toutes ces façons qu'agit le père d'Annabelle. Lisa Gardner en brosse un portrait touchant, implacable, admirable. C'était un personnage extrême, comme Lisa Gardner sait les créer. Il fut toujours mystérieux aux yeux de sa fille. Elle finit même par s'en détacher quelque peu, ne voyant pas pourquoi il lui faisait vivre cela. À l'instar de l'héroïne, je n'ai pas compris pourquoi il ne lui avait pas tout expliqué à un moment donné. Cela aurait sûrement évité bien des drames, et surtout, de terribles incompréhensions. Comment ne pas être horrifié et choqué lorsqu'on lit la scène de la tasse contée du seul point de vue d'Annabelle? À ce moment, le lecteur en sait autant qu'elle, et cette anecdote lui montre un homme qui semble possédé, même si on se doute qu'il y a quelque chose expliquant ce comportement à l'air dément.

Beaucoup d'autres personnages présentés ici sont également de forts protagonistes sur lesquels le lecteur réfléchira. Qu'ils soient malades, qu'ils aient vécu avec un deuil infaisable, qu'ils aient dû supporter l'attitude de fous, ils sont tous creusés.
J'ai eu du mal à apprécier et à cerner Catherine. J'ai compris sa façon d'être, mais je n'ai pas pu aller au-delà de sa froideur. Pourtant, on peut voir la cassure sous la glace. En outre, n'importe qui ayant vécu ce qu'elle a subi serait brisé. C'est un personnage secondaire, mais elle ne manquera pas de fasciner le lecteur.
À côté de certains, Annabelle paraît un peu fade. Elle est sympathique, tente d'agir au mieux, mais elle m'a paru terne en face de ces espèces de monstres sacrés. Parfois, elle est même un peu idiote, notamment quand elle met du temps à comprendre qu'elle est en danger auprès d'une certaine personne.
Quant à DD Warren, elle m'a semblé aigrie dans ce volume. Outre le fait qu'elle ne semble vivre que pour son travail, elle ne cesse de râler, notamment après Bobby Dodge (sous ses ordres), et après sa supposée attirance pour Catherine... J'ai bien aimé le passage où Bobby lui envoie à la figure qu'elle est une bête de travail, et que quand ils sortaient ensemble, ils ne faisaient que parler travail. J'avoue avoir du mal à apprécier DD. J'ai quand même été touchée par ses commentaires lucides quant au chien qui l'attaque, à un moment. C'est surtout là qu'elle laisse entrevoir autre chose que de l'amertume.

L'auteur pratique l'art de la fausse piste avec raffinement. En effet, on ne peut pas qualifier ses fausses pistes de tout à fait fausses... J'ai trouvé cela très réussi. Elle est bien obligée de guider le lecteur vers des théories erronées, mais elle ne s'amuse pas à le promener pendant des pages, et ces suppositions se tiennent. Il y a une chose qui est peut-être un peu facile: lorsque le lecteur découvre qui est celui qu'on cherche depuis le départ, la ficelle est un peu éculée...
D'autre part, on retrouve le défaut majeur de Lisa Gardner: il y a des longueurs. On finit par les lui pardonner, parce que son intrigue est très bien menée, mais sur le moment, elles sont très agaçantes.

Éditeur français: Albin Michel.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Maggie-Meg Reed pour les éditions Random house audio

La lectrice a une voix agréable, et elle met le ton approprié. J'ai été déçue qu'elle prenne une voix un peu chevrotante et très forte lorsque des personnes âgées s'exprimaient. C'était vraiment désagréable.

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lundi, 29 août 2011

Alone, de Lisa Gardner.

Alone

Note: À ma connaissance, ce livre n'a pas été traduit en français.

Note: Ce livre est le tome 1 de la série mettant en scène Bobby Dodge et DD Warren. Il est indispensable de lire «Alone» avant «Sauver sa peau», qui est le tome 2, car l'auteur y raconte presque tout ce qui se passe dans «Alone», et surtout, la fin.

L'ouvrage:
Ce soir-là, les urgences reçoivent un appel d'une femme affolée: Catherine Gagnon. Son mari, Jim, est ivre, et les menace, elle et leur fils de quatre ans, d'une arme à feu. Les voisins ont entendu un coup de feu. C'est le policier Bobby Dodge qui se rend sur les lieux. Au vu de la scène, il se voit contraint de tirer sur Jim, quelques secondes avant que celui-ci fasse feu.
Les ennuis ne font que commencer.

