Auteur : French Nicci

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lundi, 15 novembre 2010

Jeux de dupes, de Nicci French.

Jeux de dupes

L'ouvrage:
Une nuit, la famille McKenzie est sauvagement attaquée. Les parents sont tués, et leur fille de dix-neuf ans, Fiona, est retrouvée vivante par la femme de ménage. Elle a une blessure à la gorge, et son visage est recouvert de bandes adhésives.

La jeune fille est conduite à l'hôpital et placée sous protection. Elle finit par se remettre de sa blessure. C'est alors qu'on songe à lui trouver un foyer. Elle refuse de renouer avec son ancienne vie. Les médecins pensent à la placer chez Samantha, qui, pour l'heure, vit retirée à la campagne avec sa fille de cinq ans, Elsie. Samantha est en train d'écrire un livre sur le comportement posttraumatique.

Critique:
Ce livre me laisse un sentiment mitigé, et finalement, plus négatif que positif.
Certes, le plan que le lecteur finit par découvrir est très bien imaginé. On y retrouve la finesse des auteurs qui sont spécialistes de l'exploration de la personnalité et de la psychologie. Le lecteur aura beau chercher, il ne décèlera aucune faille dans ce plan, et comprendra comment certains ont pu être dupes.

Cependant, trop de choses m'ont déplu.
D'abord, il est vraiment très gros que Samantha finisse par accepter d'héberger une inconnue à problèmes. Elle a sa vie et sa fille à gérer, elle aspire à la tranquillité, elle n'a pas besoin de ça. La perspective d'avoir un sujet à étudier en direct l'emporte, mais ce n'est pas crédible.

Ensuite, lorsque Sam trouve la lettre, et ce que lui apprend cette lettre, le lecteur n'y croit pas. Comment Sam, censée être plus fine psychologue que le lecteur peut-elle y croire?
En outre, les auteurs insèrent un imprévu, et donc un événement déplaisant que je trouve inutile. Ils auraient pu s'en passer. Le plan aurait bien tourné, et le livre aurait été, du moins pour moi, mieux. En effet, j'ai été vraiment déçue par cet événement inséré.
En outre, ledit événement rappelle une ficelle utilisée dans «Sourire en coin». D'une manière générale, la façon dont se passent les choses rappellent ce roman, et d'autres de ces auteurs. Il faudrait donc, à mon avis, qu'ils se renouvellent. En effet, j'avais deviné pas mal de choses quant au plan, car apparemment, je commence à comprendre leurs trames, façons de raisonner et d'agencer leurs intrigues.

On retrouve, une fois encore, la passivité policière. Les policiers ne sont pas autant de mauvaise foi, et ne mettent pas autant de bâtons dans les roues que dans les autres romans que j'ai chroniqués, mais ils ne sont pas d'une grande aide, et c'est Sam qui trouve beaucoup de choses seule. Cette ficelle est régulière, et donc lassante, voire agaçante.

La fin est assez décevante. On me dira qu'il ne pouvait pas y en avoir d'autres. Soit, peut-être.

Les personnages ne m'ont pas vraiment été sympathiques, sauf Danny. Samantha ressemble trop à Miranda ou à Nina pour vraiment se démarquer. Et puis, elle est agaçante: elle ne voit pas ce qui est devant son nez et que le lecteur a plus ou moins deviné, ou tout au moins, pressenti. De plus, elle gère sa relation amoureuse de mamière déplorable. Enfin, le paroxysme est atteint quand elle veut forcer Elsie et Kirsty à jouer ensemble. Tu parles d'une psychologue! Bien sûr, ça fonctionne, mais il aura fallu une aide extérieure. Et puis qu'est-ce que c'est que ces façons de mettre deux enfants ensemble, et de leur dire: «Entendez-vous bien, maintenant.»! C'est le plus sûr moyen d'aller à l'échec.

Remarque annexe:
Le jeu de «Qu'est-ce qu'il y a dans ta maison?» est intéressant, mais je doute qu'il soit vraiment possible de retenir une chose qu'on a dite qu'une fois.

Éditeur: Flammarion.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Annick Sorel pour l'association Valentin Haüy.
Je n'ai pas l'orthographe exacte du nom de la lectrice, je lui présente donc mes excuses si celui-ci est mal écrit.

