Le guide du chat

L'ouvrage:
Angéla Gair nous donne un aperçu des chats: les races, l'alimentation, certaines maladies, un peu de psychologie, etc.

Critique:
Je pense que ce livre est très bien pour quelqu'un qui commence à se documenter sur le chat. D'abord, il n'est pas trop long, il ne risque pas de rebuter les lecteurs. En outre, il n'est pas rédigé en jargon, ce qui est une qualité. Enfin, il est plein de conseils utiles sur beaucoup de points. Néanmoins, moi qui me documente, tente de croiser mes sources, et qui parle aussi d'expérience (même si mes chats et ceux de mes amies ne représentent pas tous les chats), j'ai quelques reproches à faire. Reproches que je nuancerai en disant que je ne sais pas de quand date le livre, et que donc, certaines choses sont peut-être inexactes parce que non-prouvées à la date où Angéla Gair l'a écrit.

L'une des choses importantes est que l'auteur demande au lecteur de s'interroger avant d'adopter un chat. Elle évoque les abandons, la légèreté de certains qui ne pensent pas aux conséquences d'une adoption. L'auteur évoque cela de manière plus correcte que moi qui dis souvent aux gens qu'un animal n'est pas une peluche.
Elle bouscule les idées reçues de ceux qui ne veulent adopter que des chatons ou uniquement un mâle ou une femelle. Elle parle aussi du côté positif d'avoir deux chats, seulement, elle n'entre pas assez dans les détails, se contentant de dire qu'il vaut mieux adopter deux chatons de la même portée. Soit, mais il y a plusieurs autres cas de figure à envisager.
Ensuite, lorsqu'elle évoque l'installation du chat, elle n'est pas aussi radicale que certains qui conseillent de l'isoler: elle préconise, comme moi, de le laisser se cacher, et d'attendre qu'il s'aventure dans la maison.

Elle informe également sur les raisons de stériliser un chat. Tout est très bien expliqué.
D'autres conseils utiles sont donnés sur les points suivants: brossage, lits des chats, paniers de transport, comment faire en sorte de pouvoir identifier un chat, soins préventifs, cachettes affectionnées des chats qui peuvent être dangereuses (machine à laver etc), jeux, comment déceler certains symptômes, traitements antipuces.
Et puis, il y a le tableau de calcul de l'âge du chat, les explications sur le ronronnement, sur l'accouchement de la chatte.

Les conseils sur l'hygiène dentaire sont utiles, mais l'auteur oublie d'évoquer les liquides apparemment inodores à mettre dans l'eau.

Il y a des choses qui me laissent dubitative, comme par exemple, le fait que les chats ayant les yeux de telle couleur sont sourds. Je me demande si ce n'est pas une idée reçue au même titre que celle comme quoi les chats roux sont tous des mâles.

L'auteur parle des assurances maladie pour les chats. C'est une bonne chose, parce qu'on ne sait pas forcément que ça existe. Seulement, elle n'en donne que les bons côtés, et ne dit pas, par exemple, que seuls les chats de moins de cinq ans peuvent en bénéficier.

Les conseils sur les litières sont utiles, excepté, à mon avis, celui sur les bacs couverts. Effectivement, ça protège quelque peu le nez de l'homme, et le chat se sentira peut-être plus tranquille, mais ça retient les odeurs, ce qui n'est pas agréable pour le chat, et peut être cause de cystite.
L'auteur explique qu'il existe des litières à yeux électroniques dispensant l'homme de la corvée de nettoyage. Je n'en ai pas entendu parler avant, donc si quelqu'un en sait plus, ça m'intéresse.
Il est également dit de laver les bacs à litière au détergent. Le bicarbonate de soude serait peut-être une meilleure solution car plus naturelle et sans odeurs. Une trop forte odeur de détergent fera perdre ses repères au chat.
Une chose m'a «amusée»: l'auteur dit que le chat doit toujours avoir une litière à disposition, car s'il se retient de faire pipi, les bactéries peuvent causer des cystites. Soit. Enfin, le pbus important, c'est que ce n'est pas bon pour lui, tout comme pour n'importe quel animal et pour l'homme, de se retenir de faire pipi.

Angéla Gair dit également qu'il faut couper les griffes des chats qui ne sortent pas. Je pensais qu'ils se les rongeaient eux-mêmes. Si quelqu'un en sait plus, cela m'intéresse. Mes chats n'ont pas l'air d'avoir des problèmes de griffes trop longues, mais sur ce point, je n'y connais pas grand-chose.

