Auteur : Fredriksson Anna

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lundi, 11 avril 2016

La maison de vacances, d'Anna Fredriksson.

La maison de vacances

L'ouvrage:
Marianne est morte. Deux de ses enfants (Maja et Anders) souhaitent vendre sa maison. Eva, leur aînée, veut la garder.

Critique:
La situation de départ m'a rappelé «The garden angel», de Mindy Friddle. Les trois personnages tiennent à leur idée, et aucun ne veut en changer. En outre, ils ont énormément de mal à communiquer. C'est très frustrant pour le lecteur. J'avais envie de mettre les trois protagonistes autour d'une table et de leur dire de se parler sincèrement. Maja ne sait que tempêter, donner des ordres, rejeter sans vouloir comprendre les avis opposés aux siens. Eva, quant à elle, est molle. Les deux soeurs se heurtent, mais ne parviennent pas à se dire l'essentiel.

Chacun réagit selon son caractère, son vécu, son ressenti. On peut comprendre que Maja ait mal vécu certaines choses, et l'exprime de manière acerbe, cependant, elle est très agaçante, car elle semble se croire supérieure, penser que son avis est prépondérant. Pourquoi vaudrait-elle mieux que son frère et sa soeur? D'autre part, le lecteur finit par apprendre d'où vient le mal être de Maja. Pour moi, cela n'explique pas vraiment sa rage vengeresse, car à l'époque (tout comme dans le présent), elle a refusé de se remettre en question.

Anders est également pénible dans le genre indécis. Il dit une chose, puis autre chose... Il semble être le toutou de Maja...
Quant à Eva, elle est en plein questionnement. Sa vie est bouleversée, elle perd ses repères, elle remet son travail en question, elle doit affronter une soeur avec qui elle est brouillée depuis des années... Cette maison n'est qu'un prétexte à chacun pour exprimer ses sentiments négatifs quant à son enfance.

Ce roman est bien pensé, c'est le genre que j'aime beaucoup en général. Pourtant, j'ai eu énormément de mal à y entrer. Je sais que ces difficultés de communiquer existent très souvent dans les familles, ou entre les gens en général. Pourtant, cela m'a agacé. Objectivement, le roman est juste. Je ne comprends donc pas pourquoi je n'y ai pas adhéré, pourquoi les personnages m'agaçaient, même si je les comprenais.

Livre traduit du suédois par Lucas Messmer, publié le 10 mars 2016 aux éditions Denoël.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Ce livre m'a été envoyé par les éditions Denoël.

mercredi, 9 juillet 2014

Rue du Bonheur, d'Anna Fredriksson.

Rue du Bonheur

L'ouvrage:
Petit village de Suède. Johanna élève ses deux filles, Agnès et Sara. Elle travaille dans un centre de désintoxication. Calle, son ancien mari, vit maintenant à Stockholm avec sa compagne, Fanny.
Johanna a de plus en plus de mal à joindre les deux bouts. Elle doit en outre faire face au fait que Sara est harcelée à l'école, et que les adultes ne semblent pas pressés d'y mettre un terme.
C'est dans ce contexte que Johanna gagne vingt millions au loto.

Critique:
Si certains ont une des craintes que j'ai eue (que le livre soit niais), rassurez-vous, nulle mièvrerie dans l'histoire d'Anna Fredriksson. Avec subtilité, elle pose plusieurs questions. La réaction de Johanna après son gain m'a paru très saine, même si elle réagit ainsi davantage par crainte que par raison. Je trouvais que l'héroïne de «La liste de mes envies» réagissait bien, mais en somme, Johanna a fait moins de chichis, et a finalement très bien géré tout cela.

Anna Fredriksson montre des gens qui, selon l'environnement dans lequel ils évoluent, changent de comportement. Cela paraîtra peut-être cliché à certains, mais lorsqu'on y réfléchit bien, nous serions peut-être comme ces personnages. Pour eux, l'environnement signifie beaucoup: soit parce qu'ils ont besoin d'en changer, soit parce qu'ils sont très à l'aise où ils sont. Johanna, Calle, et leurs enfants expérimentent cela de diverses façons. Le lecteur voit surtout la transition sur Johanna. Humble, réservée, mais souriante et confiante malgré ses problèmes d'argent, la jeune femme devient agressive, esseulée, perdue. Si cela m'a un peu déboussolée, j'ai très vite compris sa difficulté à s'adapter.

Calle m'a plutôt agacée. Je l'ai trouvé égoïste et méprisant. Même lorsqu'il reçoit des patients gratuitement, il ne m'a pas convaincue, car j'avais l'impression qu'il le faisait pour se donner bonne conscience et donner de lui une bonne image. On finit par comprendre pourquoi il se rend si détestable, mais comprendre ne veut pas dire excuser. Son désir forcené d'être quelqu'un qui serait né ailleurs fait qu'il oublie parfois l'essentiel.
À l'inverse, Fanny est un personnage chaleureux. S'il y en a une qui échappe aux clichés, c'est bien elle! Elle est réaliste, creusée, humaine.

J'ai eu l'impression que la romancière schématisait quelque peu certaines choses. Selon elle, les petits villages sont pleins de personnes cancanières, rejetant la différence, proposant une amitié frelatée et intéressée, alors que les habitants des grandes villes sont plus ouverts. Cette idée a commencé par m'agacer, puis j'ai réfléchi et ai pensé que même s'il ne fallait pas généraliser, ce cliché n'en était peut-être pas tout à fait un.
À travers de multiples exemples, l'auteur nous parle de l'acceptation des différences, de l'amitié qui n'est pas toujours où on le croit, des choix qui déterminent notre vie.

Livre subtil, bien pensé, bien écrit. À lire!

Livre traduit du suédois par Carine Bruy, publié le 13 mai 2014 aux éditions Denoël.

La version audio que j'ai entendue a été enregistrée par mon mari.
Ce livre m'a été envoyé par les éditions Denoël.

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