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lundi, 31 mai 2010

Aide-moi, de Nicci French.

 Aide-moi

L'ouvrage:
Holly est à une fête avec des amis. Au cours de la soirée, elle se retrouve embarquée dans une dispute avec un malotrus. Plus tard, tout cela prend une tournure bien différente. Holly finit la soirée en pleine orgie. Elle rentre chez elle à l'aube, et se rend compte qu'elle a oublié de remettre son alliance.

Critique:
Ce livre est intéressant, car les auteurs présentent un personnage complexe, qui ne laissera pas le lecteur indifférent. Holly fait des choses qu'elle regrette, mais qu'elle ne peut pas s'empêcher de faire. Elle est dépressive et souffre de troubles bipolaires. Cela se manifeste, entre autres, par ses actes inconsidérés, et par le fait qu'elle peut passer des jours sans dormir.
Parallèlement à cela, elle tente de se reconstruire... Sa psychologie est captivante, car elle lutte contre elle-même.

Un autre aspect du roman interpelle le lecteur: l'étau qui se resserre autour d'Holly. Tout lui arrive en même temps. Soudain, pour diverses raisons, certains ont des différends avec elle, et au lieu de se remettre en question, en veulent à Holly, l'accusant de tous les maux. Je pense notamment à Debra et Stuart. Cela n'est pas manichéen, car ici, tout le monde a plus ou moins tort et raison.
Ensuite, autre chose menace Holly, et là encore, le lecteur ne peut pas complètement la blâmer. Tout est de sa faute, mais cela vient de quelque chose qu'elle n'a pas pu contrôler.

La «seconde mort» d'Holly est prévisible. Je ne l'ai pas vue venir, ce qui veut dire que les auteurs l'ont adroitement amenée, mais peut-être d'autres lecteurs s'en douteront-ils. En effet, quand on y pense, on peut comprendre (sans excuser), que quelque chose de ce genre puisse arriver. C'est tout de même effrayant: qu'une personne moyenne en arrive à cela... Comme dit Meg, il y avait une solution bien plus simple. Holly, elle, comprend pourquoi cela en arrive à cette extrémité.

L'énigme n'est pas le centre de l'histoire. C'est plutôt la cerise sur le gâteau, et elle découle de l'intrigue principale, axée sur la psychologie des personnages. Il ne faut pas lire ce roman en s'attendant à un suspense haletant, car son but est plus d'analyser certaines psychologies. C'est en cela qu'il est bien plus fouillé, bien plus fascinant qu'un polar ou thriller classique aux personnages peu épais.

Note: je trouve les romans de Nicci French inégaux. J'ai aimé ceux que j'ai chroniqués ici, mais j'ai déjà dit, dans une critique précédente, que deux autres («Feu de glace» et «Dans la peau») ne m'avaient pas plu. D'autre part, je n'ai pas réussi à finir «Jusqu'au dernier» et «Mémoire piégée». Je réessaierai peut-être ces romans un de ces jours.

Éditeur français: Fleuve Noir.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Anne Flosnik pour les éditions Brilliance audio.

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jeudi, 18 février 2010

Charlie n'est pas rentrée, de Nicci French.

Charlie n'est pas rentrée

L'ouvrage:
C'est bientôt Noël.
C'est également l'anniversaire de Nina Landry.
Ce jour-là va être assez mouvementé, car elle part en vacances avec ses deux enfants, Charlie et Jackson, et son petit ami, Christian. Tout semble jouer contre elle: sa voiture a besoin d'une réparation, sa fille (Charlie) lui a organisé une fête d'anniversaire surprise, et pour couronner le tout, ladite fille n'est pas rentrée à la maison, après une nuit chez une amie. Elle avait pourtant promis qu'elle serait là à temps pour faire ses valises avant le départ. Après avoir laissé plusieurs messages exaspérés sur le répondeur du portable de Charlie, Nina commence à s'inquiéter, et prévient la police.

Critique:
Le livre démarre un peu doucement, mais j'ai apprécié cette lenteur. Les auteurs plantent bien le décor, prennent le temps de nous présenter les personnages. On entre dans la vie de Nina et de ses enfants, et on y prend plaisir.

Par la force des choses, Nina doit faire intrusion dans la vie privée de Charlie, et elle découvre des pans entiers de la vie de sa fille. C'est assez difficile, car elle viole l'intimité de Charlie par nécessité, et découvre des choses qui font qu'elle la cernera mieux, et qu'elle pourra la sauver.