Critique:
Si ce roman m'a paru moins palpitant que les tomes 4 et 5 de la série (je les ai lus dans le désordre), je l'ai quand même trouvé passionnant. D'abord, l'intrigue est très bonne. Il y a quelques lenteurs, mais elles passent bien, et ne sont pas si nombreuses. Comme j'ai fait l'erreur de lire «Sauver sa peau» avant, je savais certaines choses. Cela m'a quelque peu gâché la lecture. Cependant, je n'arrivais pas à deviner comment ce que je savais allait arriver. J'ai trouvé cela très fort de la part de l'auteur.
Le lecteur fait plusieurs découvertes d'importance tout au long du roman, ce qui relance sans arrêt son attention.

La romancière analyse bien ses personnages. La plupart d'entre eux sont complexes, intéressants. La complexité de l'intrigue vient principalement d'eux.
Catherine est assez trouble. Le lecteur ne pourra décider ce qu'il pense d'elle. DD ne voit que le mal qu'elle fait et qu'elle représente. Pourtant, cela n'est pas si simple. Je pense que c'est Bobby qui la cerne le mieux. Entre ce qu'elle a vécu, ce qu'elle refuse de subir, les dommages colatéraux qu'elle est prête à accepter... Sa priorité, c'est son fils, ce qui est admirable. Pourtant, lorsqu'il est né, elle a commencé par ne pas s'y attacher, ce qui peut également se comprendre.
On pourra la plaindre ou la blâmer, mais quelqu'un qui a vécu ce qu'elle a vécu ne peut pas en ressortir indemne. C'est en ce sens qu'elle est admirable. C'est aussi pour cela qu'on comprend qu'au lieu de se transformer en pauvre chose pitoyable, elle décide d'être une tigresse.
Pour couronner le tout, n'oublions pas son immense charisme!

J'ai vraiment découvert Bobby dans ce roman. C'est amusant comme au fur et à mesure des livres, c'est DD qui est davantage sur le devant de la scène, surtout à partir du tome 3. C'est dans le 5 que les choses se rééquilibrent.
J'apprécie Bobby qui, lui aussi, doit se débrouiller avec son passé. Même si c'est un homme blessé, on ne ressent pas ce qu'on trouve chez trop de policiers de romans, et qui finit par les rendre insipides: blessures ressassées, hypersensibilité qui les pousse à agir stupidement ou violemment, etc. Cela le rend plus épais. Lisa Gardner évite un autre écueil: après ce qu'il a dû faire, et surtout après ce qui en découle, Bobby doit suivre une thérapie. En général, les policiers y sont réfractaires, et s'enferment dans un raisonnement destructeur. Bobby l'accepte, et joue vraiment le jeu, avec une réelle volonté de s'en sortir. Outre que c'est plus sain, ça sort de l'ennuyeux schéma qu'on trouve trop souvent du policier qui se révolte contre l'aide qu'on tente de lui apporter.

Tout comme dans le tome 2, DD m'a beaucoup agacée. Elle a raison, en un sens, mais elle est très rigide. Elle fait son travail, elle ne vit que pour lui (comme dans le reste de la série, d'ailleurs), mais elle ne semble pas y mettre son coeur. Elle paraît insensible. On peut également penser qu'elle est jalouse des sentiments confus qu'elle devine chez Bobby. Soit...

James et Maryanne Gagnon sont peut-être un peu plus manichéens. Je ne les ai pas trouvés aimables. James a l'habitude d'avoir ce qu'il veut à n'importe quel prix. Quant à Maryanne... on dirait qu'elle n'est pas finie, qu'il manque des composantes dans son cerveau. La plupart du temps, elle larmoie, elle se montre sotte, et dit des choses inappropriées. On me dira que James et Maryanne ont été poussés par leur amour l'un pour l'autre, toute leur vie. Certes, mais apparemment, c'est un amour destructeur. Ils s'y enferment, et James le prend comme prétexte pour mal agir, alors que Maryanne fait l'enfant gâtée.

Remarques annexes:
La structure est différente de celle des autres tomes. On ne commence pas par voir les personnages autres que les policiers pendant une bonne partie du roman.
Là encore, on retrouve l'un des thèmes souvent abordé par Lisa Gardner: la pédophilie.
À un moment, Bobby va voir Dylan, l'un des personnages principaux de «Jusqu'à ce que la mort nous sépare». J'ai trouvé ce clin d'oeil sympathique. On a l'impression que les personnages ne sont pas figés, on a «de leur nouvelles». Ça les rend plus crédibles. Bien sûr, il vaut mieux avoir lu «Jusqu'à ce que la mort nous sépare» avant de lire «Alone» pour mieux profiter du clin d'oeil, et aussi parce que l'auteur raconte la fin.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Anna Fields pour les éditions Books on tape.
La lectrice a une bonne intonation. Cependant, je trouve qu'il y a trop de différence de volume entre certains passages narrés et certains dialogues... En outre, elle prend une voix trop affectée pour faire les personnages masculins. C'est un peu dommage.

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