Les conseils sur l'alimentation sont utiles, mais je trouve que l'auteur n'insiste pas assez sur le fait que les croquettes de supermarché ne sont pas bonnes pour la santé des chats. On me dira que les croquettes qu'on trouve chez le vétérinaire sont bien plus chères. C'est vrai. Outre qu'on peut les avoir moins chères en les achetant sur des sites spécialisés en vente de produits pour animaux, il faut s'attacher à la composition afin de déterminer lesquelles sont bonnes ou pas, car outre celles de supermarché, celles de certaines marques ne sont pas forcément adaptées. Elles sont souvent trop minéralisées et/ou pas assez riches en viande.

D'autre part, l'auteur n'insiste pas assez sur le libre service. Elle dit que c'est mieux, mais pas obligatoire. Or, le chat a besoin d'avoir de la nourriture en libre service (c'est pourquoi les croquettes sont plus adaptées que la pâtée), car il mange beaucoup de petits repas par jour. Le manque d'information des gens fait que beaucoup de chats domestiques ont des problèmes avec la nourriture, et se jettent dessus dès qu'on la leur sert. C'est la frustration de ne pas pouvoir manger comme le rythme de vie de leur espèce l'exige.

En outre, l'auteur ne dit rien du pipolino ou de sa petite soeur, la balle à croquettes. Or, c'est quelque chose qui me semble important, surtout pour les chats qui ne sortent pas. (Je ne développerai pas ici, car ma chronique risque d'être immense, mais je veux bien développer pour qui le souhaitera.)

Pour en finir avec l'alimentation, l'auteur recommande le thon. Or, le thon est trop salé, trop minéralisé, et peut causer des problèmes rénaux, à terme. De temps en temps, on peut en donner aux chats qui en sont friands, mais il faut que ce soit sporadique.

L'auteur donne des explications sur les caractéristiques physiques et morales de chaque race de chats. Je trouve ça un peu trop catégorique. Je pense que le caractère d'un chat tiendra surtout à ses gènes et à son vécu. Peut-être certaines races sont-elles plus prédisposées à telle «personnalité», mais pas autant que ce qui est dit ici, à mon avis.
Par ailleurs, j'avoue avoir un parti pris, car je pense que les races ont été créées (ou renforcées pour certaines), par l'homme pour son seul plaisir, et cette façon de voir ne me plaît pas.
L'auteur explique quand même que le persan demande beaucoup d'entretien, et invite son lecteur à bien réfléchir avant d'en adopter un.
À propos de l'adoption d'un chaton, l'auteur affirme qu'un chaton de race ne doit pas quitter sa mère avant ses trois mois, alors qu'un gouttière peut à partir de deux mois. En quoi un chat de race serait-il différent d'un chat de gouttière sur ce point? Les trois mois sont de rigueur dans les deux cas, afin que le chaton soit le plus équilibré possible.

L'auteur conseille de donner de l'huile de paraffine pour mieux faire glisser les boules de poils. Or, l'huile de paraffine est mauvaise, car elle imperméabilise la paroi de l'intestin.

Certains penseront: mais qui elle est, celle-là, pour oser s'opposer aussi catégoriquement aux écrits d'une spécialiste? Je suis quelqu'un qui aime les chats, et qui souhaite tout faire pour leur bien-être. En me documemtant, je découvre qu'on raconte beaucoup de choses sur les chats. Vétérinaires et comportementalistes ne sont pas d'accord les uns avec les autres. Alors, je suis les conseils de spécialistes, mais aussi ceux de personnes qui se documentent beaucoup, et qui, comme moi, veulent faire au mieux pour leurs animaux, tout en me fiant aussi à mon instinct (plus on se documente, plus on finit par savoir trier), puis je me base sur mes expériences et celles qu'on me raconte. Je sais, par exemple, que la balle à croquettes a changé la vie de mes chats. Ils n'ont aucun problème de nourriture, et ne sont plus en surpoids depuis qu'ils l'utilisent.
Idem quant à l'huile de paraffine. Outre ma propre expérience et celle d'une amie, des spécialistes la déconseillent.
Je m'arrête là, mais je pourrais expliquer mes autres assertions.

Éditeur: Marabout.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Sophie Bourderon.

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