C'est une histoire assez banale, mais les auteurs savent nous la rendre intéressante voire palpitante. Ils construisent peu à peu le puzzle de la vie de Charlie, nous concédant par ci par là une information qui permet de retracer ses actes, mais aussi de la connaître.

Les personnages sont globalement sympathiques. On comprend l'angoisse de Nina, les motivations et les sentiments de Charlie, et bien sûr, on éprouve de la compassion envers Jackson qui ne sait pas trop où est sa place, ne pouvant pas faire grand-chose pour aider, qui réclame de l'attention parce que tout le monde s'inquiète pour sa soeur, et qui s'inquiète aussi.
De ce point de vue, les auteurs sont toujours aussi fins: ils analysent bien la psychologie des personnages.

Les auteurs nous envoient sur une fausse piste, mais ils ne le font pas avec de gros sabots, comme certains autres. En outre, ils ne nous promènent pas sur cette fausse piste pendant des pages et des pages. Donc, ils font juste ce qu'il faut pour que le lecteur et Nina soupçonnent quelque chose, mais ne nous laissent pas nous enferrer et nous ennuyer.

Je ne ferai que deux reproches à ce roman.
Là encore, on retrouve une police molle, se moquant presque des inquiétudes de Nina, et finalement, préférant la suspecter au lieu de l'aider. Ça devient un peu lassant. Outre que cela fait passer les policiers pour des fantoches payés à ne rien faire, si ce n'est à palabrer interminablement, cela n'est pas très crédible. On comprend qu'une mère angoissée fera tout ce qui est en son pouvoir pour retrouver sa fille, mais de là à être plus futée et plus débrouillarde que la police, police qui, en plus d'être inerte, refuse d'être aidée par le commun des mortels, c'est-à-dire Nina. Cette ficelle devient de plus en plus insupportable, car elle est éculée. Il serait bon que les auteurs changent un peu, et qu'accessoirement, ils cessent de dépeindre la police comme inutile, bornée, et méprisante. Je n'ai pas d'amitié particulière pour la police, mais ce refus systématique d'aider les victimes que l'on retrouve chez Nicci French rend les auteurs de moins en moins crédibles.

La fin souffre de quelques longueurs. Par exemple, Nina refuse d'être soignée tant qu'elle ne sait pas comment va Charlie, elle le répète sur des pages et des pages, et les médecins, presque aussi benêts que les policiers, qui lui parlent comme si elle était idiote, et ne veulent pas qu'elle voie sa fille. C'est un peu lourd, à la longue.

Éditeur français: À vue d'oeil.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Anne Flosnik pour les éditions Brilliance audio.
Comme vous l'aurez compris si vous cliquez sur le lien, j'ai lu ce roman en anglais. J'ai été un peu gênée par l'accent anglais d'Anne Flosnik, moi qui préfère l'accent américain, mais elle lit très bien, même si elle force un peu pour les voix d'hommes. Donc, j'ai vite surmonté ma gêne.

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lundi, 13 juillet 2009

Sourire en coin, de Nicci French.

Sourire en coin

L'ouvrage:
Miranda Cotton est sortie huit fois avec Brendan. Un soir, en rentrant chez elle, elle le trouve installé dans son salon (il s'est permis de prendre la clé dans sa «cachette» habituelle), en train de lire son vieux journal intime. Furieuse de temps de sans gêne, Miranda chasse Brendan, et du même coup, rompt avec lui.

Deux semaines plus tard, Kerry, la soeur de Miranda, lui annonce qu'elle a rencontré un homme, et que la relation est très sérieuse. L'homme en question n'est autre que Brendan.

Critique:
Globalement, c'est un thriller sympathique, même si j'ai quelques reproches à lui faire. D'abord, le thème de la femme que personne ne croit, même s'il est intéressant, est surexploité. D'abord parce qu'il l'a déjà été dans «Au pays des vivants», mais aussi parce que les auteurs l'exagèrent. Il m'est déjà arrivé, à plus petite échelle, bien sûr, de percevoir des personnes comme manipulatrices, et d'en faire part à de très bons amis, à l'instar de Miranda dans le roman. Mes amis ne me riaient pas au nez, mais écoutaient mes arguments. Ici, même la meilleure amie de Miranda la prend de haut, et la considère comme une paranoïaque n'ayant plus toute sa tête. Elle préfère croire brendan qu'elle connaît à peine, quand il lui dit que Miranda est obsédée par lui. C'est un peu gros: la meilleure amie qui préfère croire un inconnu plutôt que son amie de toujours...! Je sais très bien que ma meilleure amie n'agirait pas ainsi.
En outre, cette pauvre Laura est encore moins crédible, étant donné ce qu'elle fait par la suite. Son attitude est clichée. Elle passe pour une andouille obsédée par le mariage et les enfants quelle que soit la personne avec qui elle le fera. On ne peut s'empêcher de se dire qu'elle a un peu cherché ce qui lui arrive.
L'attitude du policier ressemble également à celle de celui de «Au pays des vivants». Sauf qu'ici, elle est poussée encore plus loin. C'est donc assez agaçant, car encore une fois, un peu gros.
Il y a une scène qui n'est absolument pas crédible! C'est celle où Kerry entre dans la pièce, et voit Brendan serrant dans son poing des morceaux de tasse brisée, et assurant à Miranda qu'il ne cessera que si elle l'en supplie. Ici, on voit très bien que Brendan est malade! Pourquoi Kerry ne le devine-t-elle pas? Pourquoi Miranda le supplie-t-elle d'arrêter? En ne disant rien, en se contentant de prendre un air effrayé, elle aurait prouvé la folie de Brendan, puisqu'il s'entêtait à ne vouloir arrêter que si elle le lui demandait. Ici, les auteurs ont voulu impressionner le lecteur, et ont manqué leur effet.
On me dira que ce n'est qu'un livre. Soit, mais quand on lit certains genres tel le roman policier, on recherche le réalisme.

Il est vraiment dommage que l'un des personnages ait été «sacrifié». J'aurais vraiment préféré que les auteurs le laissassent tenter de s'en sortir, et s'en prissent à un autre personnage pour prouver la perversité de Brendan.
Malgré le bon moment qu'on passe avec le livre, il y a parfois des longueurs, et le suspense n'est pas haletant.

J'aurais bien voulu que certaines choses, à la fin, soient un peu plus détaillées. C'est une bonne fin, mais pour une fois, j'aurais voulu qu'elle ressemblât plus à celle de «Au pays des vivants», où le policier se répand en excuses, où on voit le fou être puni et châtié...

La psychologie des personnages est remarquable. La façon dont Brendan grignote petit à petit la vie de Miranda en la déstabilisant, en ne montrant son vrai visage qu'à elle, en mentant si effrontément qu'elle en reste sans voix, en la tournant subtilement en ridicule, tout cela est magistralement exploité par les auteurs. On ressent parfaitement les émotions de Miranda: frustration, insécurité, rage, fureur, impuissance... surtout quand elle essaie de prouver à tous (sa famille, la police), que Brendan est une ordure, et que tout lui revient dessus comme un boomerang. On admire sa ténacité à prouver ce qu'elle avance.

La façon dont tout finit par se dénouer est, elle aussi, une excellente trouvaille. Cela n'aurait pas pu se dénouer d'une autre manière. Brendan n'aurait jamais fait un faux pas, cela n'aurait pas collé avec son personnage. Donc, ici, les personnages, à l'instar de leurs auteurs, ont finement agi.

Note: ne songez même pas à entreprendre un régime pendant la lecture de ce roman. Les personnages n'arrêtent pas de manger des mets très appétissants!

Éditeur: Fleuve Noir.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Marianne Finnazzi pour la Bibliothèque Sonore Romande.

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lundi, 11 mai 2009

Au pays des vivants, de Nicci French.

Au pays des vivants

L'ouvrage:
Elle s'appelle Abby Devero, elle a vingt-sept ans... elle doit se souvenir de tout cela. Il lui semble que sa mémoire ne lui restitue pas tout ce qu'elle a vécu. Et maintenant, elle est allongée dans l'obscurité, attachée, une cagoule sur la tête, un chiffon sale dans la bouche, un fil de fer autour du cou. Elle est sur une plate-forme de quelques mètres carrés. Si elle saute, elle se pend. Elle ne peut donc pas s'enfuir. L'homme vient, lui fait absorber le strict nécessaire à sa survie, lui fait faire ses besoins... Il la domine. Lorsqu'il lui retire la cagoule et le bâillon, elle lui parle, essayant de le convaincre de la laisser partir. Elle ne se souvient plus dans quelles circonstances il l'a agressée et kidnappée, sûrement parce qu'il lui a donné un grand coup sur la tête pour pouvoir la maîtriser.
Un jour, Abby décide d'en finir. Le seul pouvoir qu'elle a sur cet homme, c'est de se suicider avant qu'il ne la tue. Elle saute de la plate-forme.

Critique:
J'ai été déçue par «Feu de glace» et «Dans la peau», ce dernier traînant beaucoup trop, et mon personnage favori (Zoé), n'ayant pas survécu. «Dans la peau» avait tout de même une résolution intéressante.

J'ai eu raison de donner une autre chance à Nicci French (qui, au cas où vous ne le sauriez pas, écrivent à deux, comme Boileau-Narcejac), car «Au pays des vivants» m'a plu, même si certaines choses m'ont déçue.
D'abord, il y a le fait que la police ne croie pas Abby. Bien sûr, son histoire est difficile à croire, mais de bons policiers se doivent de vérifier toutes les hypothèses, et il est un peu étrange que les policier de ce roman se fient si vite aux apparences. Cela est rattrapé par la gêne extrême de Jack Cross, à la fin, et par ce que lui dit Abby quant à ce qui a été traumatisant pour elle, dans cette affaire. Ici, le lecteur jubile.
Ensuite, le coup de foudre est un peu gros... Mais cela est rattrapé par le fait qu'Abby revive certaines choses, et parce qu'à la fin, ils décident de reprendre les choses de manière plus lente.
Enfin, le livre souffre malheureusement de quelques longueurs, surtout quand Abby remet ses pas dans les siens (si j'ose dire), et va de Betty aux hippies à Arnold Slater, etc.

Malgré ces petits désagréments, ce livre est une réussite. D'abord, les auteurs ont su créer une ambiance autour de leur personnage principal. Le lecteur ressent très bien tout ce qu'éprouve Abby. Il la suit, tâtonne avec elle, est complètement immergé dans son histoire.
En outre, Abby est un personnage attachant. Elle est loin d'être parfaite, elle n'a pas toujours su agir comme il le fallait, mais au fond, c'est quelqu'un de bien, bien sans être la parfaite héroïne casse-pied des romans de Juliette Benzoni.

Les auteurs reprennent cette ficelle du personnage sur les traces de son passé. Seulement, ici, certaines choses changent, et de ce fait, renouvellent ce topos. D'abord, Abby n'a pas tout oublié de sa vie précédente. Ensuite, le ton général du livre et ses personnages font qu'il n'est pas du tout pénible de suivre la trace de quelqu'un qui a oublié des pans de son passé. Bien sûr, quand Abby trouve la clé de chez Joséphine, le lecteur devine tout de suite ce qu'elle met beaucoup de temps à comprendre, mais ce n'est pas si ennuyeux.
De plus, le personnage à la recherche de son passé ne découvre pas qu'il était un tueur sanguinaire, ne se rend pas compte qu'il a commis des horreurs avant de tout oublier. C'est reposant. A un moment, j'ai eu peur qu'Abby ait commis un meurtre avant d'oublier...

Une autre originalité de ce roman est qu'il débute par où, habituellement, les romans se terminent. Il commence par un moment plein de tension qui accroche le lecteur bien plus sûrement que les débuts classiques des thrillers. Par ailleurs, le lecteur sait qu'Abby ne pourra être sauvé par son gentil chéri qui est parfait, et qui arrivera sur son cheval blanc juste au moment où l'homme va la tuer. Ca, c'est ce qui arrive dans certains romans policiers insipides. Ici, les auteurs bousculent les lieux communs pour le plus grand intérêt du lecteur. Ils savent maintenir le suspense de diverses manières tout au long du roman.

Éditeur: Flammarion.
La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par Danielle Shwartz pour la Bibliothèque Sonore Romande.
Danielle Schwartz est une bonne lectrice. Mais pourquoi donne-t-elle un accent anglophone à des prénoms (comme Lauren, et parfois, Catherine) qui ont une prononciation tout à fait normale en français?

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